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Résumé de la session : Clôture du Forum mondial pour le développement des exportations 2011

  • Résumé de la session : Clôture du Forum mondial pour le développement des exportations 2011

    Modératrice : Mme Patricia Francis, Directrice exécutive de l'ITC

    Mme Francis a ouvert la session finale du WEDF 2011 en expliquant que ce Forum devait être considéré comme la première étape d'un cheminement vers la réalisation des objectifs fixés au début, vers l'élaboration de méthodes permettant aux pays de réussir à développer un tourisme durable et solidaire. Elle a apprécié le concept de « secteur des voyages » proposé par le professeur Lipman, qui inclut des industries telles que l'aviation, et a insisté sur l'importance de regarder en direction des années 2050. Elle a dit que de grandes questions avaient été soulevées et qu'il n'y avait évidemment pas de solution miracle, mais que les expériences du Rwanda et du Burundi, qui sortent tous deux d'un conflit, avaient montré qu'une approche structurée de la gestion et la recherche de solutions pouvait être fort utile pour sortir d'une crise et s'engager dans le développement économique.

    Elle a insisté sur l'action en expliquant que, s'il était important de réfléchir à tous les aspects d'un problème, il fallait veiller à ne pas tomber dans l'extrême et se laisser emprisonner par la rédaction de politiques sans agir concrètement. Qu'il était nécessaire de penser de manière structurée et de passer à l'action en même temps. Mme Francis a précisé qu'il était important de trouver des moyens de rapatrier les revenus et les ressources financières dans les régions où les investissements étaientt critiques, en rappelant que les débats du Forum avaient souligné à maintes reprises la nécessité d'impliquer les communautés locales.

    Mme Zoritsa Urosevic de l'OMT, a informé l'assemblée de l'existence de la nouvelle alliance « Making Tourism Work for Development » (Faire du tourisme un outil de développement efficace) qui rassemble neuf agences de l'ONU. Le but de cette alliance est de mobiliser les forces de chacune des agences pour répondre aux besoins des PMA, qui sont au cœur de l'initiative. Conformément à cette approche novatrice dénommée « Delivering as One » (Œuvrer comme une seule et même ONU), les agences contribuent à un portefeuille commun afin de proposer un panel de services intégré. Jusqu'à présent, quelques 50 services étaient organisés en quatre pôles distincts.

    M. Dick de Man, Directeur général adjoint du Centre de promotion des importations en provenance des pays en développement (CBI) aux Pays-Bas, a fait remarquer que le CBI et l'ITC étaient partenaires depuis vingt ans et que le CBI était actif dans le secteur du tourisme depuis de nombreuses années. Il a dit adhérer totalement à l'affirmation du Directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, lors de la session d'ouverture, selon laquelle le tourisme semblait simple, mais qu'il était en fait d'une grande complexité. Il a ajouté que le tourisme nécessitait une approche globale et inclusive, que le secteur pouvait apporter une contribution significative au développement durable et à la réduction de la pauvreté si les bons choix étaient faits, et que l'implication des gouvernements et du secteur privé était nécessaire. Que le rôle de l'État était d'apporter son autorité et des politiques cohérentes, de définir des priorités et de faire preuve de dévouement, que l'engagement timoré ne fonctionnait pas.

    M. De Man a indiqué qu'un secteur privé riche d'initiatives devait impliquer les communautés locales dès le départ, mais qu'il ne fallait pas oublier d'analyser le marché, moteur du développement. Qu'il arrivait très souvent que le tourisme se développe au mauvais endroit au mauvais moment, générant ainsi peu de retour sur investissement et ne contribuant pas à réduire la pauvreté. Que les législateurs devaient d'abord être bien informés pour concevoir des projets de développement viables, comprendre les considérations guidées par le marché, puis créer des partenariats public-privé (PPP) et utiliser la capacité d'entreprendre du secteur privé pour réaliser les objectifs de développement économique et de réduction de la pauvreté durables. Que les pays avaient aussi besoin de comités de tourisme bien équipés et bien organisés - que ces comités étaient trop souvent insuffisants sur ces points.

    M. De Man a ajouté que les pays n'étaient pas forcés de s'engager seuls dans la voie du développement touristique : que des agences comme l'ITC et le CBI, fortes d'une expérience de plusieurs dizaines d'années, pouvaient les aider à trouver des solutions. Il a conclu en soulignant : « N'oubliez jamais que le moteur principal, c'est le marché »

    Mme Francis a ensuite présenté les conclusions des ateliers organisés l'après-midi de la première journée. 

    S.E. Pan Sorasek, Secrétaire d'État au ministère du Commerce du Gouvernement Royal du Cambodge, a présenté les résultats de l'atelier intitulé « Impliquer les prestataires femmes dans la chaîne de valeur touristique : ou comment influencer le développement humain et économique ». Il a affirmé que les intervenants avaient présenté des preuves et faits solides, qui soutenaient et confirmaient l'intérêt commercial de s'approvisionner auprès des prestataires femmes.

    Mme Florence Kata, Directrice exécutive du Comité ougandais de promotion des exportations, et M. Ephraim Amare Awgichew, Directeur du Directoire pour l'inventaire du patrimoine au ministère de la Culture et du Tourisme d'Éthiopie, ont présenté les résultats de l'atelier intitulé « Le tourisme solidaire comme facteur d'accès au marché pour les pays en développement : Deux cas - l'artisanat ougandais et le patrimoine culturel éthiopien ». Ils ont souligné la richesse des échanges avec les délégués turcs en matière d'intégration de l'artisanat et du patrimoine culturel dans le tourisme.

    S.E. Felix Mosha, Président du Comité tanzanien pour le développement de l'horticulture, a rapporté les discussions de l'atelier intitulé « Intégration de l'horticulture dans la chaîne d'approvisionnement touristique ». Il a expliqué que si l'on pouvait résoudre le problème de l'intégration de l'horticulture dans la chaîne d'approvisionnement touristique, cela aurait des effets considérables sur la réduction de la pauvreté.

    M. Martin Roche, Partenaire chez Etoile Partnership, a rapporté les discussions de l'atelier intitulé « Restaurer le tourisme après une crise ». Il a ajouté que la conclusion majeure de l'atelier était la nécessité de planifier les étapes d'une sortie de crise avant même d'entrer dans une crise, et de faire des propositions claires et cohérentes en la matière. 

    Mme Francis a ensuite présenté M. Sun Xiao, Directeur de la Division des organisations internationales, Département des relations internationales, Comité chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT). M. Sun a fait remarquer que lors du WEDF qui s'était tenu l'année précédente à Chongqing, en Chine, un mécanisme de suivi avait été établi autour de trois domaines d'action : les femmes dans le commerce, notamment les prestataires femmes, le renforcement des capacités et les normes agricoles. Il a soutenu que la réussite d'un WEDF était le point de départ pour l'action, pas une manifestation isolée ; il s'est dit convaincu que le Forum 2011 d'Istanbul suivrait l'exemple du Forum 2010 de Chongqing.

    Mme Francis a remercié M. Sun et a informé l'assemblée que des négociations étaient en cours avec l'Indonésie pour l'organisation du Forum 2012.

    S.E. M. Darlington Mwape, Représentant permanent de la Zambie auprès de l'ONU, a délivré le discours de clôture. Il a fait remarquer que le tourisme avait été identifié par 90 % des PMA comme un secteur d'activité crucial pour le développement et qu'il constituait d’ores et déjà une source majeure du revenu des exportations pour nombre d'entre eux. Que le tourisme permettait de créer des emplois et qu'il s'agissait désormais un secteur majeur à l'échelle internationale, avec un effet direct sur l'éradication de la pauvreté. Que le WEDF 2011 avait fait ressortir les messages clés suivants : 

    • Le tourisme doit être envisagé selon le principe de la pérennité ; 
    • Il est important de donner la priorité au tourisme dans les stratégies de développement ; 
    • La sécurité et la stabilité politique sont une nécessité absolue ; 
    • Il est vivement souhaitable d'inciter les partenaires régionaux à s'intégrer dans un circuit ; 
    • Le rôle de l'État dans l'élaboration des politiques, des lois et des réglementations est essentiel, mais la composante administrative doit être réduite et les processus d'octroi de licences rationalisés ; 
    • L'engagement et la responsabilisation des communautés locales dans le partage des bénéfices du tourisme sont fondamentaux ; 
    • Les partenariats public-privé sont essentiels ; 
    • La rétention des revenus et la réduction des fuites de capitaux sont des questions qui confondent la plupart des PMA ; 
    • La formation et le développement des ressources humaines doivent être une priorité ; 
    • La coordination et la cohérence avec les autres secteurs d'activité sont importantes ;  
    • L'efficacité des stratégies de commercialisation et de positionnement est cruciale pour créer une image de marque et une niche sur le marché ; 
    • La capacité à tirer les leçons des expériences d'autres pays et à partager leurs réussites est une composante importante. 

    S.E. M. Mwape a affirmé que les questions fondamentales étaient de savoir comment passer de la phase conceptuelle d'un projet à la phase concrète ; comment aider les communautés à profiter de l'expérience des autres ; comment s'assurer que les questions de qualité et de régularité des approvisionnements étaient abordées ; et comment concevoir des structures d'approvisionnement solidaires. Qu'il n'y avait pas de méthode unique pour tout le monde : que chaque question devait être abordée au cas pas cas.

    Il a mis l'accent sur la nécessité de comprendre les exigences du marché et la façon dont il est structuré, notamment la façon dont les intermédiaires sont utilisés pour assurer une quantité de produits suffisante et gérer l'assurance qualité. Que les financements ne seraient proposés aux producteurs qu'une fois les chaînes d'approvisionnement clairement organisées. Mais qu'en fin de compte, les solutions devaient permettre de faire des affaires et de gagner de l'argent. Et que c'était le principe de base du processus.

    M. Mwape a terminé son discours en insistant sur la nécessité d'assurer le suivi des discussions menées lors du Forum, et Mme Francis a repris en indiquant que l'ITC mettrait en place un plan de suivi après la fin du Forum.
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