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    Les communautés défavorisées peuvent augmenter leurs échanges

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 2/2004

    Pour les producteurs des pays pauvres, l'exportation entraînera l'accès à des marchés plus vastes et plus riches.

    Le commerce génère des gains, qui ne «ruissellent» pourtant pas automatiquement vers les plus pauvres. Il est important de trouver des solutions pour combler les vides existant entre la croissance économique induite par le commerce et la réduction de la pauvreté.

    Approche par le commerce

    Le Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation du CCI emprunte une approche stratégique complémentaire macroéconomique en ciblant directement les communautés défavorisées et en recherchant un effet de bas en haut. Les projets pilotes visent les produits et services qui peuvent tirer profit d'activités de promotion des exportations à fort impact à court terme.

    Voici quelques exemples de projets.
    • Café gourmet au Salvador. En novembre 2002, le CCI a lancé un projet dans la Cordillera de Apaneca, au sud-ouest du pays, pour améliorer les conditions de vie d'environ 400 familles pauvres de cultivateurs de café. Il a commencé par l'identification du Japon comme un marché d'exportation cible pour ce café de haute qualité. En 2003, malgré la tendance générale à la baisse dans le prix du café, les cultivateurs salvadoriens ont fourni presque une tonne de café gourmet au Japon à des prix élevés. Ce café, vendu sous l'appellation Café Monte Sión, a reçu une certification environnementale et sociale de Rainforest Alliance. Le projet a eu des retombées précieuses, car les autorités ont amélioré l'accès routier dans la région, construit une école primaire pour la communauté et nommé un instituteur.
    • Produits en soie du Cambodge. Les tisserands de la province de Takeo, au Cambodge, fabriquent des pièces de soie magnifiques telles que foulards, sacs à main et housses de coussin. Pourtant, ces producteurs locaux, en majorité des femmes, n'étaient pas conscients du prix de leur production et ignoraient également comment ajouter de la valeur avec la production de modèles plus vendeurs et l'usage de meilleures teintures. Le manque de connaissances sur les conditions d'accès aux marchés les rendait également dépendants d'intermédiaires. En juillet 2003, la Corporation cambodgienne d'artisanat et le CCI ont aidé à restructurer le travail d'une quarantaine de familles. Un consultant fournit formation et conseils en vue:
    - de former des groupes de production;
    - d'améliorer les techniques de production;
    - de développer et d'adapter les produits en fonction des goûts des consommateurs;
    - d'enseigner la gestion des coûts et des prix;
    - de dénicher des marchés, et
    - de se coordonner avec d'autres associations d'artisanat du pays.
    Il s'est déjà produit un regain d'intérêt à l'étranger. Un acheteur européen a récemment organisé un voyage d'affaires pour créer des liens avec les tisserands. Ces derniers ont également été invités gracieusement à une foire commerciale au Japon en juin de cette année.

    L'objectif est que 100 familles puissent bénéficier des connaissances et des structures mises en place et répondre aux exigences du marché. Le CCI et la Corporation cambodgienne d'artisanat vont répéter l'exercice auprès de communautés d'orfèvres et de potiers.
    • Tourisme communautaire au Brésil. Au Brésil, le tourisme est florissant, en particulier dans l'État de Bahia. En octobre 2003, le CCI a démarré un projet en vue de créer des emplois et d'améliorer le niveau de vie de 10 000 personnes résidant aux environs de la station touristique de Costa do Sauípe, - connu aussi comme Programa Berimbau, d'après le nom d'un instrument de musique brésilien -, initié par la station de tourisme. Cette dernière comprend des sociétés hôtelières comme Marriott, Renaissance, Sofitel et SuperClubs Breezes.
    La croissance du tourisme a stimulé le développement de l'agriculture familiale, de l'artisanat et des services, qui trouvent preneurs dans la station. Le projet pilote va mettre sur pied:
    - une unité de recyclage des déchets organiques en connexion avec la chaîne de production agricole;
    - la production de fruits et légumes biologiques;
    - un entrepôt et d'autres supports logistiques pour la production agricole, et
    - un centre communautaire avec des installations pour développer des produits de l'artisanat, enseigner et créer des groupes culturels.

    Créer un réseau

    Le CCI a lancé son Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation en juillet 2002, fondé sur des années d'expérience dans le développement du commerce dans les économies en développement et en transition. Le programme a suscité l'intérêt d'organisations bilatérales ou internationales telles que l'Union européenne, la Banque mondiale, l'OIT, le WWF, ainsi que des entreprises ou des ONG liées au développement et au commerce durables: Carrefour, Max Havelaar, Walmart, Twin et le Centre d'études appliquées en négociations commerciales.


    Lier le commerce et la réduction de la pauvreté

    Le CCI travaille à l'amélioration des conditions de vie dans les communautés défavorisées en promouvant le commerce en tant que voie rapide menant au développement, se concentrant sur des secteurs à fort impact et créant des liens entre des producteurs pauvres et des réseaux d'exportation.
    • Intégrer le commerce dans les mesures de développement. Les stratèges manquent souvent d'expérience concernant l'intégration du commerce dans leurs stratégies de développement. La force du CCI est de sensibiliser - en démontrant que le commerce génère effectivement de nouveaux emplois - et, une fois les responsables convaincus, de fournir formation et information.
      Le CCI œuvre au sein du Cadre intégré (un programme de six agences de développement pour coordonner l'assistance technique dans les pays les moins avancés (PMA) pour encourager par exemple l'inclusion de la dimension commerciale dans les stratégies de développement telles que les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté.
    • Développer le commerce dans les secteurs prometteurs. De nombreux pays en développement, et surtout les PMA, possèdent un avantage comparatif dans les secteurs à forte main-d'œuvre et des ressources naturelles.
      Le CCI aide ces secteurs à augmenter leurs exportations, et à créer des emplois et des revenus. Les secteurs où prédominent les communautés défavorisées sont en général l'agriculture, les textiles et vêtements, les peaux, cuirs et articles en cuir, la manufacture légère et le tourisme communautaire (communautés pauvres proches de zones touristiques, qui proposent leurs produits et services aux visiteurs étrangers).
    • Intégrer les producteurs les plus démunis à des chaînes d'exportation à haute valeur. Lorsqu'il s'agit de faire des affaires, les pauvres souffrent du manque d'éducation et de relations avec ceux qui pourraient les aider à intégrer leur négoce dans l'économie formelle. Le Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation du CCI relie les communautés désavantagées avec les chaînes d'exportation de produits et services qu'elles peuvent approvisionner. Ce programme aide les communautés à s'organiser localement ou régionalement pour recevoir formation et assistance commerciales. Le CCI cherche aussi à les sensibiliser à leurs besoins dans le développement commercial auprès des institutions d'appui. Enfin, il établit des liens entre producteurs pauvres et exportateurs reconnus.


    Le CCI à la CNUCED XI

    • Table ronde de haut niveau sur le commerce et la pauvreté - 14 juin. Le CCI va faire connaître ses activités destinées à réduire la pauvreté par le commerce, avec ses expériences dans le cadre du Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation.

    Hendrik Roelofsen est Directeur de la Division de coordination de la coopération technique du CCI. Pour plus d'information sur ces projets, veuillez consulter le site du Programme de réduction de la pauvreté par l'exportation: http://www.intracen.org/eprp ou contacter Jaime Crespo (crespo@intracen.org), Coordonnateur du programme.


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