Des exportations pour un développement durable

 
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Intervention de Mme Victoire Ndikumana Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et du Tourisme du Burundi

  • Intervention de Mme Victoire Ndikumana Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et du Tourisme du Burundi à l’occasion du World Export Développement Forum 2011

    THÈME : ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVÉ AVEC LES PAYS LES MOINS AVANCÉS (PMA) POUR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE INCLUSIF SUR LE TOURISME.
    ISTANBUL, TURQUIE, 10 MAI 2011.

    Permettez moi d’abord de joindre ma voix a celles des intervenants qui m’ont précédée pour remercier le gouvernement et le peuple de Turquie pour leur accueil chaleureux dans ce beau pays et pour toutes les dispositions prises pour créer un cadre de travail exceptionnel.

    Mes remerciements vont également à l’endroit des organisateurs de cet événement spécial qui permet à nos pays les moins avancés des nous rencontrer afin d’échanger nos expériences et de présenter à la communauté internationale les progrès accomplis et les défis à relever pour notre développement afin d’imaginer ensemble de nouvelles mesures de soutien et actions en notre faveur.

    Le tourisme international est devenu une des industries les plus importantes au monde en termes de création d’emploi et de source de recettes en devises pour bien des pays. En Afrique, le tourisme enregistre une croissance positive malgré les contrecoups des effets de la dernière crise financière et économique mondiale de 2008-2009.

    L’intégration économique des pays dans des ensembles économiques plus vastes ouvre aux PMA une opportunité de développer des services divers facilités par la libre circulation des personnes et des biens. Parmi ces services, le tourisme occupe une place de choix car le potentiel est disponible contrairement au commerce traditionnel des biens ou les PMA accusent une faiblesse chronique de capacités d’offres à l’exportation.

    Après une longue crise qui a sévi au Burundi pendant plus d’une décennie, le pays se stabilise et la paix et la sécurité se consolident graduellement. Des élections démocratiques générales ont été organisées avec succès en 2005 et en 2010. Les nouvelles autorités s’attellent à la reconstruction des tous les secteurs de la vie nationale. Aujourd’hui, le Burundi est un vaste chantier dont les axes prioritaires ont été définis pour le long terme dans la Vision 2025 pour le Burundi et pour le moyen terme dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) qui a couvert la période 2007-2010 et dans le CSLP en cours de finalisation en collaboration avec nos partenaires pour la période 2011-2015.

    Cet exercice permet au pays de jeter les bases d’un développement durable et équitable en même temps qu’il met en places des incitations pour encourager et attirer des investissements du secteur privé tant national, régional qu’international.

    Dans ce contexte, le tourisme apparaît comme un secteur prometteur pouvant servir de levier d’une croissance économique grâce à l’effet d’entrainement sur de nombreux secteurs socio-économiques comme la restauration, les transports, les hôtels, les télécommunications, les sports, la culture, les banques, les assurances etc.

    C’est pourquoi le gouvernement du Burundi a ciblé le tourisme parmi ses axes prioritaires. Une Stratégie Nationale de Développement Durable du Tourisme (SNDDT) (2011-2020) vient d’être adoptée en avril 2011 par le Conseil des Ministres.  

    Cette stratégie a été développée en partenariat actif avec le secteur privé, la société civile et les agences spécialisées des Nations Unies.

    Le développement du tourisme au Burundi est encore à ses débuts; néanmoins, il sied de rappeler que le Burundi possède un potentiel touristique indéniable manifeste par le Premier Prix de Meilleur Exposant au niveau de l’Afrique décerne au Burundi lors de la Foire Internationale du Tourisme que s’est tenue a Berlin en Allemagne du 9 au 13 mars 2011.

    Le processus d’élaboration de la Stratégie Nationale de Développement Durable du Tourisme nous a permis de faire des constats et de tirer quelques leçons que nous voudrions partager avec nous.

    1. La paix et la stabilité politique sont des conditions sine qua non de tout développement socio-économique en général et du développement touristique en particulier. Le touriste déserte les zones de destination instables ou en conflit. La crise récente dans les Pays du Maghreb en est un exemple éloquent. Les PMA en général et le Burundi en particulier doivent faire de la consolidation de la paix et de la stabilité politique la priorité no 1 pour asseoir les bases d’un développement durable du tourisme. De son cote, vu comme moteur du développement économique et social, le tourisme devient aussi un instrument de consolidation de la paix.
    2. L’intégration dans des ensembles régionaux plus vastes présente des atouts indéniables pour les PMA qu’il convient d’exploiter a bon escient. Pour le Burundi, l’intégration régionale présente des atouts tants économiques que politiques. Les conflits ayant eu cours dans la Région des Grands Lacs par le passe ont eu des influences négatives les uns sur les autres. L’intégration garantit la paix et la stabilité dans la sous région. En matière de tourisme, les Etats de la Communauté de l’Afrique de l’Est dont le Burundi est membre, ont déjà adopté le principe d’octroyer un visa touristique unique et de mener des actions de promotion de l’Afrique de l’Est comme destination unique.
    3. Promouvoir le tourisme dans une perspective de favoriser un développement équitable. On l’a vu, le développement du tourisme a des retombées positives sur d’autres secteurs d’activités. Au niveau géographique, le tourisme peut induire un développement équilibre de plusieurs zones géographiques du pays. En effet, les investissements touristiques et hôteliers ayant lieu généralement en dehors des zones économiques traditionnelles principales, ils contribuent à l’essor économique et à la création réemplois dans des zones marginalisées. Ainsi les zones touristiques peuvent devenir des pôles de développement secondaires réduisant par conséquent l’exode rural et les écarts immenses entre les villes et les campagnes des PMA. Au Burundi, le développement des sites touristiques repartis à travers le pays, permettra d’injecter des revenus dans les communautés environnantes et partant d’améliorer les conditions de vie de la population et de la stabiliser sur place.
    4. Renforcer le partenariat public privé dans le développement du tourisme. Le tourisme est un secteur multisectoriel. L’approche de développement du tourisme doit être également multisectorielle pour aboutir à un développement harmonieux et équilibre. La participation active du secteur privé, de la société civile, de l’administration, des collectivités locales, des services techniques divers et des communautés concernées est primordiale tout au longue du processus de conception et de mise en œuvre de toute stratégie de développement du tourisme. Au Burundi, une telle démarche a permis un éveil et une prise de conscience du secteur privé sur les opportunités d’investissement existant dans le secteur touristique. Le résultat est qu’il y a de plus en plus d’investissements dans la construction des hôtels et dans la création de sociétés de tours operateurs et d’agences de voyage. Le gouvernement a par ailleurs mis en place des structures de concertation et de dialogue permanent entre le secteur public et le secteur privé sur toute question d’intérêt mutuel.

    En conclusion, je dirais que le tourisme est un secteur d’avenir pour bon nombre de PMA. Cependant, son développement nécessite une mobilisation des ressources importantes capables de répondre aux besoins du secteur en termes de législation, de renforcement des capacités, de construction d’infrastructures nécessaires, de marketing, etc.…. Nous sollicitons les agences des Nations Unies et les autres bailleurs traditionnels pour nous accompagner dans ce programme ambitieux.

    Je voudrais saisir cette opportunités pour saluer l’initiative de certaines agences des Nations Unies qui ont pris l’initiative de se constituer en Comite de Pilotage des National Unies sur le Tourisme pour le développement dans le cadre de la préparation de cette 4e Conférence des PMA. Je félicite et remercie sincèrement les responsables de l’OMT, de la CNUCED, de l’OMC, du PNUD, du CCI et de l’OIT pour cette vision qui permet ainsi d’apporter un support consolide aux PMA dans le domaine du tourisme pour le développement durable et la réduction de la pauvreté.

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