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    Les nouveaux pays membres de l'UE multiplient les marchés

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2004

    Le 1er mai 2004, dix pays rejoignent l'Union européenne, qui devient ainsi le plus grand marché du monde. Cela va créer de nouveaux débouchés, même pour ceux qui n'en font pas partie.

    L'avenir de l'Europe est un sujet qui a dominé les discussions lors de la réunion annuelle 2004 du Forum économique mondial, à Davos (Suisse). En mars 2000, le Conseil européen réuni à Lisbonne avait approuvé une stratégie pour faire de l'Union européenne (UE) l'économie la plus dynamique et compétitive du monde en 2010. À Davos pourtant, presque personne ne pensait que cet objectif serait atteint si rien ne changeait. Les participants furent invités à voter pour savoir s'ils étaient d'accord avec trois assertions sur l'avenir économique de l'Europe. Voici les résultats.

    • L'UE est sur la bonne voie pour atteindre l'objectif de Lisbonne - 15,8%.
    • L'UE atteindra cet objectif seulement si des ajustements majeurs sont adoptés - 47,4%.
    • L'UE ne parviendra pas à atteindre cet objectif - 36,8%.
    Les chefs de file des milieux économiques, politiques et académiques étaient plus optimistes sur les incidences politiques de l'élargissement de l'Europe. Trois autres possibilités leur ont encore été proposées. Voici comment les participants se départagent sur la question de savoir comment l'élargissement va affecter la position de l'UE dans la politique mondiale.
    • Renforcer son influence dans la politique mondiale - 69,8%.
    • Affaiblir son influence sur la politique mondiale - 4,7.
    • Aucun effet - 25,6%.
    Une chose est certaine: l'élargissement de l'Union européenne à 25 États membres va ouvrir l'horizon, avec de nouveaux marchés pour les entreprises désireuses de faire des affaires avec l'UE ou qui sont déjà sur place. Cela augmentera aussi la population européenne de 75 millions de personnes, soit 450 mil-lions en tout. Avec un produit intérieur brut d'environ € 9,6 milliards (env. US$ 12 milliards), le plus grand bassin commercial du monde représentera 19% du commerce mondial.

    Une norme pour tous

    Les dix nouveaux membres, souvent appelés États adhérents, adopteront le principe d'une norme pour tous sur le marché unique européen en ce qui concerne la normalisation technique. Cela signifie que les exportateurs vers ces pays n'auront plus à tenir compte de différents régimes commerciaux et douaniers. Au lieu de cela, il y aura un ensemble unique de règles en vigueur dans toute la Communauté européenne. Par exemple, lorsqu'un produit entre dans n'importe lequel des 25 États de l'UE, il peut ensuite circuler librement dans la Communauté sans restriction douanière ou commerciale aucune. Ainsi, l'Estonie ou Chypre sont des tremplins pour entrer en Europe, au même titre que l'Allemagne ou la Suède. Les entreprises qui possèdent déjà des liens dans ces nouveaux États membres bénéficieront immédiatement de nouveaux marchés.

    Ce marché unique élargi va diminuer les coûts administratifs et liés à la conformité pour les exportations vers l'UE. Les exportateurs bénéficieront également d'un plus ample éventail de possibilités quant aux ports et lieux d'entreposage et de transbordement. Cela leur permettra de mieux affecter leurs ressources lorsqu'ils commercent avec l'UE. Surtout, les coûts vont baisser.

    Baisse des droits de douane

    L'adoption, par les États adhérents, des droits de douane de l'UE va entraîner une diminution générale de ces droits. La moyenne actuelle dans l'UE, tous produits confondus, est d'environ 4%. Aujourd'hui, la moyenne des droits douaniers dans les nouveaux États membres est de 9% environ.

    Ainsi, les dix États adhérents appliquent à l'heure actuelle une moyenne de droits de 4,8% sur les produits industriels, chiffre qui va baisser à 3,6% lorsqu'ils adopteront les tarifs de l'UE. De la même manière, la moyenne des droits appliqués aux importations de produits agricoles va chuter de 18,7% à 16,2%. Dans un nombre très limité de cas, les droits vont augmenter, mais les règles de l'OMC vont être applicables. Cela signifie que les pays exportateurs pourront déposer une plainte auprès de l'OMC.

    Croissance accélérée

    Bien que leur niveau de revenus soit encore bien moindre que celui de la moyenne européenne, les États adhérents possèdent un fort potentiel économique signalé par des marchés en croissance accélérée. Malgré le récent ralentissement économique mondial, ils ont montré des taux de croissance soutenus. Avec 4,2% de croissance moyenne de 1994 à 2000, ils font partie des régions qui connaissent la croissance la plus rapide dans le monde. Durant cette période, la Pologne à elle seule (de loin le plus grand des États adhérents) a atteint une moyenne annuelle de croissance de 5,4%.

    Cette croissance économique va continuer, estimée à 4,5% par année durant la décennie à venir - grosso modo plus de deux fois supérieure à celle attendue dans les 15 États membres de l'UE avant 2004. Le revenu par habitant va converger vers celui de l'UE à la longue. On prévoit qu'il sera la source de 46% de l'investissement étranger direct (IED) sortant mondial, alors qu'il hébergera 24% de l'IED entrant. Cela aussi devrait entraîner une croissance du marché pour les exportateurs.

    Un pont Asie-Europe

    En outre, les dix nouveaux pays membres forment un lien entre l'Asie et l'Europe, mettant en contact les pays les plus développés avec ceux qui connaissent le plus fort développement. Ce nouveau corridor paneuropéen pour le transport va probablement aussi contribuer à la croissance économique. Les exportateurs et les investisseurs peuvent aussi profiter des coûts de la main-d'œuvre meilleur marché, des infrastructures qui s'améliorent et d'un immense réseau de transport futur, tout cela entraînant des baisses de coûts et des économies de production.

    L'UE est prête à reprendre sa croissance ces prochaines années, augmentant les possibilités d'alliances stratégiques entre le «Nouveau Nord» et les entreprises du Sud. Des négociations sont en cours avec la Roumanie et la Bulgarie et, si une date n'a pas encore été arrêtée pour ouvrir les pourparlers d'accession avec la Turquie, c'est un rendez-vous dans l'agenda politique européen.


    Les nouveaux membres de l'Union européenne

    Estonie
    Capitale: Tallinn
    45 000 km2 - 1,4 million d'habitants

    Lettonie
    Capitale: Riga
    65 000 km2 - 2,4 millions d'habitants

    Lituanie
    Capitale: Vilnius
    65 000 km2 - 3,5 millions d'habitants

    Pologne
    Capitale: Varsovie
    313 000 km2 - 38,6 millions d'habitants

    République tchèque
    Capitale: Prague
    79 000 km2 - 10,2 millions d'habitants

    Slovaquie

    Capitale: Bratislava
    49 000 km2 - 5,4 millions d'habitants

    Hongrie
    Capitale: Budapest
    93 000 km2 - 10,2 millions d'habitants

    Slovénie

    Capitale: Ljubljana
    20 000 km2 - 2 millions d'habitants

    Malte

    Capitale: La Valette
    315 km2 - 0,4 million d'habitants

    Chypre
    Capitale: Nicosie
    9000 km2 - 0,8 million d'habitants


    Pour plus d'information, veuillez consulter le site http://europa.eu.int/comm/enlargement/index_fr.html

    Dianna Rienstra (dianna@csi.com) est Rédactrice et Consultante spécialisée dans le commerce, le développement et les questions liées aux entreprises citoyennes, ainsi que les affaires publiques de l'UE, résidant à Bruxelles. Peter Hulm a également contribué à la rédaction de cet article.


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