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  • Numéro 3/2001

                                                                                                                                                      ;3-2001 

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  • Le 24 août 2001, l'ONUDI et le CCI ont signé un accord de coopération afin d'intensifier le développement industriel et commercial. Doté d'un budget d'environ US$ 5 millions et prévu pour trois ans, ce programme devrait améliorer considérablement l'accès aux marchés des produits originaires d'Amérique centrale et stimuler la croissance économique et la création d'emplois.

    Au Burkina Faso, l'Association pour la promotion des groupements féminins (APGF) agit en tant qu'ONG et entreprise privée. Elle fonctionne exclusivement avec des femmes provenant de milieux ruraux ou de quartiers pauvres de la capitale, Ouagadougou, et qui, durant les neuf mois de la saison sèche, produisent des écharpes, des couvre-lits et des jupes à nouer autour de la taille. Créée en 1990, l'APGF compte aujourd'hui 125 associées qui travaillent dans 25 centres de production.

    Ces dernières décennies, les pays industrialisés ont développé plusieurs instruments pour aider directement leurs compagnies nationales à agir dans les régions en développement.

    Cheetah est l'organisation productrice et la filiale d'une compagnie dont le siège se trouve aux Pays-Bas et qui opère au Malawi et en Zambie. Le principal produit proposé est le paprika, sous forme séchée et destiné à l'industrie des condiments (en tant qu'épice et colorant), surtout en Europe. En six ans, cette affaire, partie de rien, a atteint une production annuelle de 2 millions de kilos de paprika (soit 2% du marché mondial), lequel est cultivé par 30 000 agriculteurs sous contrat. D'ici à 2002, un investissement de US$ 3 millions va permettre de doubler la production et d'augmenter le nombre des cultivateurs à 50 000.

    «Mettre en place des mesures relatives au commerce de manière isolée ne va pas engendrer le contexte favorable au développement des exportations. Il faut des politiques fondées accompagnées d'un plan d'action spécifique à chaque secteur pour donner l'élan au développement des exportations.»Dawa T. Sherpa, Bhoutan, forum de discussion électronique du CCI

    La Table ronde des milieux d'affaires (Business Sector Round Table, BSRT), organisée le 16 mai 2001 par le CCI et le Gouvernement norvégien lors de la Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (14-20 mai), a apporté une vision étonnante sur la situation des 49 nations les plus pauvres de la planète. Cette table ronde a montré que des entrepreneurs hors normes de ces pays avaient su réussir dans leurs exportations - souvent même avec d'importants bénéfices pour les travailleurs et la communauté. Vingt d'entre eux se sont déplacés à Bruxelles pour relater leur réussite à plus de 250 personnes, pour la plupart des cadres d'affaires et de hauts responsables commerciaux des PMA et des représentants des agences multilatérales et des gouvernements donateurs. Plus de vingt récits de ces réussites ont été exposés, qui figurent sur le site de la table ronde (http://www.intracen.org/bsrt) et dans la publication à ce sujet.

    Babylon Garments Ltd., à Dhaka, et Men's Fashion A/S, à Kolting, Danemark, ont commencé leur coopération en 1995. Cinq ans plus tard, ils ont établi une coentreprise, Aboni Textiles, et ont obtenu un prêt de US$ 550 000 de la part du programme PSD, de DANIDA. L'objectif de la coentreprise était de mettre sur pied une usine de T-shirts ainsi que de fabriquer et de teindre des tissus de coton.

    Cotriex a démarré ses opérations en janvier 1998, malgré l'embargo contre le Burundi décrété par les pays voisins, avec l'objectif d'exporter des produits agricoles et de l'artisanat pour aider à diversifier les sources de revenu extérieures et augmenter les entrées dans les zones rurales. Cette société travaille avec les organisations paysannes dans la production et la transformation de café, de fruits de la passion et de produits similaires et elle exporte des articles exotiques et de l'artisanat. Cotriex attache beaucoup d'importance à la logistique et au contrôle de la qualité.

    Certains agents de la communauté des affaires des PMA ont obtenu des succès retentissants, allant à contre-courant afin d'arriver au but en dépit de l'adversité. Ils prouvent qu'il existe des débouchés tangibles pour le commerce. Cet article souligne l'étude du CCI pour identifier les niches de marché à la portée des PMA.

    Labil Oliva Bama a été récompensé d'un prix de US$ 7000 pour son projet d'entreprise nouvelle lorsqu'il étudiait à l'institut de développement à Marseille, un centre spécialisé dans l'appui d'étudiants africains en France, qui veulent mettre sur pied leur propre entreprise. Ce projet s'appelait déjà DIPAG (Distribution internationale des produits agricoles de Guinée).

    Les exportations des PMA: l'image mondiale«Les PMA sont dépassés par le processus de mondialisation, [mais] la part du commerce dans le PIB demeure relativement élevée pour la majorité des PMA, comparé avec d'autres pays en développement.»Programme d'action des Nations Unies pour les pays les moins avancés«Les termes de l'échange des PMA se sont détériorés en 1998 et 1999, avec une chute des prix des produits de base dont la gravité n'avait pas été vue depuis le début des années 1980.»CNUCED, Rapport 2000 sur les pays les moins avancés

    Comment les firmes des PMA peuvent-elles tirer un plus grand profit de la croissance accélérée du commerce mondial? Que peut-on faire pour que les réussites dans les exportations de certains PMA se banalisent?

    Fondée en 1983 pour confectionner et exporter des vêtements, la compagnie Fortuna Apparels Ltd. est devenue un important groupe industriel du Bangladesh, passant de 250 travailleurs et 140 machines à coudre opérant dans une maison louée à 2000 employés sur 800 machines dans un bâtiment propre de plus de 9000 m2. Depuis sa première livraison vers les États-Unis en 1984, suivie d'une deuxième commande, ses exportations annuelles ont augmenté jusqu'à atteindre US$ 10 millions.

    Frager est une fabrique d'essence de vétiver, ingrédient utilisé en parfumerie et pour l'industrie des fragrances. En dix ans, elle a augmenté sa production de 20 à 60 tonnes par année, devenant ainsi premier producteur mondial. En vendant le vétiver US$ 69 le kilo, Frager obtient le chiffre d'affaires coquet de US$ 4 millions. Elle emploie 27 000 familles comme agriculteurs sous contrat.

    La Galerie Indigo, à Bamako, n'est apparemment qu'une boutique d'artisanat. En réalité, il s'agit du point de vente d'un réseau d'une centaine d'associations d'artisans, de coopératives et de particuliers provenant du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire et du Mali. Les produits sélectionnés pour l'exportation comprennent des tissus traditionnels, des boîtes touaregs, des sacs en cuir, de la bijouterie en argent, des couteaux, des coussins, des articles en fer forgé, des ustensiles et statuettes en bois et de la bijouterie traditionnelle originaire de ces trois pays.

    ID Art Mony produit du linge de maison brodé depuis 1991. Cette entreprise emploie actuellement 60 personnes à plein temps, exporte principalement vers la France et la Suisse, et songe aux États-Unis et au Canada comme nouveaux marchés. Elle fournit des grossistes qui vendent ensuite leurs articles à des détaillants spécialisés. Cette société a été créée par Claudine Randriambololona Rabenja qui, en 1972, s'est formée en France comme coiffeuse puis est retournée à Madagascar pour fonder sa propre entreprise dans la capitale, Antananarivo.

    Le tourisme mondial a augmenté d'environ 7,4% en 2000, la croissance la plus forte de la décennie et presque le double de celle de 1999. Directement ou non, le tourisme apporte, selon les estimations, 245 millions de postes de travail et plus de US$ 5000 milliards dans l'activité économique du monde, dont US$ 2,3 milliards sont partagés par 39 PMA.

    Pour être accepté, un projet doit:• offrir une perspective réelle pour des investissements ou pour une relation commerciale durable avec une entreprise du pays bénéficiaire; • préciser l'installation d'équipement, le transfert de connaissances de la compagnie néerlandaise vers la compagnie locale, ainsi que l'assistance technique, la formation, la recherche de marché, la démonstration des résultats du projet et le renforcement institutionnel; • avoir des incidences positives sur l'emploi local et le travail dans le secteur concerné; • avoir des retombées véritables et visibles pour les firmes néerlandaises; • être adapté à la conjoncture locale ainsi qu'au niveau de compétences, et utiliser des techniques éprouvées, et • être à l'avantage des plus défavorisés, de la position des femmes ou ne pas avoir d'effets négatifs sur l'environnement.

    Le marché mondial des épices et herbes aromatiques est vaste, un peu plus de US$ 2,3 milliards. Des PMA tels que Madagascar, les Comores et la République-Unie de Tanzanie gagnent une part importante de leur revenu du commerce extérieur grâce à l'exportation des épices. Les principales épices exportées par les PMA sont la vanille, le girofle, les piments, la cardamome, la noix de muscade et le macis. Depuis 1995, les PMA ont fourni plus de la moitié des importations mondiales de vanille et plus d'un cinquième du girofle.

    «Les PMA sont dépassés par le processus de mondialisation, [mais] la part du commerce dans le PIB demeure relativement élevée pour la majorité des PMA, comparé avec d'autres pays en développement.»Programme d'action des Nations Unies pour les pays les moins avancés

    Dans ce marché, il existe de bonnes perspectives de croissance pour les exportations des PMA. Le montant des ventes de médicaments à base de plantes a dépassé US$ 12,5 milliards en 1994 et US$ 30 milliards en 2000, avec un taux de croissance annuel se situant entre 5% et 15% selon la région. Le marché des suppléments d'herboristerie a connu une poussée encore plus forte, avec un taux de croissance annuel de 25% de 1990 à 1997.

    Le secteur de la pêche est important pour les PMA. Le volume total des transactions atteint plus de US$ 1,5 milliard (dont US$ 0,9 million provient des mollusques et crustacés). Plusieurs PMA sont actifs dans ce secteur: environ 18 d'entre eux exportent des crevettes congelées.

    Le marché mondial des services aux entreprises est estimé à US$ 3000 milliards pour 2001, soit environ 10% du PIB mondial. Les projections pour 2001 des exportations de services commerciaux (fondées sur des données relatives à la balance des paiements du FMI) sont estimées à US$ 734 milliards, soit 24% de la production mondiale totale.

    À la différence de la majorité des entreprises de pêche de Madagascar, Manda n'appartient pas à une société multinationale. Elle appartient entièrement à Arthur et Bakoly Razakanavalona. Il s'agit d'une compagnie de taille moyenne selon les critères du pays, avec 1% du marché malgache estimé du poisson; elle demeure pourtant compétitive par rapport aux grandes compagnies, avec des exportations atteignant 180 tonnes et un chiffre d'affaires de US$ 600 000.

    Meskel Flowers a été constituée comme société privée en 1992 et a commencé à exporter des fleurs coupées vers les marchés européens en 1993. Cette entreprise a d'abord vendu des fleurs d'extérieur et d'été, sans grande valeur; puis, après avoir subi la concurrence écrasante d'un exportateur kényen, elle a décidé de passer à la culture de roses d'intérieur, relativement chères. Actuellement, elle exporte 5,5 millions de roses coupées par année et emploie 500 personnes. Son chiffre d'affaires va probablement quadrupler à US$ 4 millions pour la saison 2000-2001, et cette compagnie prévoit d'atteindre US$ 20 millions dans cinq ans.

    Nonu Samoa Enterprises a été créé en 1995 par M. et Mme Siaosi-Tinielu, en vue de développer et d'essayer de se consacrer à l'exportation de produits issus du nonu, plante indigène de Polynésie, connue localement depuis longtemps pour ses propriétés médicinales.

    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001 Le CCI vient de sortir une mise à jour de COMREG, son logiciel de gestion des registres de l'entreprise. Il est compatible avec les dernières versions de Microsoft Windows et permet l'utilisation d'images et de fonctions complexes

    Il est peu probable que quiconque ayant participé à la Table ronde des milieux d'affaires (Bruxelles, 16 mai 2001), lors de la Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, n'en soit pas ressorti plein d'espoir grâce à l'inventivité, l'ingéniosité, la persévérance et l'énergie d'entrepreneurs issus des plus pauvres parmi les pays en développement. Nous avons écouté notamment l'expérience d'un investisseur en capital-risque népalais qui forme de nouveaux entrepreneurs, celle d'un Tanzanien qui a créé un marché international pour des pierres précieuses locales, celle d'une femme de Samoa qui a trouvé une niche dans le marché américain des aliments diététiques pour ses jus de fruits, ou encore celle d'un Haïtien qui est devenu le plus grand exportateur mondial d'essence de parfum.

    L'image des PMA change pour le meilleur lorsqu'on l'observe de plus près.

    «Les pays en développement doivent instituer une «culture de la qualité» et obtenir plus d'information sur les exigences de qualité. Les organisations privées doivent faire le premier pas et [fournir] la certification à des coûts plus avantageux, comme le fait l'organisation où je travaille pour les produits biologiques.»Elena Repetto, Colombie, forum de discussion électronique du CCI

    C'est lorsqu'il a été Président et Administrateur délégué de SAR, au cours du second semestre de 1990, que Musa Meah a pris la décision audacieuse d'acquérir à prix fort des installations et des machines modernes en vue de produire au Bangladesh des crevettes préemballées au lieu de fournir uniquement des crevettes congelées en blocks.

    Le secteur textile représente environ 25% des exportations totales des PMA. Le Bangladesh à lui seul compte pour 75% des exportations textiles, qui se montent à US$ 4 milliards.

    The Coconut Residence est un hôtel cinq étoiles sis à Kololi, en Gambie, offrant 18 suites, le service en chambre 24 heures sur 24, des installations pour des conférences, deux piscines et deux piscines privées. Une équipe de 150 employés est à la disposition d'un maximum de 36 hôtes. Natif de Gambie, l'un des deux propriétaires, Farid Bensouda, a acheté le terrain de l'hôtel il y a 15 ans, dans l'intention d'investir dans le secteur du tourisme. Il a toutefois attendu le bon produit et ne s'est décidé pour un hôtel de luxe qu'en 1995. Le financement était prévu à l'origine pour les Caraïbes, mais il a finalement été destiné à la Gambie en raison de la situation économique ainsi que du projet de M. Bensouda.

    Nancy Abeid Arahamane, d'origine anglaise et ingénieur de formation, s'est rendu compte que la Mauritanie, bien que possédant beaucoup d'animaux susceptibles de produire du lait, importait d'énormes quantités de cet aliment afin de satisfaire la demande intérieure. C'est ainsi qu'elle a conçu une entreprise pour corriger ce déséquilibre. En 1998, la compagnie Tiviski, officiellement appelée Laitière de Mauritanie et sise à Nouakchott, a commencé par proposer des produits issus du lait de chamelle. Elle s'est diversifiée depuis, avec des produits à base de lait de vache et de chèvre. Son offre se compose à présent de 14 produits et elle obtient 13 000 litres de lait par jour. Depuis 1993, les ventes ont triplé.

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