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    Les avantages compétitifs d'un pays

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2003 
     

    Un environnement commercial propice à la compétitivité nationale apporte des dividendes. Quel que soit le stade de développement d'un pays, les stratégies d'exportation qui encouragent l'innovation et l'usage des technologies l'aident à avancer.

    Des études récentes sur la compétitivité nationale délivrent deux messages aux stratèges:

    • L'avantage compétitif peut être créé ou, du moins, fortement augmenté.

       
    • L'amélioration de la compétitivité au sein d'une économie devrait représenter un élément clé de la stratégie nationale d'exportation.

      Cela signifie que les questions liées à la compétitivité devraient être résolues grâce à des projets stratégiques appliqués non seulement à des secteurs isolés de produits et de services, mais encore au niveau national.

     

    Pourquoi cela? Premièrement, parce que ce qui rend une nation plus compétitive sur la scène internationale, ce sont des facteurs intersectoriels plutôt que spécifiques à une activité. Deuxièmement, les mesures nécessaires pour augmenter la compétitivité varient selon le stade de développement économique du pays et les débouchés pour les exportateurs.

    Comme l'a remarqué Michael Porter, Directeur de l'Institut pour la stratégie et la compétitivité de la Harvard Business School, à propos du concept de l'avantage compétitif d'un pays: «La prospérité nationale se crée, elle ne s'hérite pas.» Comme se sont accordés à dire les participants au Forum exécutif 2002, dans le contexte mondial où le commerce se libéralise de plus en plus, la stratégie doit se concentrer sur la création et le maintien de l'avantage compétitif.

    La compétitivité «en diamant» 

    Considérant la compétitivité nationale, M. Porter a défini l'avantage compétitif d'une nation comme sa capacité à stimuler les firmes (tant locales qu'étrangères) à se servir du pays comme d'une plate-forme à partir de laquelle mener ses affaires. C'est lui qui a conçu le modèle du «diamant de la compétitivité nationale», avec les quatre «facettes» qui déterminent les forces compétitives et les faiblesses des pays et de leurs principaux secteurs d'activité. Ce sont:

    • l'existence de ressources (ressources humaines et infrastructures pour la recherche et l'information);

       
    • un environnement commercial où l'on investit dans l'innovation;

       
    • un marché local de la demande, et

       
    • la présence d'industries d'appui.

      Dans de nombreux pays en développement, les ressources sont la seule «facette du diamant» où les stratèges peuvent envisager la possibilité d'augmenter la compétitivité, et ainsi améliorer les résultats à court terme. Cela ne devrait pas les décourager d'agir de concert en vue d'améliorer le contexte commercial global.

      À chaque stade son défi 

      Il existe trois grands stades du développement économique. La stratégie de compétitivité nationale devrait s'orienter différemment selon chacun de ces stades.

      Le stade des ressources 

      Au niveau le plus élémentaire du développement économique, l'avantage compétitif est déterminé par des ressources telles que la main-d'œuvre à bon marché et l'accès aux ressources naturelles.

      De nombreux pays en développement et la plupart des pays les moins avancés stagnent à ce stade. L'assortiment des exportations est très restreint et souvent limité à des produits à faible valeur ajoutée. La dépendance des intermédiaires commerciaux internationaux est élevée et les marges sont étroites et sujettes aux variations des prix et des conditions commerciales. La technologie est intégrée par le biais de l'importation, de l'imitation et de l'investissement étranger direct (IED).

      À ce stade, les responsables devraient élaborer des stratégies pour attirer l'investissement en capital et pour consacrer le produit de la croissance économique à des secteurs déterminants pour la compétitivité nationale, notamment la santé, l'éducation et les infrastructures.

      Le stade de l'investissement 

      Le stade de l'investissement représente le niveau suivant, où les pays commencent à développer un avantage compétitif grâce à l'amélioration de l'efficacité et à la production de biens toujours plus sophistiqués. Des améliorations sont apportées à des technologies importées, il existe beaucoup de coentreprises et d'importants investissements dans les infrastructures liées au commerce (routes, télécommunications et ports).

      À ce niveau, la stratégie nationale d'exportation devrait s'attacher à poursuivre l'amélioration de l'environnement commercial en adaptant les dispositions réglementaires (douanes, taxes et droit des sociétés). La stratégie devrait soutenir les entreprises exportatrices potentielles en vue de renforcer leurs capacités dans la chaîne de valeur internationale. Comme la production passe des produits de base aux produits transformés, la stratégie sectorielle devrait chercher à augmenter la valeur ajoutée au niveau national de la chaîne de valeur. Alors que la promotion de l'IED devrait bien sûr continuer à représenter une priorité stratégique, les stratèges devraient encourager les alliances commerciales dans le pays (voir pages 11-13).

      Le stade de l'innovation 

      Au stade final du processus de compétitivité, celui de l'innovation, l'avantage compétitif du pays réside dans sa capacité à innover et à produire des biens et services comparables à ceux issus de la technologie dans le reste du monde.

      La stratégie devrait stimuler prioritairement la diffusion de technologie et entretenir un contexte national favorable à l'innovation. L'accent devrait porter sur l'appui aux institutions et sur l'élargissement des encouragements à l'innovation dans le secteur des affaires. Les firmes devraient entrer en concurrence sur la base de stratégies uniques. Le développement des capacités d'exportation de services devrait constituer un objectif prioritaire.

      Toutefois, les stratèges ne devraient pas concevoir obligatoirement le progrès une étape après l'autre. Lors du Forum exécutif 2002, Peter Cornelius, du Forum économique mondial, a d'ailleurs souligné: «La transition par ces différents stades n'est pas nécessairement linéaire ou graduelle. Elle ne se produit pas non plus automatiquement.»

      La technologie accélère le progrès 

      Indépendamment du stade de développement d'un pays, une amélioration durable des résultats à l'exportation passe par la technologie et l'innovation. Lors du Forum exécutif 2002, Ganeshan Wignaraja, économiste et administrateur chez Maxwell Stamp PLC, a présenté une étude récente sur l'industrie du vêtement à Maurice. Concernant les aspects techniques et liés à l'innovation tels que l'ingénierie de produits, la gestion de la qualité, les liens, l'investissement en ressources humaines et en recherche d'information, il a conclu qu'ils ont un effet positif et important sur les résultats à l'exportation des entreprises. Il a recommandé aux stratèges de promouvoir la diffusion de la technologie et de l'innovation par:

    • un partenariat comprenant des actions complémentaires de la part du gouvernement et du secteur privé;

       
    • une approche visant plus de libéralisation, qui implique des mesures d'encouragement et destinées aux fournisseurs, et

       
    • si cela est adéquat suivant les bases économiques, des mesures visant à promouvoir la compétitivité de certains regroupements d'activités.

      Les secteurs prioritaires modèlent la stratégie 

      Le message que l'on retient des débats du Forum exécutif est que la spécialisation est importante. Les pays doivent se consacrer à des secteurs avec un potentiel de croissance à forte valeur ajoutée, par conséquent créer un avantage compétitif dans les secteurs en croissance devrait retenir prioritairement l'attention des entreprises aussi bien que celle du gouvernement. Cela exige un partenariat solide des secteurs public et privé.

      Les stratégies devraient se concentrer sur des projets horizontaux et interdisciplinaires, dans des domaines tels que le financement commercial, les douanes, les infrastructures logistiques et liées à la technologie de l'information. Cependant, les nécessités spécifiques de secteurs de croissance clés, les priorités de la clientèle (p. ex. les PME et l'IED) et les marchés cibles devraient déterminer les priorités de ces projets.


       

      Friedrich von Kirchbach (vonkirchbach@intracen.org) est Chef de la Section de l'analyse des marchés du CCI. Les articles de MM. Wignaraja et Cornelius ainsi que les rapports nationaux se trouvent sur le site internet du Forum exécutif (http://www.intracen.org/execforum). 

      Le CCI a développé toute une série d'outils pour mesurer la compétitivité et les résultats commerciaux des principaux secteurs d'exportation de 184 pays, que vous pouvez consulter à l'adresse http://www.intracen.org/menus/countries.htm 


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