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    La jungle des labels

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1-2/2008

    Illustration de Giles Kershaw

    Le dédale des etiquettes environnementales: opportunité ou obstacle?

    Acheter des produits 'bio' dans les supermarchés peut relever du parcours du combattant - il y a de quoi se perdre entre les étiquettes vantant l'origine bio, les qualités du commerce équitable ou la faible empreinte carbone. Pour les producteurs de produits alimentaires lorgnant vers les marchés mondiaux, la tâche peut être encore plus ardue: la certification est souvent trop onéreuse pour les petits exportateurs.

    Aujourd'hui, la compétitivité internationale des produits dépend non seulement de leur prix et de leur qualité mais également d'aspects liés à l'éthique, l'environnement et la sécurité. Pour se hisser sur les marchés lucratifs, les produits doivent satisfaire à la fois à des exigences nationales obligatoires fixées par les gouvernements, souvent basées sur des normes internationales de sécurité, et à celles définies par des programmes, des labels et des marques privés et volontaires,

    Il existe actuellement plus de 400 systèmes privés et leur nombre va croissant, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Bien que les normes privées soient 'volontaires' et non imposées par voie législative, elles ont de plus en plus valeur d'obligation pour que les produits se frayent un chemin jusqu'aux rayons des supermarchés des nations industrielles.

    La prolifération des normes privées résulte de la préoccupation mondiale croissante en faveur du développement durable et de la demande parallèle d'équité sociale (protection des travailleurs, santé et sécurité au travail, commerce équitable et éthique notamment) et d'intégrité environnementale (questions liées au cycle de vie et aux labels bio, à la gestion environnementale et à l'empreinte écologique).

    Alors que les normes éthiques et environnementales peuvent bénéficier à la fois aux producteurs et aux consommateurs, leur nombre croissant et le manque d'harmonisation peuvent constituer un obstacle au commerce pour les producteurs des pays en développement, ce qui va à l'encontre de ce que prônent actuellement les partisans du commerce équitable et du libre-échange, et les consommateurs.

    En outre, si l'obtention de la certification bio ou commerce équitable est un atout pour les exportateurs des pays en développement, satisfaire à des normes de sécurité alimentaire obligatoires, même minimales, peut leur poser problème.

    Parfois on observe un chevauchement entre les exigences phytosanitaires et sanitaires nationales obligatoires et privées, et les exigences de certification privées peuvent être plus contraignantes que les exigences officielles.

    Les responsables politiques, les agences de développement du commerce et les ONG peuvent jouer un rôle important dans l'aide aux producteurs des pays en développement afin qu'ils se conforment à la fois aux normes privées et obligatoires:

    • harmonisant les normes et en développant des systèmes d'équivalence aux plans national, régional et international;
    • fournissant des informations sur les normes et un soutien aux producteurs afin qu'ils choisissent le meilleur système pour eux-mêmes et les consommateurs;
    • offrant un renforcement de la capacité en vue d'améliorer le processus de fabrication afin qu'il respecte les exigences légales minimum pour accéder aux marchés développés dans un premier temps puis en aidant les producteurs afin qu'ils appliquent les systèmes en vigueur et obtiennent les certificats requis;
    • recourant assidûment à la coopération public-privé afin d'améliorer l'accès des petits producteurs au processus de certification et, le cas échéant, en développant des mécanismes financiers permettant aux exportateurs de financer ce processus;
    • favorisant la représentation des intérêts et des craintes des producteurs au sein des organismes normatifs privés.
      Le tableau ci-contre regroupe des normes volontaires et des labels privés très courants auxquels doivent parfois se soumettre les producteurs pour gagner la faveur des consommateurs des pays développés. Il n'est pas exhaustif mais témoigne du dédale d'étiquettes auxquelles sont confrontés les exportateurs des pays en développement.  

    Collaborateurs: Audrey Villinger, Ludovica Ghizzoni, ITC
    Voir
    Gestion de la qualité des exportations


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