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    La conscience avant tout

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1/2009

     Via une initiative touristique, une banque brésilienne réaffi rme avec succès son engagement envers la responsabilité sociale des entreprises. Elle estime que la crise financière n'est pas une raison de se détourner du développement durable.

    'Les graves problèmes que nous connaissons ne seront résolus que si nous revoyons notre manière de penser.'

    Le message d'Einstein est simple: dans les moments de détresse que nous traversons dans notre vie professionnelle ou sociétale, il est important que nous affirmions notre volonté de trouver des solutions novatrices. La véracité de ces propos est plus que jamais d'actualité.

    Nous devons renouveler notre engagement envers la responsabilité sociale des entreprises. Il est difficile d'imaginer qu'une crise puisse servir de prétexte ou d'excuse pour ne plus oeuvrer au développement durable de la société. Chacun d'entre nous a sa propre responsabilité sociale personnelle, qui ne varie pas au gré de l'amélioration ou de la dégradation de notre situation financière. Pour nous-mêmes, et pour les entreprises dans lesquelles nous travaillons, c'est une question de survie.

    L'avenir appartient aux organisations qui élargissent leurs activités et font du profit sans perdre leur âme. Les principes d'entreprise tels que l'éthique, le respect, les valeurs morales et la confiance inciteront les personnes, actives ou non, à penser autrement et à trouver de nouvelles façons de réformer les anciennes méthodes. Je crois que cette pratique aboutira à des solutions novatrices favorisant, par un effet de réaction en chaîne, l'avènement d'un monde meilleur.

    Le Groupe Santander au Brésil illustre parfaitement la façon dont une institution financière applique un modèle stratégique afin de s'ajuster à une nouvelle société en mutation. La banque, qui fait partie du Groupe Santander, sert de référence nationale pour ce qui a trait au leadership en matière de durabilité. Choisie parmi 129 institutions financières dans 54 pays, le Groupe Santander Brésil a reçu le prix 2008 de la Banque durable de l'année des Financial Times Awards. Cette récompense est l'aboutissement d'une mission vieille de 10 ans entamée par son PDG et un groupe de directeurs et qui fait désormais partie du patrimoine génétique de l'entreprise.

    Une des initiatives de la banque est un projet appelé TurismoReal démarré en décembre 2007 dans le but d'intégrer les parties prenantes de l'entreprise au développement durable du secteur touristique et de sa chaîne logistique, ainsi qu'à la formation au tourisme responsable.

    Le projet est basé sur l'énorme potentiel touristique du Brésil et le manque d'infrastructures dans ce secteur. Le pays offre une biodiversité parmi les plus riches de la planète où foisonnent des forêts et des rivières majestueuses, des plages ensoleillées et une étonnante diversité culturelle; pourtant le tourisme entrant contribue peu aux recettes d'exportation totales: seulement 3% du PIB contre un chiffre mondial de 10%, selon le Forum économique mondial. Avec légèrement plus de cinq millions de visiteurs par an, le tourisme n'a pas atteint son plein potentiel pour assurer le développement économique et social national, et surtout, sa durabilité.

    Le premier défi du projet a donc été d'expliquer aux décideurs nationaux les opportunités afin qu'ils adhèrent à la cause. La bonne réputation de la banque en matière de durabilité a permis à TurismoReal d'acquérir une crédibilité comme agent mobilisateur d'autres partenaires en faveur d'un objectif commun.

    TurismoReal fait appel à une série d'initiatives axées sur l'éducation, la formation et la sensibilisation, et à des partenariats nationaux et internationaux qui encouragent les pratiques de développement durable. Avec les partenaires locaux, il élabore également et propose des activités spécifiques qui se focalisent sur la croissance des micro et petites entreprises. Le programme tient aussi compte de nombreux autres critères importants: accessibilité des services touristiques; propreté des procédés; énergie renouvelable et efficacité énergétique; éducation et santé; entrepreneuriat et bonne gouvernance; et certification durable des produits, liée notamment au commerce équitable et au bio.

    Et surtout, le projet entend également réduire la pauvreté au Brésil, en offrant aux exclus de la société l'occasion d'acquérir une formation et des qualifications pour travailler dans ce secteur. Le tourisme peut générer emplois et revenus pour des milliers de familles, doper la croissance économique dans la région et redonner optimisme et estime de soi aux autochtones des destinations touristiques. En soutenant le développement durable dans ce secteur, le projet veut également donner de l'espoir aux jeunes générations et inciter les communautés à préserver leurs traditions, leur culture, leur histoire, leurs terres et la biodiversité du Brésil, et surtout à être fiers d'eux-mêmes.

    Aujourd'hui, TurismoReal s'élargit au rythme des besoins. Il fait partie d'un mouvement plus large; la banque apporte des idées, un réseau et des services et produits financiers allant du microcrédit aux petites entreprises jusqu'au financement de projets de plusieurs millions de dollars.

    Il est capital de créer et de développer de nouveaux partenariats; l'expérience, la connaissance et le savoir-faire des partenaires des organisations privées et du secteur tertiaire ainsi que des gouvernements et d'autres agences sont donc très utiles. Le but est de créer un modèle d'entreprise durable et reproductible, susceptible d'être répliqué dans tout le pays et bénéficiant à la société toute entière, à l'environnement et à l'économie.

    J'ai du mal à croire qu'une crise financière ou une récession économique puisse sonner le glas de projets comme celui-ci; je pense plutôt qu'il existe une volonté accrue de la communauté internationale de changer les choses dans le bon sens et je crois fermement que nous atteindrons des résultats si nous faisons converger nos idéaux vers une société meilleure.

    Comme le dit le physicien Fritjof Capra 'La planète est à un tournant décisif de son histoire; une nouvelle vision de la réalité doit émerger afin de transformer les forces génératrices d'une nouvelle norme en un mouvement positif en faveur du renouveau social'. Si ce n'est pour nous, du moins pour nos enfants, ou leurs propres enfants, mais ce qui est sûr c'est que le mouvement est en marche et que rien ne l'arrêtera.


    Le partenariat ITC-Groupe Santander

    En avril 2009, l'ITC a signé un accord avec le Groupe Santander du Brésil afin de collaborer à la promotion du tourisme durable dans le pays. Dans ce cadre, l'ITC participera au projet TurismoReal de la banque. Santander bénéficiera des modules de formation et de l'expérience de l'ITC, axés sur la coopération avec les voyagistes et les hôtels en vue d'encourager le recrutement local et l'approvisionnement local en services et en produits. La banque promouvra les résultats des communautés bénéficiaires du projet touristique; mobilisera d'autres organisations brésiliennes envers la cause; et conseillera associations et coopératives sur l'accès au crédit.

    Depuis 2004, l'ITC collabore avec succès avec des partenaires brésiliens dans le but de faire reculer la pauvreté via le tourisme. Son dernier projet lancé en 2008 sur la Côte des cocotiers entend aider les producteurs pauvres à vendre leurs produits et services aux hôtels des stations balnéaires. Il offre des incitations liées à l'apiculture, l'agrobusiness et les produits culturels de la région; crée des coopératives pour améliorer les opportunités de commercialisation; établit des centres informatiques pour favoriser l'accès internet et le développement des ressources humaines; et garantit que les produits et les services offerts répondent aux normes de qualité de l'industrie touristique.


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