•  home fr
  •  

    Sur trois continents: Quand les bananes se font chips

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 2/2007, © Centre du commerce international 
     

    © Industrias Agrícolas SRL Ricardo Augusto Quimper et d'autres entrepreneurs péruviens jouent à un jeu de simulation commerciale dans le cadre d'un programme de formation développé et mis en œuvre par des consultants en gestion péruviens formés et agréés par le CCI.

    Un entrepreneur péruvien a fait d'un aliment peu rentable, la banane plantain, un produit d'exportation à haute valeur ajoutée. Grâce à un partenaire de formation qualifiante en management, cet exportateur péruvien a pu grimper le long de la chaîne de valeur.

    Jusqu'en 1993, Luis Augusto Pajuelo, agriculteur à Piura au nord-ouest du Pérou, vendait des bananes à très bas prix. Il eut l'idée de commercialiser un produit traditionnel local - de fines tranches de bananes frites dans de l'huile 100% végétale salées et pimentées selon une recette secrète.

    L'entreprise, Industrias Agrícolas SRL, fabrique toujours les chips (Chifles) de façon traditionnelle mais les propose aujourd'hui salées, sucrées ou épicées sous la marque Cricket's, dans des supermarchés, des grands magasins ou des magasins spécialisés du Pérou, du Canada et d'Espagne. Les ventes annuelles atteignent US$ 1 million; 12 personnes travaillent à temps complet pour l'entreprise. Les bureaux, l'équipement et l'entrepôt principal sont toujours situés à Piura, première ville coloniale et centre gastronomique.

    Cricket's élargit actuellement ses activités aux chips de patates douces, aux cacahuètes, aux fèves, au miel, au sirop de caroube (produit régional) et à la crème anglaise; Chifles compte cependant pour 76% des exportations.

    Formation commerciale pour élargir les marchés



    Depuis 14 ans, le fils de Luis Augusto, Ricardo Augusto Quimper, PDG et propriétaire, développe l'entreprise, participe à des foires commerciales internationales, installe des contrôles financiers électroniques et élabore un plan d'exploitation axé sur l'exportation.

    Augusto a toujours su que la réussite passait par la formation et le développement de ses compétences gestionnaires et de celles de son personnel. La Californie a été le premier marché international capté par Cricket's en 2004. Les bons résultats - «preuves que nos produits étaient bien acceptés sur d'autres marchés» - l'ont incité à exporter vers d'autres pays, à commencer par la Californie, le Chili et le Canada puis l'Espagne où deux cargaisons sont parties pour Barcelone en novembre 2006 et février 2007. «Nous savions travailler le produit mais la formation nous faisait défaut. Notre croissance était chaotique,» explique-t-il. «En 2005, l'entreprise a accepté l'offre du CCI et du Fonds binational pour la paix et le développement (Pérou-Équateur), avec l'appui de la Chambre de commerce et de production et l'Université de Piura, de participer au programme de formation des dirigeants des sociétés d'export. Le CCI a mis à disposition des publications et des programmes de formation pour aider les entreprises péruviennes à définir et  recentrer leur activité. Des consultants internationaux ont facilité les contacts hors du Pérou et permis aux entreprises de trouver des marchés plus attractifs et rentables.»

    A l'origine, la production se faisait dans de petites cuisines peu rentables, inefficaces et coûteuses. Les premiers emballages étaient de simples sacs plastiques recouverts d'un autocollant. Aujourd'hui, ils sont conçus pour allonger la durée de conservation. Tous les produits ont un permis sanitaire et respectent les normes HACCP (Analyse des dangers et maîtrise des points critiques) essentielles pour se hisser sur les marchés des pays développés. «Les cuisines sophistiquées installées sur avis des consultants ont fortement réduit les coûts,» selon Augusto.


    © Industrias Agrícolas SRL 


    Création d'emplois dans les zones rurales



    C'est une des méthodes du CCI pour faire reculer la pauvreté par le commerce. Le CCI recherche des partenaires locaux susceptibles de contacter les entreprises ayant le potentiel d'améliorer les produits, d'acquérir de nouveaux marchés et d'employer des personnes qui ne sont pas forcément les cibles traditionnelles de la croissance des exportations. Dans ce cas, il s'agissait d'aider une entreprise péruvienne. Au Pérou, les entreprises sont majoritairement situées dans la capitale, Lima, à près de 1 000 km du lieu où se concentrent la technologie, la formation, le capital et les créateurs.

    Comment Ricardo Augusto Quimper entrevoit-il l'exportation? La préparation des commandes nécessite de doubler une partie des effectifs. L'entreprise n'a plus besoin de faire appel au marché local saturé; elle a noué des contacts avec les pays environnants. «Nous procurons davantage de travail à un nombre accru de familles,» observe-t-il. «Nous nous adaptons à la mondialisation.» 

     
     

    Liens: Industrias Agrícolas
    Fonds binational 


recherche