Le marché intérieur : aspects micro-économiques
Chapitre 6 - Profils de marchés - Turquie
Différents intervenants présents sur le marché
Le nombre de négociants nationaux a diminué au fil des ans. La disparition progressive des négociants en coton turcs du marché intérieur et international a créé de nouveaux débouchés pour les courtiers ou commissionnaires en coton qui vendent le coton aux égreneurs et en achètent pour les usines nationales. Entre 15% et 20% de la récolte annuelle sont à présent gérés par trois ASCU qui peuvent exporter leur coton en plus de le vendre sur le marché intérieur.
En ce qui concerne les exportations de coton, les commissionnaires peuvent agir pour le compte d’importateurs de coton étrangers, pour lesquels ils contrôlent la qualité du coton à l’entrepôt de l’exportateur avant l’expédition. En ce qui concerne les importations, ces agents agissent pour le compte des usines textiles nationales, auquel cas ils sont responsables du contrôle de la qualité. Ils peuvent aussi être appelés à se rendre dans le pays exportateur pour y contrôle la qualité avant l’expédition.
Les agents en coton continueront de jouer un rôle important tant que l’achat et la vente de coton “sur type” ou “sur description” seront la norme pour l’acceptation de la qualité. On estime que leur rôle diminuera considérablement le jour où le négoce de coton sur la base de paramètres de qualité mesurés par instruments sur des échantillons prélevés dans des balles homogènes sera plus répandu.
Achats de coton sur le marché
L’achat de coton sur la bourse du coton (IME), là même où les grandes usines nationales ont leurs propres courtiers ou commissionnaires, est une des méthodes d’achat parmi les plus courantes.
Autre méthode : le vendeur fait une offre de prix, sous réserve de l’acceptation de la qualité par le filateur. Dans ce cas là, le vendeur envoie un ou plusieurs chargements de coton au filateur pour un contrôle de la qualité. Le chargement est, bien entendu, retourné au vendeur si la qualité ne correspond pas aux exigences de l’acheteur. Si la qualité est approuvée, le prix convenu est payé.
Les ASCU, qui disposent généralement de stocks suffisants pour vendre tout au long de la saison, vendent systématiquement leur coton sur le marché intérieur par le biais de l’IME.
Les exportateurs étrangers travaillent généralement avec les commissionnaires locaux, lesquels font le lien entre l’exportateur et l’usine turque. Les commissionnaires assurent aussi le suivi des transactions, comme par exemple l’ouverture de la L/C, le conseil aux acheteurs sur les détails de l’expédition et le contrôle de la qualité.
Les transactions sont souvent réalisées par téléphone. Une fois l’accord verbal conclu, le vendeur prépare un contrat dans lequel est aussi identifié l’organisme d’arbitrage.
S’agissant du coton américain, les offres peuvent être avec option d’achat (on call) ou à prix fixe. La qualité du coton couvre généralement le grade (charge), la couleur, la longueur de fibre, le micronaire et la résistance. La qualité peut être établie “sur description” (sur la base de normes internationales) ou “sur type” (type ou échantillon de l’exportateur). Pour le coton américain, une troisième possibilité existe qui est largement utilisée, à savoir la “Green Card” (“on Government class”). Il est également possible de demander à un agent d’inspection de vérifier la qualité et la quantité.
L’essentiel du coton est importé en Turquie sur une base “poids final net débarqué”, le règlement final est effectué sur la base du poids établi à l’arrivé. Les importations en provenance d’Égypte arrivent toutefois généralement sur la base du “poids final certifié à l’expédition”. Tant le poids à l’expédition que le poids débarqué sont déterminés par des contrôleurs reconnus à l’échelle internationale.
Contrats spécifiques sur coton utilisés sur le marché
Les contrats de vente à l’importation sont généralement acceptés par les acheteurs turcs pour autant que les modalités du contrat soient conformes aux pratiques commerciales généralement acceptées à l’échelle internationale. Dans la plupart des contrats, les règles des organismes d’arbitrage acceptés à l’échelle internationale tels l’ICA sont spécifiquement mentionnées. Le rôle des commissionnaires turcs n’en reste pas moins essentiel pour la bonne exécution des contrats sur coton.
Financement du coton et réglementation relative au paiement
Les contrats conclus sur le marché intérieur prévoient généralement un paiement immédiat, sauf disposition contraire. À l’exportation et à l’importation, les modalités de paiement préférées sont la L/C, avec paiement juste après le chargement ou à une date ultérieure. Les parties peuvent toutefois opter pour des modalités de paiement différentes, comme le paiement d’avance, le comptant contre documents, 20% à l’avance – 80% à l’arrivée.
Il convient aussi d’évoquer les instruments de financement du coton, en particulier les crédits GSM des États-Unis. Au titre du GSM-102, le coton peut être acheté à crédit (jusqu’à trois ans). Ce système a grandement contribué à l’accroissement des exportations de coton des États-Unis vers la Turquie au cours des 10 dernières années40.
Préférences des consommateurs pour certains types de mélanges de fibres
Les consommateurs préfèrent généralement que l’essentiel des vêtements et des textiles qu’ils utilisent soient 100% coton. Le coton mélangé n’est pas très populaire. Le tissu chemise contenant du polyester était jadis préféré parce que le mélange présentant une bonne infroissabilité. Toutefois, les récents progrès technologiques réalisés pour produire du tissu de coton infroissable ont entraîné un recul de la demande de ce type de mélange.
40 Voir Jim Higgiston, www.cottoninc.com/2005EFSConferencePresentation_Turkey/.