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    Le coton bio

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1-2/2008

    Dans l'industrie textile, la demande de coton bio est supérieure à l'offre élargissant les débouchés pour les exportateurs des pays en développement. Pourquoi si peu de producteurs s'engagent dans le bio? L'itc examine les obstacles et la façon de les surmonter.

    De même que les consommateurs font de plus en plus le lien entre nourriture et santé, ils sont nombreux à s'interroger sur l'impact écologique des vêtements. Et à ce jeu, c'est l'industrie cotonnière bio qui est gagnante.

    Alertés par les campagnes répétées sur l'environnement, les consommateurs engagés savent que le coton fait partie des cultures consommant excessivement de produits chimiques, qu'il représente 2,5% des terres cultivées au monde et qu'il concentre 25% des engrais et 10% des pesticides chimiques utilisés (source majeure de maladies chez les ouvriers agricoles). En outre, la production de coton consomme d'énormes volumes d'eau dans des endroits où elle fait souvent défaut.

    Il est plus coûteux de produire du coton bio mais de plus en plus de consommateurs sont prêts à payer un surcoût pour réduire l'impact environnemental. Alors que la mode n'est pas encore aux vêtements respectueux de l'environnement, l'intérêt croissant des consommateurs pour ce type de vêtements stimule la croissance du coton bio de 50% par an.

    Les producteurs de coton bio ne peuvent satisfaire la demande et de nombreux exportateurs estiment que la conversion au bio comporte des risques. Consommateurs, acheteurs, gouvernements nationaux et associations industrielles ont tous un rôle à jouer pour aider le coton bio à se frayer un chemin jusqu'aux détaillants. Afin d'aider les exportateurs des pays en développement à opérer des choix informés, l'ITC a publié un rapport complet sur le secteur.

    La demande dépasse l'offre

    Le premier coton certifié bio est apparu au début des années 1990 en Turquie et aux États-Unis. En 2006, 22 pays en ont produit et le commerce mondial représentait 23 000 tonnes - soit quatre fois plus qu'en 2001.

    Aujourd'hui, près de 20 entreprises utilisent plus de 100 tonnes de fibre de coton bio par an et deux tiers d'entre elles n'ont commencé à vendre des textiles et des vêtements en coton bio qu'après 2002. Les grands détaillants de vêtements en coton bio sont des marques réputées comme Wal-Mart, Nike et Coop Suisse.

    La fibre bio vendue sur le marché international du coton représente seulement 0,09% des 24,8 millions de tonnes échangées, selon le rapport de l'ITC, mais la demande dépasse l'offre et cela devrait durer. Il y a des débouchés certains pour les producteurs de coton bio des pays en développement, alors d'où vient le problème?

    Défis

    Le premier obstacle majeur auquel fait face un exportateur de pays en développement pour pénétrer ce cercle fermé concerne précisément cette pénétration du marché. Plus de la moitié de la production mondiale est détenue par deux entreprises - situées en Turquie et en Inde. Et près de 25 grandes marques et détaillants absorbent 50% à 60% du total.

    Malgré l'expansion du marché, les entreprises restent perplexes. Alors qu'elles adoptent en grand nombre le coton bio au nom de leur engagement envers la responsabilité sociale des entreprises, elles communiquent peu avec les consommateurs. Et certaines marques et détaillants ne souhaitent pas que leurs produits soient associés au bio - préférant miser sur l'image, le design, la couleur, la forme ou le prix des produits.

    Les messages des consommateurs sont tout aussi partagés. Par exemple, le spécialiste du coton pour l'enseigne britannique Marks & Spencer fait remarquer que ses clients s'intéressent plus au commerce équitable qu'au bio. Les agriculteurs préfèrent donc explorer les options liées à la certification du commerce équitable plutôt que celles de la filière bio.

    Les coûts de transformation posent un autre problème aux agriculteurs. Il y a quelques années, le coton bio servait aisément de culture de rotation mais aujourd'hui il faut trois ans de conversion avant de pouvoir vendre la récolte comme bio. Il faut aussi ajouter le coût de l'inspection et de la certification alors que la production est généralement à forte intensité de main-d'œuvre et que le rendement peut être inférieur à celui d'une production conventionnelle.

    Solutions

    L'ITC a examiné la façon dont les décideurs et les institutions d'appui au commerce peuvent contribuer à créer la capacité de produire du coton bio dans les pays en développement et aider les producteurs à accéder à ce marché en expansion.

    Surtout, les organismes publics et privés pourraient faciliter la conversion des agriculteurs au bio en améliorant l'accès aux informations sur l'agriculture bio, incluant un appui au développement et au marketing. Des programmes de financement sont nécessaires pour couvrir les coûts du contrôle et de la certification, ainsi que des fonds à faible taux d'intérêt pour investir dans le bio.

    Il faut encourager l'adoption de programmes de cotons mélangés. Le mélange de fils (à 5% de bio généralement) a peu retenu l'attention des marques et des détaillants mais comme le souligne l'étude de l'ITC, 'il constitue un bon moyen pour les filatures de pénétrer le secteur du coton bio et peut être considéré comme un tremplin vers la production d'articles en coton 100% bio'. Pour évoluer en ce sens, le secteur devrait se comporter en allié plutôt qu'en concurrent.

    Les fileurs et les exportateurs ont également besoin d'informations plus ciblées pour investir dans l'agriculture bio. Ils doivent compter sur des sources extérieures d'information sur le court terme, les principaux chercheurs du secteur s'étant peu penchés sur le bio.

    Il faut poursuivre la rationalisation et la ratification de la certification. L'industrie textile a besoin d'une approche commune du créneau bio afin de sensibiliser et rassurer les consommateurs. Les Global Organic Textile Standards (GOTS), développées par plusieurs certificateurs, visent à imposer des normes uniformes que le rapport de l'ITC considère comme 'une étape importante vers l'harmonisation et la transparence des étiquettes du textile'. L'adoption des GOTS dans le secteur peut être le premier pas vers des règles contraignantes cultivant la fibre écologique et sociale dans le secteur du textile et du vêtement. Mais ce secteur et les organismes publics peuvent avoir besoin de réviser et de développer ces normes pour les inscrire dans la législation.

    Pour plus d'information, voir:Guide de l'exportateur de coton
    Site du portail internetOrganic Linkde l'ITC

    Recommandations de l'ITC pour créer la capacité à produire du coton bio

    1. 1. Fournir des informations et des fonds aux producteurs pour passer au bio
    2. 2. Encourager les programmes de mélange comme tremplin vers le 100% bio
    3. 3. Fournir des informations spécifiques sur le coton bio aux fileurs et exportateurs de coton des pays en développement
    4. 4. Rationaliser et ratifier la certification



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