Des exportations pour un développement durable

 
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WEDF 2011 - Résumé de la session plénière 1

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    Forum mondial pour le développement des exportations 2011

    ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVÉ AUPRÈS DES PMA POUR UNE CROISSANCE FONDÉE SUR LE TOURISME ET UN DÉVELOPPEMENT DURABLE SOLIDAIRE

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    Résumé de la session plénière 1 : Engagement du secteur privé auprès des PMA et engagement des PMA envers une croissance durable fondée sur le tourisme

    La première session plénière portait sur l'engagement du secteur privé auprès des PMA et sur l'engagement de ces derniers envers une croissance durable fondée sur le tourisme. La fonction de modérateur était assurée par Mme Valentine Sendanyoye Rugwabiza, Directrice exécutive adjointe de l'OMC.

    M. Kemal Fahir Genç, Sous-secrétaire adjoint au ministère de la Culture et du Tourisme de Turquie, est intervenu en premier. Il a expliqué que dans le monde actuel où les frontières avaient disparu, le tourisme était le secteur le plus intégré dans tous les pays. Qu'en tant que secteur économique, il pilotait et accélérait le processus de mondialisation. Que l'OMT avait envisagé que le nombre de touristes atteindrait les 1,6 milliards et que les revenus atteindraient jusqu'à 2 mille milliards de $É.-U. Que cela signifiait clairement que les pays devaient développer leur tourisme.

    M. Genç a décrit la façon dont la Turquie avait développé ce secteur au cours des 40 dernières années. Au cours de la première décennie, l'État prenait presque tout en charge, de la planification à la mise en œuvre en passant par la construction des hôtels. À partir de 1982, l'État encourageait le secteur privé à s'impliquer davantage, tandis que lui se concentrait sur les investissements dans les infrastructures. Les terres et les forêts publiques ont été distribuées aux investisseurs privés gratuitement sur la base de concessions de 49 ans. Au cours de la troisième période, après 2003, l'État a délégué son rôle au secteur privé et n'a conservé qu'une fonction de contrôle.

    M. Genç a dit que le ministère attachait une importance particulière à la qualité et à la diversité du tourisme. Le ministère s'est chargé des activités promotionnelles et de commercialisation, il s'est assuré qu'une main d'œuvre qualifiée était à disposition par l'institution de formations universitaires en tourisme et hôtellerie. Le ministre a mis l'accent sur la place prépondérante de la conscience environnementale et de la durabilité dans la stratégie touristique.

    M. Hasan Arat, Vice-président de l'Assemblée touristique de l'Union des chambres et des bourses de matières premières de Turquie, a demandé : « Qui sont les 29 millions de personnes qui viennent en Turquie et comment les faisons-nous venir ? » Il a dit que les touristes venaient surtout d'Allemagne, de la Fédération de Russie et du Royaume-Uni, mais qu'ils étaient aussi nombreux à venir de Syrie et d'Iran. Il a fait remarqué que la Turquie n'appliquait aucune restriction de visa pour les citoyens de plus de 50 pays, et qu'elle avait récemment levé les exigences en la matière pour la Tunisie, la Libye, l'Albanie, la Syrie, le Liban, le Pakistan et la Fédération de Russie.

    M. Arat a précisé que 1,5 millions de personnes étaient employées dans le secteur, ce qui représentaient 6,5 % des actifs au total. Que le tourisme stimulait l'ensemble de la production économique en créant une demande dans plus de 50 autres secteurs. Qu'en 2010, le secteur des services dans son ensemble avait constitué jusqu'à 73 % du PIB national et qu'il employait 54 % de la main d'œuvre au total.

    M. Arat a insisté sur l'importance des communications en faisant remarquer que plus d'un quart de la population mondiale pouvait se rendre en Turquie par avion en moins de trois heures. Qu'outre la compagnie nationale Turkish Airlines, il existait de nombreuses autres compagnies privées de petite taille et que les compagnies privées turques exploitaient plus de 10 terminaux aéroportuaires. M. Arat a terminé en insistant sur le fait que sans le gouvernement, le secteur privé ne pourrait rien faire.

    M. Guy Johnson, Secrétaire général du ministère de l'Artisanat et du Tourisme du Bénin, a indiqué que les pays d'Afrique étaient très intéressés par les réussites d'autres pays comme la Turquie et les Maldives, ou comme d'autres PMA ayant dépassé leur statut grâce au tourisme. Que pour lui, la grande question restait de savoir comment attirer les investissements. Qu'il estimait que la principale contrainte était le manque de volonté et d'intention véritable chez les politiques de supprimer les obstacles et améliorer le professionnalisme. Que la première action devrait consister à partager les bonnes pratiques et à raffermir la volonté politique par une pédagogie qui permettrait de bien appréhender les problèmes. Que l'amélioration du professionnalisme devait passer par le renforcement des capacités avec l'aide de la coopération internationale. Il a apprécié le fait que les agences de l'ONU travaillaient de concert pour soutenir le développement touristique ; il a parlé de projets que le Bénin mettait en place dans trois communes associées au secteur du tourisme, projets qui, dans l'idéal, permettraient aux producteurs de se hisser en amont de la chaîne de valeurs.

    M. Hiran Cooray, Président de l'Association des voyagistes de l'Asie-Pacifique et Président de Jetwing au Sri Lanka, a dit être en accord total avec les commentaires précédents concernant le besoin de paix et de stabilité. Qu'il avait vécu 25 ans de conflits internes dans son pays et que le tourisme n'y avait presque pas survécu. Qu'ils avaient toutefois entretenu de bonnes relations avec les opérateurs et qu'ils avaient compté sur les visites répétées de touristes du Royaume-Uni, d'Allemagne et de France. Mais que les revenus du tourisme n'avaient que peu d'importance et que le gouvernement n'était pas intéressé par le secteur. Que le Sri Lanka récoltait cependant les fruits de la paix et de la stabilité depuis ces deux dernières années. Que les gens revenaient et que les investisseurs montraient un intérêt, et qu'un profond sentiment de confiance régnait dans le secteur.

    Que l'une des contraintes majeures au développement était les délais pour obtenir l'approbation de projets touristiques par le gouvernement, ce qui pouvait prendre jusqu'à deux ans. Que récemment, après de longues négociations, un guichet unique rassemblant tous les ministères concernés avait été mis en place pour garantir l'obtention d'une réponse aux propositions de projets touristiques en trois semaines.

    M. Cooray a conclu en mettant l'accent sur la nécessité d'établir un régime de change favorable pour permettre aux investisseurs étrangers de rapatrier les bénéfices. Qu'il était bon de se concentrer sur la population et la planète, mais que le secteur privé avait besoin de profits. « Il est impossible de soutenir les communautés si nous ne faisons pas de profits ».

    M. Ronald Hepburn, Fondateur, membre de Chambre et Directeur général d'Etoile Partners au Royaume-Uni, a dit que son agence était un cabinet de conseil en géopolitique spécialiste du positionnement stratégique et de la gestion de la communication qui aidait les populations et les gouvernements à se positionner sur la scène internationale de la manière la plus avantageuse. Il a dit qu'il était étonnant de voir que les personnes ou les organisations porteuses d'un projet étaient fort peu nombreuses à se poser les cinq questions primordiales : 

      1. D'où venez-vous ? 
      2. Où êtes-vous actuellement ? 
      3. Où voulez-vous être ? 
      4. Comment mesurerez-vous votre réussite ? 
      5. Comment saurez-vous que vous y êtes arrivé ? 

    Il a décrit l'expérience réussie de l'Afrique du Sud, qui a développé son secteur touristique en tirant le maximum de ses atouts naturels et en créant une niche dans le marché. Il a mis en garde contre les attentes trop grandes que l'on peut avoir envers le tourisme comme solution aux problèmes sociaux ou comme outil de sociologie appliquée. Que ses règles de base étaient : 

    • Choisissez votre marché prudemment. 
    • Ayez une bonne connaissance de ceux que vous ciblez. Concentrez-vous, du moins au début, sur la qualité et non sur la quantité, qui nécessite de lourds investissements en infrastructures. 
    • Soyez ambitieux - essayez d'attirer des personnes fortunées, dont l'empreinte se fera aussi moins sentir. 
    • Positionnez-vous avec précision, n'essayez pas de proposer tout à tout le monde. 
    • Distinguez-vous des autres. 
    • Réfléchissez à votre marque - rappelez-vous que les gens se renseignent sur Internet et qu'ils jugeront par eux-mêmes. 
    • Assurez-vous que votre campagne de communication explique clairement votre position. 
    • N'oubliez pas que sécurité et stabilité sont des facteurs importants. 

    Mme Rosette Chantal Rugamba, Fondatrice et Directrice générale de Songa Africa au Rwanda, a elle aussi fait part de son expérience de plusieurs années en tant que Directrice générale aux Affaires du Tourisme au Rwanda. Elle a souligné le rôle essentiel des partenariats public-privé dans le développement du tourisme, en ajoutant que ce secteur avait la capacité, non seulement de stimuler la croissance économique, mais aussi de projeter l'image de l'Afrique. Que les autorités rwandaises avaient travaillé avec acharnement pour créer un environnement de paix et de stabilité permettant d'envisager le développement du tourisme. Qu'elles avaient aussi mis en place un cadre légal et des incitations à l'attention des investisseurs privés. Elle a fait remarquer que dans ce contexte, 90 % des investisseurs étaient locaux, et qu'il était important de les traiter avec les mêmes égards que les investisseurs internationaux. Elle a fait un ressortir un autre besoin crucial, à savoir le renforcement des capacités et la formation continue : au début, les autorités l'ont compris car la population ne possédait pas les compétences requises et la main d'œuvre était amenée de l'étranger. Pour y remédier, le gouvernement a institué une Autorité pour le développement du lieu de travail afin de s'assurer que les ressources humaines seraient disponibles. Mme Rugamba a dit que si le Rwanda pouvait réussir, d'autres pays le pouvaient aussi, mais que les gouvernements devait reconnaître et accepter le secteur privé comme un partenaire à part entière.

    Session à auditoire libre
    Lors de la session animée de questions et réponses qui a suivi les présentations, l'un des problèmes soulevés concernait la façon dont les investisseurs locaux pouvaient participer et la façon dont les communautés locales pouvaient bénéficier du développement touristique. Mme Rugamba a expliqué que les communautés situées à proximité d'un établissement luxueux, construit pour amener les touristes voir les gorilles des montagnes, en tiraient un revenu, ce qui les incitait à combattre le braconnage. Des projets d'envergure aux îles Samoa et aux Maldives, dans le cadre desquels des milliers d'habitants sont devenus actionnaires de projets touristiques, ont également été mentionnés.

    Un délégué du Bangladesh a dit que son pays n'avait pas réussi à attirer les touristes étrangers et a demandé conseil. M. Genç a répondu que d'après l'expérience turque, il était essentiel que les secteurs public et privé soient convaincus du potentiel du tourisme. Puis que les gouvernements devaient stimuler les investissements par des incitations et promouvoir activement leur tourisme à l'étranger.

    Conclusion
    Pour résumer la session, Mme Rugwabiza a observé que les participants était tous d'accord sur : l'importance des partenariats et de la collaboration entre les secteurs public et privé ; l'importance de la capacité d'un gouvernement à diriger le processus ; le besoin de sécurité et de stabilité ; le besoin d'un marketing efficace ; et l'importance du développement des capacités et de la formation, que le secteur privé n'était pas en mesure d'assurer seul.

    M. Johnson a indiqué dans son message final qu'il était souhaitable de partager les expériences réussies pour s'inspirer mutuellement. M. Hepburn a souligné le besoin de mettre en correspondance les meilleurs atouts touristiques d'un pays avec les meilleurs touristes que l'on pourrait trouver. M. Cooray a précisé qu'à mesure que le tourisme croissait, les gouvernements devaient résister à la tentation d'augmenter les impôts. Quant à Mme Rugamba, elle a insisté de nouveau sur l'importance de la collaboration entre les secteurs public et privé. 

     

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