Les systèmes de commercialisation des produits agricoles de base, y compris du coton, ont considérablement changé depuis les années 80, et les moyens de subsistance de plus de deux milliards d’agriculteurs de pays en développement dépendants de l’agriculture s’en sont trouvés affectés. Les stocks internationaux et les mécanismes de gestion des prix ont été démantelés, entraînant une baisse régulière et une fluctuation à court terme accrue des prix des produits de base. Les systèmes de commercialisation internes du coton ont également été transformés dans la plupart des pays en développement, l’État intervenant de moins en moins, puis plus du tout, dans la commercialisation des intrants et de la production ainsi que dans la fixation des prix à la production intérieurs. Les offices semi-publics de commercialisation du coton ne sont plus directement associés à l’exportation du coton, leur rôle se limitant essentiellement à l’élaboration de la politique sectorielle. Les groupements et les unions de coopératives qui dominaient jusque là les achats intérieurs de coton sont aujourd’hui des intervenants plutôt marginaux. Ces réformes ont permis au secteur privé de se tailler une plus grande part de la commercialisation du coton, mais les effets ont été relativement mitigés du fait des contraintes suivantes:
- Manque de financement commercial, ce qui limite la concurrence sur les prix (surtout à la production) et conduit à la concentration du pouvoir de marché entre les mains de quelques sociétés étrangères, lesquelles ont accès à un financement offshore relativement meilleur marché.
- Baisse de la qualité du coton, conjuguée à une baisse des primes à la qualité pour le pays exportateur. Ce phénomène est souvent dû à un piètre respect des normes de qualité dans les contrats privés et au non-paiement des primes à la qualité au seuil de l’exploitation, même si plus en aval dans la chaîne de commercialisation quelques négociants perçoivent des primes à la qualité.
- Manque de certitude quant à l’efficacité de l’autre partie, surtout lorsque les négociants des pays producteurs n’ont pas l’expérience requise.
- Incertitude quant aux prix, liée en partie à l’instabilité des cours mondiaux mais accentuée par d’importantes variations des prix au cours de la saison, les producteurs étant souvent contraints de vendre pour nourrir leur famille plutôt qu’en fonction des fluctuations des prix escomptées.
La présente section présente la manière dont les systèmes de récépissés d’entreposage peuvent aider à surmonter certaines de ces contraintes et ainsi permettre aux producteurs de tirer davantage parti des réformes. Les exemples de l’Ouganda et de la République-Unie de Tanzanie montrent comment des systèmes peuvent aider à surmonter certains de ces problèmes, notamment en facilitant l’accès au financement, en abaissant les coûts des transactions (par l’utilisation de grades normalisés et les ventes sur description), tout en raccourcissant la chaîne entre les producteurs et les utilisateurs finaux.