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    Les défis de l'électronique: des pays qui agissent

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2001 
     

    L'accès à l'internet est un défi pour la plupart des PME des pays en développement, raison pour laquelle maintes stratégies de promotion des exportations s'attachent à les connecter et à leur donner une formation.

    Les problèmes du Ghana 

    La stratégie nationale du Ghana tend à soutenir un développement agressif des exportations, principalement dans les secteurs non traditionnels. Le Conseil ghanéen de promotion des exportations (GEPC) coordonne la mise en œuvre de cette stratégie. L'un des objectifs stratégiques de ce Conseil est de veiller à ce que tous les exportateurs locaux enregistrés possèdent des capacités électroniques d'ici à l'an 2003.

    Selon les données fournies par le GEPC, quelque 2600 compagnies ghanéennes ont des activités d'exportation. Une enquête menée par téléphone chez 654 des 838 sociétés actuellement enregistrées au GEPC (soit 1,5% de tous les exportateurs inscrits) a révélé que seules dix d'entre elles étaient connectées à l'internet, premier pas vers le commerce électronique.

    Une étude similaire mais plus étendue sur la «communauté nationale liée à l'exportation» (qui comprenait 22 sociétés de plus, sept organismes de promotion commerciale et six associations professionnelles et commerciales) a montré un plus grand nombre d'entreprises possédant une connexion, mais sans l'appliquer véritablement.

    Ces enquêtes ont montré que si, au Ghana, le secteur commercial ne se préoccupait pas de chercher des créneaux par l'intermédiaire de l'électronique, cela était dû aux considérations suivantes:

    • L'internet est généralement considéré comme un symbole de prestige qui ne va pas modifier les perspectives et les pratiques du commerce.

    • En général, les employés ne possèdent aucune connaissance en informatique.

    • Le coût pour acquérir des capacités en la matière dans l'entreprise est perçu comme très élevé.

    • Le coût pour mettre en place un réseau et des opérations électroniques est perçu comme très élevé.

    • Le prix de la connexion est perçu comme très élevé.

    • Il n'existe pas de système de paiement électronique.

    La réponse du GEPC 

    Dans le dessein de corriger le désintérêt et les faibles capacités électroniques, le GEPC a envisagé de développer une stratégie qui comprend notamment:

    • de mettre à disposition des prêts à des conditions favorables, grâce au Fonds d'investissement et de développement des exportations, pour permettre aux entreprises exportatrices d'acquérir des systèmes informatiques;

    • de mettre sur pied des programmes de formation destinés aux entreprises exportatrices par l'intermédiaire de l'Institut de l'exportation;

    • de mettre en place un site portail national pour informer sur les exportations et offrir une exposition virtuelle des différents produits à vendre;

    • d'encourager les sociétés informatiques et les fournisseurs d'accès à l'internet à participer directement aux programmes consacrés aux capacités électroniques;

    • de pousser les exportateurs à se connecter à l'internet, à créer des sites web pour leur entreprise et à élaborer des stratégies de commerce électronique;

    • de suggérer aux banques de mettre en place des systèmes pour faciliter les paiements électroniques;

    • de préconiser les changements dans les politiques publiques en vue de réduire les droits de douane sur le matériel informatique importé, et

    • de promouvoir les investissements dans la fabrication et l'assemblage de matériel informatique au Ghana comme moyen de réduire les coûts.

    L'internet, un bien ou un mal? 

    La stratégie nationale ghanéenne veut stimuler le développement économique grâce à l'élargissement de ses exportations. La promotion des capacités électroniques au sein de la communauté des affaires en est un facteur fondamental.

    Pour atteindre cet objectif, il faut que les leaders appuient cette stratégie. Parmi eux se trouve le directeur d'une importante société de commercialisation d'artisanat sise à Accra, également Président de l'Association ghanéenne des exportateurs d'artisanat.

    Pour garder un contact suivi et rapide avec les acheteurs, il s'est doté d'une adresse internet dans un cybercafé. Il n'est toutefois pas convaincu que les coûts occasionnés par l'acquisition future de connaissances et de systèmes informatiques destinés au commerce électronique pour son entreprise et pour le secteur de l'artisanat du pays soient justifiés.

    À son avis, il n'est pas sûr que la compétence électronique:

    • permette plus d'efficacité opérationnelle et l'accès à plus de clients;

    • engendre des créneaux commerciaux en vue de repositionner son entreprise sur la chaîne de valeur internationale, ou

    • soit essentielle pour entretenir les rapports commerciaux existants.

    En fait, ce chef de file se nie à créer un site web. Selon son expérience, exposer ses produits sur l'internet augmente la probabilité que des concurrents, en particulier dans d'autres pays, puissent copier ses dessins, qui constituent précisément son principal avantage compétitif.

    Texte fondé sur la contribution de Tawia Akyea, du Conseil ghanéen de promotion des exportations (GEPC), lors du Forum exécutif 2000, que vous pouvez retrouver dans l'ouvrage Export Development in the Digital Economy. 


     


    Accéder aux PME 

    «Nos membres représentent environ 85% de PME, ce qui reflète bien la structure économique du Ghana. Seuls 10% d'entre eux ont accès à l'internet. Bien que le secteur des TI soit en plein essor dans le pays, les prix d'accès à l'internet sont encore trop élevés: environ US$ 25 à US$ 30 par mois, en sus des frais de téléphone. En outre, comparés aux pays industrialisés, les prix des ordinateurs sont très élevés. Nous avons mis sur pied une bibliothèque pour nos membres, dotée de l'accès à l'internet pour un paiement modique, et nous leur apportons un soutien dans leurs activités liées à l'internet.

    Nous constatons la nécessité d'informer les PME sur les possibilités d'étendre leurs activités commerciales, nous les formons à l'utilisation des nouvelles technologies de la communication et leur rendons l'accès à l'internet abordable.

    En tant qu'association, nous sommes vivement intéressés par le commerce électronique, non seulement pour soutenir les sociétés membres, mais également pour commercialiser leurs services sur la scène internationale. Nous recevons avec plaisir tout commentaire.

    Extrait d'une discussion en ligne; contribution de Monika Lincoln-Codjoe, Directrice des systèmes d'information, Association des industries ghanéennes; e-mail: agi@agi.org.gh Internet: http://www.agi.org.gh 




    Étude de cas en Inde 

    Acquérir la compétence électronique: une réussite 

    En Inde, la Coopérative de commercialisation du lait du Gujarat (AMUL) relie 10 000 sociétés villageoises, soit un total de 2,1 millions d'entreprises familiales productrices de lait. Ses activités comprennent la collecte journalière du lait dans 25 centres de l'État du Gujarat, la fabrication de divers produits et leur commercialisation par l'intermédiaire de 50 bureaux de vente dans le pays entier, et la distribution grâce à un réseau de 4000 revendeurs qui, à leur tour, approvisionnent 500 000 commerces de détail.

    Malgré l'essence traditionnelle de cette activité, en 1995 la direction de la coopérative a décidé d'intégrer les technologies de l'information pour effectuer une percée stratégique. L'objectif consistait à créer de nouvelles capacités à tous les niveaux d'activité, de renforcer la compétitivité et d'étendre l'accès aux marchés.

    Depuis lors, les 650 membres du personnel ont reçu une formation en informatique et sur le commerce électronique, et ne sont recrutés à présent que des candidats possédant une culture électronique. Cinq cents ordinateurs ont été installés au siège et une société intranet a été créée.

    Un site internet (http://www.amul.com) a été construit, qui donne des nouvelles sportives, des recettes et des jeux (dans le dessein de stimuler l'intérêt des acheteurs et d'asseoir la reconnaissance de la marque), mais aussi des formulaires de commande.

    La compétence électronique a été établie à chaque extrémité de la chaîne de l'approvisionnement et de la distribution de la coopérative AMUL. En amont, une base de données informatisée mesure et enregistre les quantités recueillies et leur qualité. Quelque 4000 ordinateurs ont été installés dans les coopératives et associations locales. En aval, 3000 négociants ont été formés et équipés d'ordinateurs. Les experts d'AMUL prêtent assistance aux négociants et vendeurs au détail pour la création de leur page web de promotion.

    Des boutiques en ligne ont été établies dans 125 endroits du pays, ainsi qu'aux États-Unis, à Singapour et à Dubaï. Chaque consultation des sites indiens a apporté des achats pour environ plus de 300 roupies (US$ 6,50). Une base de données électronique de 10 000 clients a été mise sur pied.

    Cette structure s'est développée malgré un contexte national caractérisé par une infrastructure des technologies de l'information insuffisante et par une culture où l'on aime voir et toucher ce qu'on achète.

    Parmi les projets d'AMUL viennent l'introduction d'un système de commande en ligne interentreprise destiné aux négociants et le renforcement de la capacité d'effectuer des transactions électroniques au niveau des coopératives villageoises.

    «Si vous voulez devenir compétitifs dans le commerce électronique, il ne suffit pas de vous concentrer sur votre propre société; vous devez l'introduire auprès de tout votre réseau commercial. Cela signifie qu'il faut réussir à partager la même vision», affirme B.M. Vyas, Administrateur délégué d'AMUL.

    Extrait de l'ouvrage Export Development in the Digital Economy. 


     


    Des ordinateurs qui donnent du lait 

    «En cinq ans, mon entreprise de commercialisation de lait est devenue une «société technologique de l'information dans le secteur agroalimentaire». Nous avons commencé en 1946 dans deux villages produisant 247 litres de lait et, aujourd'hui, nous comptons dix groupes de produits qui passent par un canal de distribution connecté à l'internet et qui inclut 25 centres d'approvisionnement, 4000 revendeurs, 500 000 commerces de détail et un chiffre d'affaires de US$ 500 millions. Notre réussite réside dans le fait que nous nous soyons appuyés sur les sociétés coopératives villageoises.»

    B.M. Vyas, Administrateur délégué, Gujarat Cooperative Milk Marketing Federation, Ltd, Inde bmvyas@amul.com 




    Le Système électronique d'exportation au Salvador 

    Au Salvador, le Système électronique d'exportation (SIEX) permet aux exportateurs d'obtenir à n'importe quel moment, via l'internet, les documents d'exportation dont ils ont besoin depuis le Centre de procédure d'exportation (CENTREX). Les exportateurs envoient les renseignements relatifs à leur transaction via SIEX, et ils obtiennent les autorisations nécessaires directement sur leur lieu de travail. 

    Près de 77 000 opérations ont été autorisées par SIEX en 1999 - 30% d'entre elles en dehors des horaires de travail normaux - pour un montant dépassant US$ 2 milliards. 

    Non seulement ce système diminue énormément le temps nécessaire à l'obtention des autorisations, mais il est estimé que les exportateurs épargnent en moyenne US$ 15 par opération. 

    Du SIEX au SICEX 

    À l'heure actuelle, un nouveau site (http://www.centrex.gov.sv) va être lancé, avec de meilleures connexions et plus de renseignements; les entreprises ont été formées à son utilisation. 

    Extrait de la contribution de Rebeca Flor au forum de discussion en ligne du CCI, CENTREX, Banco Central de Reserva, El Salvador, rebeca.flor@bcr.gob.sv 


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