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    Les grandes firmes aident les petites à s'approprier les technologies

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2003

    Aujourd'hui, les multinationales s'associent aux gouvernements et aux groupes locaux pour apporter aux petites entreprises le capital de lancement et les compétences, et pour améliorer le contexte politique nécessaire à l'acquisition de technologie.

    Voici une situation courante dans les pays en développement: un entrepreneur a une bonne idée, simple mais elle nécessite l'emploi d'une technologie qu'il ne possède pas. Il sait que son idée est valable, comme les services de conseil financier pour les petites entreprises du bureau d'appui au commerce l'ont confirmé, ajoutant même qu'un tel projet serait utile pour la communauté. Cependant rien ne se passe, et le fossé numérique s'élargit.

    Quelle que soit l'idée - un nouveau processus de fabrication de chaussures ou des services d'information pour les agriculteurs - et même si elle bénéficie de la reconnaissance de tous, elle se concrétise rarement. Pourquoi?

    Les obstacles

    La réponse est complexe. Il existe des obstacles immédiats pour les entrepreneurs des pays en développement.
    • Le manque de financement. Le capital-risque n'est souvent disponible que pour les entreprises stables et suffisamment importantes. Les banques exigent souvent 100% (ou plus) de garantie pour les prêts et pratiquent des taux d'intérêt élevés. Et les microprêts ne suffisent pas pour financer la création d'entreprises.
    • Les compétences commerciales. Les universitaires possédant un mastère en gestion d'entreprises sont rares. Les connaissances et la formation nécessaires au développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) manquent. Cela empêche qu'une bonne idée se transforme en une entreprise cohérente et viable.
    • Le contexte politique. Un mélange de mauvaises infrastructures et de mesures politiques qui ne soutiennent en aucune manière les entreprises constitue le troisième obstacle. Un contexte politique hostile découragera les entrepreneurs les plus capables et financièrement solides.

    Une réponse

    Des groupes réunissant les gouvernements, la société civile et, de manière significative, le secteur privé, chacun apportant des forces complémentaires, se forment. Parmi ces groupes, on compte notamment, le Groupe d'experts pour l'accès aux nouvelles technologies (GEANT), l'Initiative pour les TIC (Digital Opportunity Initiative) du Groupe d'étude sur les technologies de l'information et de la communication (TIC), conduite par le PNUD, et l'Initiative contre la fracture numérique du Forum économique mondial.

    Le secteur privé international représente un vivier de ressources et de compétences encore inexploitées, avec notamment des principes éthiques de développement fondés sur une croissance des affaires durable. L'acceptation progressive, de la part de ce secteur, de sa place comme membre responsable au sein de la société et sa prise de conscience des bienfaits apportés par l'émergence de nouveaux marchés dans les pays en développement poussent les grandes compagnies à assumer un rôle prépondérant.

    Charles Sirois, Président-Directeur général de Telesystem et Président-Directeur général suppléant d'Enablis, se souvient de la première rencontre de GEANT: «On ressentait clairement une incompréhension. Le secteur privé, les organisations non gouvernementales et les gouvernements avaient tous des attentes différentes. Mais il est vite devenu évident que nous étions tous présents pour les mêmes raisons. Rapidement, la coopération et les objectifs communs se sont imposés.»

    Les groupes représentant les entreprises locales et la société civile apportent une connaissance essentielle du terrain. En fin de compte, ce sont les gouvernements qui sont les véritables acteurs, car ce sont eux qui mettent en place l'environnement politique adéquat et ont accès aux ressources financières.

    Dans ce cadre, Accenture, Hewlett-Packard et Telesystem ont fondé Enablis, une organisation sans but lucratif qui travaille avec les pays en développement et la société civile pour soutenir les PME. Cette organisation offre des prêts et un appui commercial et technique pour aider les PME à augmenter leurs échanges par l'emploi des technologies. Chaque participant du secteur privé a mis à disposition du personnel et des ressources techniques pour la création de la première unité de travail d'Enablis en Afrique du Sud, qui deviendra la base opérationnelle d'Enablis pour l'Afrique australe. Enablis a pour objectif ultime de devenir une organisation mondiale.


    Les groupes qui aident à combler le fossé numérique



    Luke Williams (luke.williams@enablis.org) est Chef de la direction d'exploitation d'Enablis et Armen Ovanessoff (armen.ovanessoff@accenture.com) travaille dans le département des affaires politiques et corporatives d'Accenture.



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