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    Accorder du crédit

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 1/2009

    La crise financière a affecté chacun des maillons de la chaîne logistique mondiale. Les banques nationales de développement et les banques EXIM doivent répondre présent pour combler les déficits et permettre au commerce et à l'activité économique de poursuivre sur leur lancée.


    L'accès au crédit agit à la manière d'un groupe électrogène qui se met en route dès qu'il y a panne. Vous avez besoin de lignes de crédit, particulièrement en période de crise, mais en gérant bien votre trésorerie, vous pourriez vous en passer en temps normal.

    2009 n'est pas une année ordinaire. Les 'pannes' de crédit ont montré que même les entreprises bénéficiant par le passé d'un large accès au crédit voient leur robinet coupé au moment où le besoin est le plus pressant. Le phénomène a démarré dans les pays développés, épicentres de la crise, pour gagner rapidement les pays émergents. Cette crise se différencie des crises antérieures par le fait qu'elle a démarré sur les marchés 'sophistiqués', qu'elle a eu des répercussions au plan mondial et qu'elle ne s'est pas cantonnée à une région ou un pays.

    Sur les marchés émergents, les banques locales ont dû opérer des coupes claires dans leurs lignes de financement du commerce car les banques des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont restreint leur exposition transfrontalière en réaction à leur propre réduction de capital. Cette compression des lignes de financement a été indolore attendu que le renflouement des gouvernements était conditionné à une augmentation des prêts intérieurs. Dans le même temps, les banques étrangères installées sur les marchés émergents ont mis la clé sous la porte et sont rentrées au pays. Ironiquement, les pays dont le système bancaire n'était pas vraiment internationalisé s'en sortent mieux et sont plus immunisés face à la crise.

    De ce fait, les banques des marchés émergents sont tenues de satisfaire les besoins financiers des entreprises locales - en émettant des lettres de crédit au nom de l'acheteur local pour importer des produits ou en accordant des prêts à terme. Ceci vaut également pour les marchés développés. Au final, tous les maillons de la chaîne logistique mondiale ont été affectés par la crise, seuls le moment et l'ampleur de l'impact ont différé; cette crise s'est apparentée à des vagues d'intensités différentes qui s'échouent sur le rivage.

    La pénurie de crédit expose à des risques d'insolvabilité lorsque les entreprises, par ailleurs solides et avec un carnet de commandes bien rempli, font face à des problèmes de trésorerie suite à un retard de paiement de leurs clients.

    Jamais au cours des décennies précédentes le rôle des banques nationales de développement, qui est de favoriser l'accès au crédit abordable des entreprises - PME ou grandes sociétés - n'a été aussi crucial qu'aujourd'hui. En outre, les banques d'import-export (EXIM) ont aussi un rôle équivalent à jouer comme facilitateurs du commerce via l'offre de crédit, de garanties ou d'assurance-crédit. Ces institutions, appartenant généralement à l'État, qui en assure le contrôle, doivent estimer avec précision les besoins du marché local et l'écart actuel et réel entre l'offre et la demande de crédit.

    Il est vital de poser un diagnostic précis du problème actuel. Chaque pays concerné doit aire une analyse et une évaluation détaillées du problème à résoudre, de l'écart à combler et de l'objectif politique et du mécanisme opposés à chaque problème et chaque écart. Il est important d'en tenir compte et de procéder à des améliorations.

    Comme toujours, il y a un risque de voir ces institutions 'copier-coller' le diagnostic posé par d'autres pays sans tenir compte du contexte, des besoins et des problèmes locaux spécifiques. Il n'existe pas de solution 'universelle'; chaque pays fixe ses propres principes macroéconomique, bancaire et commercial, qui dans la plupart des cas exigent des solutions sur mesure.

    Lors des crises antérieures, il semble que les mécanismes et les initiatives les plus efficaces avaient deux caractéristiques clés: ils étaient conçus pour répondre à des objectifs et des problèmes spécifiques plutôt que génériques; et étaient fondés sur des pratiques et des informations du marché existant sans chercher à réinventer des mécanismes ou à appliquer des méthodes trop compliquées, et irréalistes, dans des secteurs comme le financement à court terme du commerce. En cette période de crise financière, les banques nationales de développement et les banques EXIM doivent prendre ces éléments en compte pour combler les déficits et permettre au commerce et à l'activité économique de fonctionner.

    Pour plus d'information, voir:www.i-financialconsulting.com




    Combler les déficits

    Pour évaluer le déficit de financement, développer des remèdes possibles et analyser les impacts potentiels sur les diverses parties prenantes, les banques nationales de développement et les banques EXIM doivent se poser les questions suivantes:

    • Quelles sont les défaillances des conditions 'normales' du marché? Les banques ont-elles un problème d'accès aux liquidités pour prêter à leurs clients? Ont-elles du mal à gérer le risque de crédit des clients. Ou est-ce les deux?
    • Quelle est l'ampleur du déficit? Le problème touche-t-il quelques banques ou l'ensemble du système? Concernet- il quelques clients et secteurs, ou tous les secteurs et les entreprises de toutes tailles?
    • Quels remèdes ou produits potentiels développer pour combler le déficit tout en aidant les sources de financement privées à jouer le rôle qui est le leur?
    • Quels dispositifs existent pour identifier le retour du marché à la normale et la nature de la stratégie de sortie de crise?
    • Enfin, comment réagira le marché à ces nouvelles solutions ? Y a t'il un risque de conséquences inattendues?



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