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    Pleins feux sur le Ladakh: Le tourisme, remède anti-crise

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1/2009

    © Giles Kershaw Paysage du Ladakh Cliquez ici pour voir les photos

    Dans l'Himalaya indien autrefois tiraillé entre protection de l'écosystème et amélioration des revenus, les agriculteurs ont appris à tirer parti du potentiel local.

    Parfois les crises sont porteuses d'opportunités, comme en témoigne l'ouverture au tourisme de la région rurale de Ladakh depuis 2002: un programme de gîtes chez l'habitant exploite le potentiel local au profit des communautés et de l'écologie. Le programme Himalayan Homestays, lancé par le Snow Leopard Conservancy India Trust, avait pour but de lever la menace que font peser les fermiers Ladakhi sur la survie des léopards des neiges.

    Ces fermiers peinaient pour gagner leur vie et ne bénéficiaient guère des retombées du tourisme régional en plein essor. Sans compter que les léopards menaçaient leurs moyens d'existence en décimant les troupeaux; on estime que les prédateurs ont massacré 12,4% des cheptels, soit une perte annuelle de US$ 23 250. La traque aux léopards des neiges est devenue une activité très prisée.

    L'organisme de protection du léopard des neiges (Snow Leopard Conservancy India Trust) a été créé en réaction à ces massacres; les séances de réflexion organisées avec les villageois ont conclu que le tourisme pouvait contribuer à améliorer leurs moyens d'existence. En s'appuyant sur les atouts de la région, les villageois ont estimé qu'un programme de gîtes chez l'habitant serait le meilleur moyen d'exploiter leurs ressources et d'améliorer leurs revenus. Il permettrait de compenser le préjudice causé par les léopards des neiges et d'investir dans l'infrastructure locale et les services, comme la gestion des ordures et la forestation.

    L'hébergement chez l'habitant a été conçu de façon à préserver et à faire partager la cuisine, les valeurs et le mode de vie traditionnels des Ladakhis; il fait appel à des concepts écologiques et exige peu d'investissements en rénovation.

    La première année, 17 visiteurs ont été accueillis dans quatre familles de Rumbak; en 2007, ils étaient 700 pour 100 familles réparties dans 20 villages. Tous ces villages sont situés au coeur ou aux abords des territoires occupés par les léopards (Hemis National Park, Sham, Zanskar et Spiti). En un peu plus de six ans, les mentalités à l'égard des léopards ont évolué: de prédateurs ils sont devenus un atout touristique plus utile vivant que mort. Grâce aux US$ 500 de revenu moyen qu'il a généré par famille, le programme a constitué une incitation à la création de réserves sans bétail à l'intention des proies sauvages comme le mouton bleu et le mouflon du Tibet.

    Ce type de programmes améliore non seulement les sources de revenus via un accès au marché du tourisme jusqu'alors inaccessible mais permet également aux touristes de vivre une expérience unique, authentique et peu coûteuse en se frottant à la culture locale tout en aidant la communauté locale. Une récente étude de marché de l'organisme de protection a montré que sur plus de 500 trekkeurs visitant le parc national Hemis, 60% ont opté pour un logement chez l'habitant plutôt que sous la tente ou à l'hôtel, faisant preuve de curiosité vis-à-vis de la nourriture locale et des toilettes sèches.

    Le programme a reçu près de US$ 10 000 par an pendant cinq ans avant de devenir pérenne aux plans financier et organisationnel. Son succès est dû à la participation des entrepreneurs privés et aux solides partenariats noués entre eux, les communautés locales et les ONG auxiliaires. Sans l'accès des communautés au tourisme, ces résultats n'auraient pas été possibles. Aujourd'hui, le programme offre une activité viable en pleine expansion aux communautés locales tout en soutenant certaines actions de protection de l'environnement du Snow Leopard Conservancy India Trust.



    Pour plus d'information, voirwww.snowleopardindia.org


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