Des exportations pour un développement durable

 
Pays / Territoires

WEDF 2011 - Résumé de la Session plénière 2

  • Forum mondial pour le développement des exportations 2011

    ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVÉ AUPRÈS DES PMA POUR UNE CROISSANCE FONDÉE SUR LE TOURISME ET UN DÉVELOPPEMENT DURABLE SOLIDAIRE

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    Résumé de la Session plénière 2 : Un développement durable et solidaire fondé sur des partenariats durables, des investissements éthiques et une gestion intelligente des ressources au sein du secteur touristique.

    La deuxième session plénière a été menée par M. David Eades de la BBC.

    Le Professeur Geoffrey Lipman, Président de Greenearth.travel et Conseiller du Secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), a ouvert la session en affirmant que si le secteur du tourisme pouvait effectivement stimuler l'ère de la « croissance verte », les bénéfices des pays les moins avancés (PMA) seraient considérables et un nouveau type de partenariats public-privé apparaîtrait, annonçant une transition majeure et inévitable. Il a dit qu'à mesure que le calendrier de la croissance verte mondiale se mettait en place, avec l'énergie renouvelable comme point de mire, des milliards de dollars seraient disponibles pour les 40 prochaines années de transformation, et que le secteur du tourisme en profiterait.

    Le professeur Lipman a précisé qu'il préférait parler de « secteur des voyages » plutôt que de tourisme car le second terme excluait souvent le rôle des transports, et particulièrement des compagnies aériennes. Or, sans l'aviation, il n'y aurait pas de tourisme dans les PMA. Il s'est montré confiant dans les capacités de l'aéronautique à résoudre ses problèmes d'émissions de carbone. Il a prédit que l'importance des pays BRIC (Brésil, Fédération de Russie, Inde et Chine) au sein du tourisme mondial caractériserait les années à venir : qu'il serait bon d'encourager les touristes chinois à voyager en Afrique et dans les PMA d'Asie. Il a ajouté que l'équilibre entre les secteurs public et privé dans le tourisme se modifierait, les gouvernements ayant moins d'argent et le secteur privé devant combler l'écart. Que les partenariats public-privé (PPP) passés de mode, où le gouvernement détenait les éléments clés du marché et invitait ou incitait le secteur privé à collaborer et à investir, avaient joué leur rôle d'incubateurs. Mais qu'ils ne survivraient pas à la croissance verte, sauf peut-être en ce qui concerne les PPP portant sur les infrastructures majeures ou la sécurité et impliquant, par exemple, les péages et services frontaliers. « Les gouvernements n'ont pas les moyens financiers ni les compétences en gestion, et le secteur privé a besoin de souplesse (et d'une certaine tolérance) pour prendre des décisions rapidement », a-t-il ajouté.

    Il a prédit que le secteur public allait progressivement assouplir la réglementation, établir des filets de sécurité pour les défaillances du marché, élaborer des règles contre les abus de monopole et pour la protection des consommateurs. Il a ajouté que le secteur du tourisme pourrait jouer un rôle majeur dans les changements climatiques à long terme, les flux de revenus liés à la réduction de la pauvreté et le renforcement des capacités des PMA.

    M. Alexander Barkawi, ancien Directeur général des indices de durabilité SAM et Dow Jones, a dit que la question majeure qui devait entrer en ligne de compte dans la planification du développement était celle de la raréfaction des ressources. Que cela concernait l'eau et l'énergie, et que les pénuries devraient être prises en compte lors de la conception des infrastructures, en déterminant par exemple combien de touristes pourraient visiter une région donnée et le prix qu'ils devraient payer.

    Il a aussi parlé du problème des horizons d'investissement et des visions à court terme, les entreprises se concentrant par exemple sur la publication de leurs résultats trimestriels. Il a ajouté qu'au cours des 40 dernières années, la durée moyenne pendant laquelle les investisseurs de la bourse de New York conservaient leurs actions s'était raccourcie de façon régulière, passant de plus de huit ans à moins d'un an. Qu'évidemment, le tourisme avait besoin d'un horizon d'investissement à long terme et qu'il fallait donc se concentrer sur l'extension des horizons actuels.

    M. Barkawi a expliqué qu'il fallait aussi observer ce que les grandes entreprises faisaient avec leurs activités de lobbying, surtout si cela se répercutait sur le tourisme. Que l'accident de forage en grands fonds qui s'est produit dans le golfe du Mexique l'année dernière, par exemple, avait porté un coup au tourisme, mais que les entreprises faisaient à nouveau du lobbying pour reprendre les forages. Sans aborder les niveaux d'imposition en particulier, il a fait remarquer que les gouvernements devaient augmenter leurs revenus afin d'apporter ce que le secteur du tourisme demandait.

    Mme Amanda Ellis, Secrétaire adjointe au développement international au ministère des Affaires étrangères et du Commerce de Nouvelle Zélande, a présenté le point de vue d'un donateur sur les investissements éthiques et durables et sur l'importance des PPP. Elle a dit que la croissance régulière et significative du tourisme dans les PMA démontrait un gigantesque potentiel de croissance et de développement, potentiel qui devait être géré non en s'intéressant uniquement aux revenus, mais également aux communautés locales et à la protection de l'environnement.

    Sur le plan éthique, elle a fait remarquer que le tourisme pouvait avoir des effets négatifs, notamment : trafic d'être humains et tourisme sexuel, corruption dans les chaînes d'approvisionnement, dégradation de l'environnement, exclusion des communautés locales et discrimination à l'encontre des communautés indigènes. Elle a apprécié le fait que les Nations Unies, au niveau international, promouvaient les critères de développement durable et social et élaboraient des principes applicables à l'ensemble.

    Elle a également souligné les effets positifs des efforts déployés par les Nations Unies pour donner plus de pouvoirs et de responsabilités aux femmes, notamment par la plateforme de l'ITC qui encourage l'approvisionnement auprès des prestataires femmes et par ses initiatives pour l'éducation et l'amélioration de la compréhension. Cela n'était pas seulement une preuve de bon sens, mais également une preuve d'habileté, a-t-elle ajouté.

    Mme Ellis a donné des exemples de collaboration entre la Nouvelle-Zélande et les petites nations insulaires du Pacifique pour promouvoir la participation locale à des projets touristiques, notamment en matière d'approvisionnement et de formation, de tutorat d'entreprise et de protection de l'environnement.

    M. Patrick Ramonjavelo, Conseiller du ministre du Tourisme de Madagascar, a précisé qu'avec 30 % du PIB, le tourisme jouait un rôle significatif dans son pays. Que le pays souhaitait voir grandir ce secteur, mais qu'il fallait aborder la question de la durabilité. Il a expliqué que le tourisme était un point de rencontre entre les populations locales et les visiteurs (locaux ou internationaux). Qu'en l'absence de cela, le tourisme perdrait sa raison d'être. Qu'il était important que les populations locales aient conscience de leur patrimoine naturel et culturel, mais qu'il était aussi important de faire preuve d'ouverture et de transparence envers ces populations, en leur expliquant tant les effets positifs, comme la création d'emplois, que les effets négatifs du tourisme, comme l'inflation et le tourisme sexuel. Qu'il était vital d'impliquer ces populations dans les décisions qui portaient sur des investissements majeurs.

    M. Ramonjavelo a ajouté que si l'on aspirait à un tourisme durable, il convenait d'assurer sa continuité et que cela commençait dès l'école, avec la sensibilisation des enfants sur leur patrimoine culturel, et se poursuivait avec l'adaptation aux exigences du marché et l'adéquation offre/demande. Il a recommandé aux opérateurs du tourisme de constituer des fonds pour la formation. Il a insisté sur le fait qu'aucun pays n'était isolé et qu'il fallait penser au niveau mondial. Que la concurrence apporterait son lot de risques, mais que les réseaux nationaux et régionaux pouvaient offrir des synergies. 

    Il a enfin proposé d'étendre l'abréviation traditionnelle de PPP, qui signifie partenariat public-privé, à celle ce PPPP – partenariat public-privé-population.

    Mme Dorothy Tembo, Directrice exécutive du Cadre intégré renforcé (EIF), a décrit brièvement l'origine de l'EIF, créé en 1997 par des PMA, des donateurs et des agences de mise en œuvre afin de résoudre les problèmes liés au commerce. Son principe clé est celui de la participation solidaire des parties prenantes dans des projets et programmes de développement, de la phase conceptuelle à la mise en œuvre. L'EIF a pour but de faciliter le rassemblement des parties prenantes, notamment de la société civile et du secteur privé, autour d'une table. Elle a ajouté que le secteur tertiaire avait beaucoup à apporter au développement des exportations et du commerce, et que le tourisme était une branche clé de ce secteur. Qu'il fallait désormais traduire les plans et stratégies en action, réfléchir à la mise en œuvre pratique de ces projets.

    Session des questions/réponses
    Les affirmations des principaux intervenants ont été suivies d'une session animée de questions et réponses au cours de laquelle les points suivants ont été soulevés : 

    • L'équilibre entre la demande en énergies renouvelables et la protection des paysages ; 
    • Comment calculer les assiettes d'imposition ; 
    • Comment impliquer les jeunes ; 
    • Comment apprendre sur la base de modèles, comment transférer et partager les bonnes expériences ; 
    • Comment obtenir l'assistance technique et financière nécessaire au développement du secteur ; 
    • Comment rationaliser les procédures de visa ; 
    • Comment assurer la conservation des profits/recettes à l'intérieur du pays ; 
    • Comment gérer les pollutions provoquées par les activités passées. 

    Les préconisations émises par les participants sont les suivantes : 

    • Étant donné que les financements pour le développement du tourisme risquent de manquer, essayer de lever les fonds qui sont disponibles pour le développement des énergies renouvelables ou des crédits carbone afin de donner un coup de pouce aux marchés sous-développés ; 
    • Essayer d'impliquer le secteur privé dans une démarche de pérennité à long terme ; 
    • Si les projets sont bons et si les populations locales s'impliquent, les financements se concrétiseront : il ne faut pas attendre l'arrivée des investisseurs étrangers, l'argent doit déjà être disponible dans le pays ; 
    • Pour éviter que la pollution n'endommage les sites qui font venir les touristes dans le pays, un cadre réglementaire est certainement nécessaire ; 
    • En ce qui concerne la rétention des revenus et la lutte contre les fuites de capitaux, on a remarqué que les PMA avaient été en position de faiblesse dans les négociations, mais que cela allait changer dans les années à venir grâce à la mise à disposition de fonds pour l'adaptation aux changements climatiques et la réduction de la pauvreté.
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