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    Relier les communautés d'affaires aux marchés d'exportation

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 2/2007, © Centre du commerce international

    © Ministère de l'économie et du commerce, Roumanie Le tourisme roumain offre un fort potentiel d'exportation.

    En Roumanie, la stratégie nationale connecte les régions, les villes et les villages en vue d'élargir la base d'exportateurs et de créer de nouvelles exportations adaptées aux exigences des nouveaux marchés, de l'Union européenne notamment.

    L'approche de la Roumanie pour développer les exportations tient en une phrase. Tout d'abord, se rassembler au plan national, réfléchir à la façon d'agir localement puis s'évertuer à garantir un impact local par une stratégie nationale et un organisme d'exécution.

    Par le passé, nous avons souffert d'une promotion et d'un développement fragmentés et incohérents des exportations. Les entreprises d'exportation sont surreprésentées dans de nombreuses grandes villes, dont Bucarest. La base des exportations est extrêmement faible à l'échelon des villages.

    Nous avons réalisé que cette façon de commercer était obsolète. Comme dans de nombreux pays, la tendance était à l'économie dualiste. Les exportateurs établis ne sont pas forcément en faveur d'un élargissement de la base d'exportation et apprécient de pouvoir exploiter les ressources disponibles pour promouvoir les exportations. Cette «coalition» ne peut être remise en cause que par une approche stratégique et un processus démocratique.

    Plutôt qu'un partenariat public-privé, nous avons créé un Conseil national des exportations afin de privilégier le local et de tenter d'associer les pauvres à la prise de décisions démocratique concernant les stratégies d'exportation.

    Bâtir la confiance

    À cette fin, nous avons mené une analyse approfondie de notre situation économique en mobilisant 21 équipes et plus de 400 personnes à travers le pays. Nous avons fixé notre objectif et le type d'exportations susceptible de garantir durablement le développement et la prospérité. Pour 2009, l'objectif était de changer radicalement la façon de faire du commerce, d'exporter, en favorisant le local et en offrant des services aux communautés d'affaires locales. Nous devons soutenir les groupements d'entreprises émergents, créer des liens entre différentes chaînes de valeur et différentes industries, et privilégier le «local» dans les campagnes de sensibilisation.

    Nous avons commencé par bâtir la confiance entre les différentes parties prenantes puis parmi les politiciens afin de garantir la survie du projet au-delà des régimes politiques successifs en instaurant un fort partenariat avec les entreprises. Suite à ces efforts, tous les partis politiques roumains ont reconnu que l'institution constituait un pas important sur la voie du renforcement des partenariats public-privé en faveur du développement des exportations.

    En 2003 nous avons, avec les entreprises, envisagé la création d'une organisation nationale de l'exportation; en avril 2004 naissait le Conseil national de l'exportation regroupant 14 membres du privé et 14 du public. Fin 2004, nous avons élaboré, en nous fondant sur la méthodologie du CCI, une stratégie nationale d'exportation approuvée par la Roumanie fin 2005.

    Dans le cadre de notre programme d'exportation 2006, nous avons sensibilisé de nombreux responsables locaux à la nécessité de changer les mentalités et de créer des exportations durables à l'échelon local. Nous tentons de resserrer les liens au plan local entre les secteurs susceptibles de réduire la pauvreté par un développement durable des exportations (tourisme, fabrication de meubles, agriculture biologique et artisanat notamment). La mondialisation pousse les entreprises étrangères à délocaliser leurs activités et de nouvelles opportunités s'offrent à nous. Nous avons conclu des alliances locales entre créateurs et fabricants de meubles par exemple, et entre agriculteurs bio et entreprises de tourisme rural. Notre stratégie regroupe 400 initiatives.

    Nous avons élaboré huit projets pilotes pour favoriser l'accès des zones rurales à l'Internet et des conseils d'exportation à l'échelon des comtés, et nous avons collecté à l'étranger des histoires de réussite transmises ensuite à nos producteurs, de vin notamment, qui ont alors créé une association et une marque pour leurs vins, vendus désormais à l'exportation. La Roumanie, qui a construit le premier ordinateur dans le bloc de l'Est en 1957, est toujours très active dans le secteur des TI; elle enregistre la plus forte densité de diplômés dans ce secteur. Une entreprise étrangère a recruté du personnel roumain pour opérer un centre d'appel dans 15 langues européennes.


    © Ministère de l'économie et du commerce, Roumanie
    La stratégie roumaine vise à intégrer les entreprises locales aux nouveaux marchés internationaux.


    Le succès est au rendez-vous

    Au bout d'un an, grâce à la méthodologie des tableaux de bords prospectifs équilibrés adaptée aux stratégies nationales d'exportation du CCI, nous avons constaté que 70% de la stratégie quinquennale fonctionne. Autrement dit, elle est conforme aux attentes.

    Quels sont les principaux résultats? Nous avons stimulé le réseautage entre institutions et entreprises privées, élargi la base des exportateurs et diversifié les exportations dans de nouveaux secteurs: agriculture bio, tourisme rural et exportations audiovisuelles notamment.

    Les résultats ont été plus nuancés pour l'information commerciale, la gestion et le financement des exportations mais certains délais allaient au-delà de la première année.

    La prochaine étape visera les stratégies d'exportation régionales - encourager les régions à définir leurs priorités et à agir en conséquence - et l'accroissement des prestataires de services aux entreprises. Nous avons besoin de programmes de formation locaux pour développer les compétences des communautés pauvres, élargir le réseau d'associations de femmes, encourager la coopération entre les groupements émergents et créer des services publics pour le secteur des affaires. Nous devons nous focaliser sur le marketing territorial et la façon de vendre une région. Nous devons aller au bout de notre effort promotionnel et nous centrer sur les exportateurs potentiels plutôt que ceux existants, en nous appuyant sur les services d'information et les programmes consultatifs développés à leur intention.


    © iStockphoto
    La stratégie de marque pour les vins roumains fait partie intégrante de la nouvelle stratégie d'exportation.
    M. Lianu peut être contacté à l'adresse:costin.lianu@dce.gov.ro
    Voir aussihttp://www.dce.gov.ro



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