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    Le tourisme

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001 

    Le tourisme mondial a augmenté d'environ 7,4% en 2000, la croissance la plus forte de la décennie et presque le double de celle de 1999. Directement ou non, le tourisme apporte, selon les estimations, 245 millions de postes de travail et plus de US$ 5000 milliards dans l'activité économique du monde, dont US$ 2,3 milliards sont partagés par 39 PMA.

    Changement dans le marché des loisirs 

    Les loisirs représentent 62% du tourisme international, les voyages combinant affaires et loisirs 18%, les 20% restants des voyages ayant lieu pour d'autres raisons, comme rendre visite à des proches, ou pour des motifs religieux (pèlerinages), de santé et autres.

    Par ailleurs, le marché du tourisme de loisir est divisé en différentes spécialités comme le tourisme culturel, l'écotourisme et les sports d'aventure. La visite de sites naturels, qui inclut l'écotourisme, constitue l'attraction première du tourisme européen. Il existe également un fort développement d'activités dans le segment «soleil et plage» pour les familles, les personnes âgées et les voyages de motivation. Le tourisme sportif, qui comprend le golf, la navigation de plaisance et la plongée, commence à gagner une part importante du marché aux États-Unis, en Europe et au Japon.

    Les effets du commerce électronique 

    Le commerce électronique a des incidences marquées sur l'industrie touristique. Les consommateurs ont rapidement pris l'habitude de planifier leurs voyages par internet, et les réservations de voyages d'agréments vont dépasser US$ 29 milliards (soit 12% des revenus de cette activité) d'ici à 2003. Les destinations touristiques sont proposées toujours plus souvent en «réalité virtuelle», avec des exemples en ligne de l'ambiance et des produits, avant que soit conclu un arrangement. Les clients s'attendent non seulement à choisir leur lieu de destination sur le net, mais aussi d'y préparer le déplacement, le logement et les transports sur place.

    Gains plus bas pour les PMA 

    Les données de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour 1998 indiquent cependant que les pays en développement, dont les PMA, ne retirent que 53% des recettes du tourisme international bien qu'ils représentent environ 61% des destinations touristiques. Les revenus par arrivée se montent en moyenne à US$ 609 pour les pays en développement, comparé à US$ 827 dans les pays industrialisés. Pour les PMA, les recettes moyennes par arrivée se situent à US$ 502.

    Parmi les PMA, seule la République-Unie de Tanzanie représente une destination touristique d'importance, qui génère US$ 570 millions grâce aux dépenses de ses visiteurs. Le Cambodge, le Népal et l'Ouganda sont les seuls PMA réussissant à atteindre US$ 100 millions grâce à cette activité. La Zambie se place parallèlement à ces pays en termes du nombre de visiteurs, mais les recettes par arrivée sont bien inférieures, car les touristes y viennent surtout pour la journée, pour la visite des chutes Victoria.

    Excellent potentiel, nombreuses difficultés 

    Plusieurs PMA possèdent toutefois un excellent potentiel touristique, avec une grande diversité naturelle, culturelle et des atouts historiques. Pourtant, dans leur majorité, la République-Unie de Tanzanie incluse, une grande partie de ces zones demeurent sous-développées et inaccessibles aux visiteurs. En outre, les PMA doivent encore marquer de leur empreinte cette activité, qu'on estime être la plus prometteuse du monde. Leur offre n'est pas encore connue et leurs activités ne sont pas développées, conséquence de désavantages structurels tels que:

    • le manque d'une promotion efficace, tant des destinations que des produits offerts par des secteurs spécifiques;
    • une organisation touristique déficiente;
    • le manque de services essentiels, d'une infrastructure appropriée et de services sociaux;
    • le manque de financement des installations touristiques et de produits associés (distractions, magasins, etc.);
    • le manque de ressources humaines compétentes, formées ou qualifiées;
    • une vulnérabilité écologique trop élevée.


    Se faire connaître 

    Une des difficultés majeures pour les PMA est la sensibilisation des touristes potentiels aux possibilités offertes. La plupart de ces pays ne comptent pas avec des offices du tourisme expérimentés en vue de promouvoir leurs destinations, et le secteur privé ne possède ni les connaissances ni les ressources pour informer les spécialistes du tourisme de leurs produits ou sur l'internet. Les réservations en ligne sont difficiles à faire, voire impossibles, à cause des limitations des télécommunications. L'information n'est pas présentée de façon que le visiteur potentiel puisse différencier le pays et son marché des autres.

    Dans la majeure partie des PMA, il n'existe presque aucune formation pour les personnes en contact direct avec la clientèle (par exemple les chauffeurs de taxi, les guides touristiques, les interprètes, le personnel hôtelier, les animateurs). Les PMA ont également négligé deux questions cruciales pour les visiteurs étrangers: la santé et la sécurité. C'est pourquoi, les touristes préfèrent voyager moyennant des arrangements payés à l'avance, avec un intermédiaire responsable de la qualité des services proposés. Cela entraîne l'abaissement de l'effet multiplicateur dans les pays hôtes.

    Enfin, le plus important à résoudre est peut-être le fait d'adopter le concept de tourisme durable. Le tourisme habituel fondé sur l'offre d'hôtels et de plages n'est pas supportable; il génère le ressentiment de la communauté d'accueil.

    Pour plus d'information, veuillez consulter l'article intitulé «Le tourisme d'affaires», dansForum N° 3/1999 (disponible à l'adresse http://www.forumducommerce.org/news/fullstory.php/aid/124.html). En ce qui concerne l'assistance technique du CCI, veuillez contacter Doreen Conrad, Chef du Groupe chargé du commerce des services du CCI (conrad@intracen.org).


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