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WEDF 2011 - Résumé de l'atelier 1 : Intégrer l'horticulture au sein de la chaîne d'approvisionnement touristique

  • Forum mondial pour le développement des exportations 2011

    ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVÉ AUPRÈS DES PMA POUR UNE CROISSANCE FONDÉE SUR LE TOURISME ET UN DÉVELOPPEMENT DURABLE SOLIDAIRE

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    Résumé de l'atelier 1 : Intégrer l'horticulture au sein de la chaîne d'approvisionnement touristique

    Le secteur du tourisme a un fort potentiel en tant que marché pour les producteurs agricoles industriels des pays les moins avancés d'Afrique et d'ailleurs. Cependant, d'après les faits observés, rares sont les producteurs agricoles industriels africains, en particulier dans l'horticulture, à être actuellement intégrés dans les chaînes d'approvisionnement/de valeur qui desservent les hôtels, restaurants et supermarchés locaux et régionaux. Les gouvernements des PMA travaillent avec acharnement pour mettre en relation les petits producteurs de fruits et légumes frais avec les activités agro-industrielles, qui sont menées par des multinationales et desservent le secteur touristique, un secteur en croissance permanente. Il faut donc mettre au point des modèles d'affaires pour associer ces petits producteurs aux acteurs du tourisme et pour créer une valeur partagée le long de la chaîne d'approvisionnement/de valeur : en générant des revenus et des profits pour tous les participants.

    L'objectif de l'atelier sur l'intégration de l'horticulture dans la chaîne d'approvisionnement touristique était d'étudier les méthodes que les pays ont adoptées avec succès pour s'attaquer à ce problème, et d'identifier les meilleures solutions pour les PMA. Le cas de la Tanzanie a été utilisé pour identifier les façons de constituer des chaînes d'approvisionnement qui permettent de bien intégrer l'horticulture dans le tourisme. L'atelier a rassemblé les principaux chefs d'entreprise et parties prenantes concernés par ces questions : producteurs, intermédiaires, représentants de l'agro-alimentaire et hôteliers.

    M. Felix Mosha, Président du Comité tanzanien pour le développement de l'horticulture, a dit que le tourisme avait supplanté l'agriculture au rang de premier secteur économique en Tanzanie et que c'était le secteur qui avait la croissance la plus forte du pays. Que paradoxalement, le pays devait souvent importer des produits horticoles d'autres pays, alors que ses propres produits finissaient en déchets s'ils n'étaient pas vendus sur les marchés. Le gouvernement investit beaucoup d'argent pour augmenter la part du secteur horticole dans le marché de 10 à 20 %. Pour aider les petits exploitants à sortir de la pauvreté, il faut établir des liens en amont entre le tourisme et le secteur horticole. Pour ce faire, il convient de renforcer les capacités des institutions et de coordonner ces deux secteurs qui sont actuellement isolés l'un de l'autre. Le gouvernement doit participer à l'établissement et à la promotion de ces liens et non uniquement du tourisme.

    Des acteurs du tourisme ont indiqué que les expériences avec les fermiers locaux avaient montré que le maintien de la qualité, de la quantité et de la diversité était un défi. Que malgré plusieurs tentatives pour encourager les fermiers locaux à améliorer ces aspects, les hôtels finissaient par devoir importer les produits. Qu'en conclusion, le fait de travailler en direct avec les fermiers locaux n'était pas économique et qu'il serait souhaitable d'établir des coopératives et des pôles de soutien pour répondre aux besoins des fermiers en matière de financement et d'assistance technique. Que les petits exploitants devaient être aidés et guidés dans la création de coopératives. 

    Les principales conclusions de l'atelier ont été les suivantes :
     

      1. Les expériences vécues dans le monde, comme par exemple en Colombie et en Turquie, indiquent qu'il est possible, mais aucunement facile, d'établir des chaînes de valeur viables reliant les petits exploitants et les acteurs finaux de l'hôtellerie/restauration. Ces expériences indiquent également qu'il n'existe pas de modèle valable dans tous les cas et que la création de chaînes de valeurs viables, prévisibles et fiables est un processus qui prend du temps (des années). 
      2. Toutes les parties prenantes doivent être impliquées dès le commencement d'un projet car cela nécessite un engagement à long terme (sur plusieurs années) et une acceptation des « règles du jeu » par tous : acheteurs, fournisseurs et intermédiaires. Le projet doit commencer par une bonne compréhension du marché/de la demande, les stratégies de réponse à cette demande étant étudiées par la suite. 
      3. La capacité d'approvisionner le secteur de l'hôtellerie/restauration au niveau mondial ne crée pas seulement des opportunités de marché, mais constitue également un gage de qualité, ce qui peut permettre aux producteurs d'approvisionner d'autres segments exigeants du marché (international). 
      4. Les intermédiaires (regroupeurs) sont nécessaires pour limiter les risques inhérents à la chaîne de valeur (fluctuations de l'offre, assurance qualité, pertes dues au transport ou au stockage, manque de compétitivité), car ils s'approvisionnent auprès de plusieurs petits fournisseurs. Cependant, le fait même de passer par un regroupeur n'est pas exempt de risques car les intermédiaires sont eux aussi motivés par les profits et ils pourraient écraser les fermiers tout en facturant un prix élevé aux hôtels. Ces regroupeurs peuvent avoir la forme d'entreprises privées individuelles mais aussi, par exemple, de départements au sein d'une coopérative agricole ou d'une association. 
      5. La qualité et la régularité (en plus de la compétitivité) sont des paramètres clés pour le secteur de l'hôtellerie/restauration. L'intermédiaire doit répondre à ces exigences et donc, surmonter les difficultés liées à la saisonnalité, à la qualité, à la diversité, à la régionalité des cultures, etc. 
      6. Les groupes hôteliers internationaux n'ont pas tous les mêmes demandes et en conséquence, la clientèle d'un hôtel individuel aura une influence sur la demande de cet hôtel. Ainsi, l'approvisionnement en produits locaux sera plus apprécié par certains groupes de clients que par d'autres. 
      7. Un partenariat public-privé est généralement nécessaire pour faciliter le développement de chaînes de valeur viables entre les petits exploitants et l'hôtellerie/restauration internationale, ainsi que pour relever les défis associés, tels que les problèmes d'infrastructures (absence de chambres froides pour stocker et distribuer les produits), d'aide à l'agrandissement pour les fermiers, d'accès aux services de crédit/finance, d'adéquation de législation, etc. 
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