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    L'investissement en Afrique: Les défis à venir

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2007 
     

    © CNUCED Supachai Panitchpakdi

    Faire de l'investissement un moteur du développement à long terme pose problème à la fois aux pays riches en ressources et aux pays à faible revenu.

    En 2006, l'investissement étranger direct (IED) a fait un bond en avant en Afrique - se fixant au niveau record de US$ 38,8 milliards, soit une hausse de 26,5% - et devrait continuer en ce sens. Le continent doit saisir cette chance de renforcer les capacités de production intérieures et de stimuler le développement économique et humain à long terme.

    L'IED doit servir à créer le plus de liens vertueux possibles avec l'économie nationale en encourageant le développement d'infrastructures et le transfert de compétences, et en facilitant l'emploi national et la création d'entreprises tout en générant des recettes d'exportation.

    Les investissements en provenance du Sud



    La hausse des entrées d'IED en 2006 laisse supposer que l'Afrique a une place de choix sur l'écran radar des investisseurs. Mais la part du continent dans l'IED mondial est encore faible et la distribution plutôt inégale - dix pays concentrent 90% du total. Qui plus est, l'IED est surtout dirigé vers les ressources naturelles (minéraux, pétrole, gaz, etc.). Une part assez faible va aux activités à forte intensité de main-d'œuvre, qui ont également besoin d'investissements.

    Les principales sources d'IED sont de plus en plus diversifiées; d'autres régions du Sud - Chine, Inde, République de Corée, Malaisie et Taiwan (Province de Chine) notamment - se taillent une part croissante. Cette progression, et l'intensification du commerce Asie-Afrique, peuvent profiter à l'Afrique si elle comble son déficit d'infrastructure et diversifie ses options. C'est ce que la CNUCED appelle le «nouveau lien aide-investissement» entre les deux continents.

    L'essor des services



    Les flux d'IED se sont principalement dirigés vers les ressources naturelles et plus modestement vers certaines industries. Les pays africains enregistrent une hausse de l'IED dans le secteur des services (télécommunications, banque et tourisme). Dans d'autres secteurs, ils ont moins bien réussi.

    En janvier 2005, la fin de l'Accord multifibre de l'OMC, qui a sonné le glas des quotas accordés aux pays africains, a entraîné l'effondrement de l'industrie textile. Cette expérience montre que l'Afrique doit renforcer les liens entre l'investissement national et la capacité de production afin de créer à long terme des sources d'avantages comparatifs et concurrentiels, s'ajoutant aux éventuelles préférences commerciales et à l'IED.

    Éviter la «course vers le bas»



    L'approche équilibrée de l'IED sous-entend de ne pas tomber dans les travers de la concurrence intrarégionale, notamment par des incitations excessives susceptibles d'entraîner une «course vers le bas». Les incitations sont parfois utiles mais l'harmonisation et la coordination des politiques nationales peuvent générer plus d'avantages à long terme et créer une réelle synergie régionale.

    L'Afrique a aussi besoin de cadres d'action pour améliorer l'infrastructure nationale et régionale dans le secteur des transports, de l'énergie et des communications notamment, et pour stimuler l'emploi local et le transfert de compétences. Ces politiques doivent catalyser à la fois l'investissement national et étranger, et garantir sa durabilité à long terme.

    L'Afrique sera sous le feu des projecteurs, au propre et au figuré, de la 12ème Conférence ministérielle de la CNUCED d'Accra (Ghana, avril 2008) consacrée à ces thèmes et à d'autres liés à l'investissement, au commerce et au développement.




    Plus d'informations sur le site de la CNUCED 

    Recherchez les thèmes suivants sur le site http://www.cnuced.org 

    • Investissement étranger direct
    • Les IED asiatiques en Afrique: Vers une nouvelle ère de coopération entre pays en développement
    • Série sur le développement économique en Afrique
    • CNUCED XII (Accra, 2008)



    Le «paradoxe de l'abondance» 

    L'envolée actuelle du prix des matières premières offre des opportunités prometteuses aux gouvernements africains s'ils sont capables d'investir leurs imposants profits dans la croissance à long terme, la diversification, le financement de l'investissement national et la réduction de la pauvreté. Le Rapport sur l'investissement dans le monde 2007 se consacrera à la façon dont les pays en développement peuvent échapper au fléau des ressources ou au «paradoxe de l'abondance». Publié en septembre 2007, il se focalisera sur le rôle de l'IED dans les industries extractives.


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