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    Les PPP font évoluer les liens entre le monde des affaires et les agences internationales de développement

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 4/2009

    Le secteur privé n'a jamais joué un rôle aussi important ou aussi influent qu'aujourd'hui dans le développement économique mondial. Il y a 20 ans, il fournissait la majorité de l'aide étrangère; aujourd'hui la réalité est tout autre. Les transferts individuels, les organisations de la société civile et les responsables du développement du commerce jouent un rôle clé dans le fonctionnement des modèles d'aide. Les stratégies internationales de développement continuant d'évoluer rapidement, le défi pour les dirigeants des secteurs public et privé tient à la façon d'adapter leur réflexion. Le problème ne se pose pas en termes d'utilité mais plutôt en termes d'efficacité.

    En fonction du calcul des contributions en nature, le secteur privé participe à l'aide étrangère au développement à hauteur d'environ $E.-U. 3,5 milliards. Les entreprises investissent actuellement plus de $E.-U. 150 milliards directement sur les marchés étrangers auxquels s'ajoutent $E.-U. 3 milliards en dollars sociaux et contributions en nature. À ce niveau de contributions, les multinationales en tant qu'entité nationale se classeraient parmi les plus importants contributeurs du développement à l'OCDE. Les dix premières agences internationales de développement disposent toutes d'une politique et/ou d'un bureau spécialisés dans l'engagement formel du secteur privé.

    Tout comme le rôle du secteur privé s'est renforcé dans le développement des marchés émergents, d'autres aspects de l'équation du développement ont changé. L'accent est davantage mis sur l'économie, la microfinance, l'entrepreneuriat et le développement des compétences commerciales de la "base de la pyramide" (BDP). Les pays s'intéressent également davantage à l'environnement et au développement durable. Plutôt que de concentrer le pouvoir entre les mains de quelques agences publiques ou d'entreprises nationales, les responsables politiques portent leur attention sur la diversification, l'autonomisation locale et le rôle des femmes dans les politiques publiques et commerciales.

    Cette transition parallèle entre une approche centralisée de l'aide du secteur public qui évolue vers des partenariats plus localisés et le rôle croissant du secteur privé dans la fourniture de l'aide internationale, a incité BCLC à réfléchir aux raisons et à la façon dont le secteur privé noue des partenariats. Comment fonctionnent-ils? Qui s'engage plus volontiers auprès des entreprises? Pourquoi les organisations souhaitent-elles s'associer au secteur privé? Pourquoi et comment les institutions publiques s'associent-elles au secteur privé? Ce sont certaines des questions qui ont motivé notre étude Partnering for Global Development: The Evolving Links Between Business and International Development Agencies.

    Les principales conclusions du rapport incluent:

    • L'intérêt des agences pour le développement international (ADI) envers les entreprises multinationales (EMN) est un phénomène relativement récent
    • Les partenariats public-privé deviennent une stratégie importante du développement des marchés émergents
    • Les ADI s'intéressent à la fois aux agendas du développement et du commerce
    • Les ADI connaissent encore une "crise de croissance" en termes de développement de partenariats public-privé
    • Les approches ADI du processus de partenariat évoluent
    • L'identification des partenaires est une question essentielle
    • Les programmes d'ADI soutiennent et s'appuient souvent sur les initiatives multilatérales existantes
    • Il y a souvent un décalage entre les besoins des pays et l'investissement des EMN. Des histoires de réussite existent.

    Alors que les agences mentionnées dans le rapport en sont à différentes étapes d'intégration du secteur privé dans leur agenda du développement, certaines agences ont fait d'énormes progrès au cours de la dernière décennie. Les agences d'aide internationales d'Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis (respectivement GTZ, DFID et USAID) ont été parmi les premières à travailler avec le secteur privé au milieu des années 1990 et elles ont noué de vastes partenariats, dont ont bénéficié toutes les parties prenantes engagées.

    Parmi les histoires de réussite examinées dans le rapport figurent les partenariats GTZ-Association allemande du café et USAID-Société Chevron. On peut débattre de l'évaluation du succès mais ces deux partenariats ont procuré à toutes les parties prenantes des avantages positifs, autrement impossibles.

    En particulier l'alliance USAID-Chevron s'est focalisée sur la relance de l'industrie agricole en Angola après 27 années de guerre civile qui ont détruit l'infrastructure soutenant la croissance dans ce secteur. L'alliance s'est focalisée sur quatre liens essentiels: finance, production, transformation et commercialisation. Au rang des autres bénéfices du programme, cette alliance particulière a généré $E.-U. 1,2 million de revenus aux fournisseurs locaux.

    La coalition a évolué d'une alliance à un seul donateur vers un partenariat novateur. Les deux organisations ont collaboré sur un pied d'égalité pour développer et appliquer des programmes, faire pression pour s'assurer de l'appui et de la participation du Gouvernement angolais et mettre en œuvre de nouvelles pratiques, telles que l'approche de l'USAID pour évaluer les propositions.

    Faire du secteur privé un partenaire à part entière du développement peut être un outil puissant et générer des bénéfices importants. Cependant il faut prendre des mesures pour systématiser la façon dont fonctionnent de tels partenariats:

    Réduire le chômage: Il est impératif que la communauté du développement international comprenne qui fait quoi et dans quel secteur. Différents programmes gouvernementaux, ONG et entreprises cohabitent au sein d'une communauté donnée mais ils ne communiquent pas forcément.

    Augmenter l'efficacité: Le succès des partenariats tient souvent à la définition précise des compétences de chaque partenaire et à la volonté de définir clairement la division du travail.

    Maintenir un statut équitable: Comme mentionnée précédemment, les modèles de partenariat ne réussissent que lorsque les partenaires collaborent dans un esprit de respect mutuel et de valeurs partagées.

    En recensant les besoins et les compétences, en créant des circuits de communication ouverts et en développant des modèles de répartition du travail et des objectifs, les organisations publiques et privées et de la société civile améliorent leurs capacités de contribuer au développement mondial. Nous sommes optimistes et pensons qu'au cours des 20 prochaines années, nous améliorerons la collaboration entre ces acteurs au bénéfice de la croissance économique et du progrès social.

    Le Business Civic Leadership Center (BCLC) est une filiale à but non lucratif de la Chambre de commerce des États-Unis. Il s'attaque aux problèmes sociaux qui affectent l'entreprise, incluant la responsabilité sociale de l'entreprise, la philanthropie, l'efficacité des services sociaux et à but non lucratif, la mondialisation, l'investissement communautaire et l'aide humanitaire. La Chambre de commerce des États-Unis, qui est la plus grande fédération d'entreprises au monde, regroupe plus de 3 millions d'entreprises et d'organisations opérant dans des secteurs et des régions de toute taille.


    Partnering for Global Development: The Evolving Links between Business and International Development Agencies

    Rédigé par BCLC en partenariat avec Corporate Citizenship, le rapport s'intéresse à dix ADI et à la façon dont elles nouent des partenariats avec le secteur privé et dans quel objectif. Une section spéciale est également dédiée à l'agence chinoise de développement. L'agenda chinois du développement est inclus et fait l'objet d'une section spéciale. Les dix agences examinées dans le rapport sont les ADI d'Allemagne, du Danemark, des États-Unis, de France, du Japon, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Suède et de Suisse ainsi que Millennium Challenge Corporation.

    Une copie complète du rapport (en anglais) peut être téléchargée à www.uschamber.com/assets/bclc/09partneringreport.pdf


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