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    Le point de vue de nos partenaires: Les entreprises et les négociations de l'OMC

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2002

    Durant un séminaire de World Tr@de Net, à Genève, quelques membres participent à des ateliers.

    Quelles sont les préoccupations principales de la communauté des affaires des pays en développement et en transition lors de la préparation de négociations avec l'OMC? Et comment exprime-t-elle ses intérêts?

    Forum du commerce a demandé leur opinion aux membres

    des réseaux du CCI.Albanie: l'ouverture par le commerce

    Depuis sa création, en mars 2001, notre réseau est très animé. Ses membres incluent des spécialistes du commerce international de différents ministères, universités, associations commerciales et institutions économiques, de même que des hommes d'affaires intéressés. Ce réseau relie les milieux économiques au Gouvernement albanais, encourageant les discussions à propos des règles de l'OMC et des progrès de la libéralisation.

    Après plusieurs séances de formation sur les questions liées à l'OMC, les séminaires à venir traiteront des mesures correctives commerciales, du Programme de Doha pour le développement et des négociations en cours concernant l'agriculture, les services et les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce.

    En Albanie, notre réseau est unique et représente le seul programme qui offre une formation [commerciale] sur les questions liées à l'OMC.

    Dritan Meta, Chambre de commerce et
    d'industrie, Tirana, Albanie
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Bangladesh: la libéralisation ne suffit pas

    Pour le Bangladesh, qui possède des ressources limitées, le nouveau cycle de l'OMC offre perspectives et contraintes. Nous nous rendons compte qu'un secteur privé vivant et dynamique est essentiel pour le développement économique. Bien que le secteur privé national en soit encore à ses débuts, la porte a été largement ouverte à l'investissement étranger afin de stimuler notre économie.

    Lors de leur préparation en vue des négociations du Programme de Doha pour le développement, les milieux d'affaires du Bangladesh se sont montrés préoccupés par le renforcement des capacités, l'accès au marché et les contraintes de l'offre. La libéralisation et la facilitation du commerce ne suffisent pas à niveler le terrain. Pour que la mondialisation concrétise également les rêves de chacun, les PMA doivent investir dans les secteurs où existent des avantages comparatifs potentiels.

    Hasanur Rahman Chowdhury,
    Chambre de commerce et d'industrie
    de Dhaka, Bangladesh
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Bélarus: situation compliquée pour les économies planifiées

    Après son lancement, en décembre 2001, l'Union des entrepreneurs et des employeurs du Bélarus a préparé plusieurs activités pour les membres du réseau.

    En juin, le Parlement a organisé une rencontre sur l'adhésion du Bélarus à l'OMC. Les membres du réseau y ont joué un rôle actif, avec pour résultat l'adoption par le Conseil des Ministres de certaines de ses recommandations. Les participants ont affirmé que l'adhésion de leur pays à l'OMC présente des avantages à long terme. La discussion s'est concentrée sur les conditions et les conséquences de ce processus, ainsi que sur la structure et le contenu des mesures préparatoires et de protection.

    Vladimir Vorobiev, Directeur exécutif adjoint,
    Chef du Département Marketing et affaires
    extérieures, Union des entrepreneurs et des
    employeurs du Bélarus, Minsk, Bélarus
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Bulgarie: préparation des négociations sur les services

    Le programme national bulgare de World Tr@de Net a participé à l'élaboration de la position du pays en vue des négociations du Programme de Doha concernant le secteur des services. En juin 2002, grâce certaines branches de l'Association bulgare des industries, parmi elles la Chambre bulgare de la construction, nous avons présenté au Ministère de l'économie les problèmes à prendre en compte lors des négociations sur les services liés à la construction, qui sont les principaux services d'exportation de la Bulgarie. Nos représentants ont aussi été présents lors d'un séminaire sur les GATS organisé par le Ministère de l'économie.

    Borislav Georgiev,
    Administrateur délégué aux relations
    économiques extérieures, Association bulgare
    des industries, Sofia, Bulgarie
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Cambodge: en démarrage

    Le Ministère du commerce a institué un Point de contact de World Tr@de Net en juin 2001, qui fonctionne avec très peu de ressources, s'appuyant sur des projets en cours comme la coopération avec le Cadre intégré. Au départ, une série de discussions ont eu lieu. Le réseau a mis à disposition de ses membres du matériel tel que le Guide à l'intention des entreprises: le système commercial mondial et des études juridiques ou commerciales traduites en khmer.

    Prasith Suon, Ministère du commerce,
    Association des nations du Sud-Est asiatique et
    Division des organisations internationales,
    Phnom Pen, Cambodge
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    El Salvador: de nouveaux canaux d'information

    World Tr@de Net a aidé la communauté des affaires d'El Salvador à intensifier le dialogue avec l'équipe de négociation gouvernementale, ce qui va renforcer notre participation durant les prochaines négociations commerciales.

    World Tr@de Net nous a permis d'organiser des séminaires de consultation dans différents sous-secteurs et de créer une rubrique permanente (L'agriculture au sein de l'OMC) dans la revue spécialisée bimestrielle de la Chambre agro-industrielle.

    Rigoberto Monge, Coordonnateur,
    Bureau d'appui au secteur productif pour les négociations
    commerciales internationales (ODASP), San Salvador, El Salvador
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Estonie: une voix nouvelle

    La Chambre de commerce et d'industrie estonienne estime que le principal avantage du nouveau cycle de négociations commerciales est la possibilité d'y participer. L'occasion de suivre et de contribuer à l'échange de vues sur des sujets de première importance pour la communauté des affaires estonienne est bienvenue.

    Les entreprises discutent déjà des questions cruciales avec les représentants des ministères concernés. La Chambre de commerce tient là un rôle majeur. Sur l'initiative du Ministère des affaires étrangères, une douzaine de groupes de travail ont réuni fonctionnaires gouvernementaux et spécialistes pour débattre avec les représentants de plusieurs secteurs économiques.

    Lidia Friedenthal, Directrice administrative,
    Département du commerce international,
    Chambre de commerce et d'industrie,
    Tallin, Estonie
    Facilitatrice nationale de World Tr@de Net



    Hongrie: agriculture, services et propriété intellectuelle

    Dans le cadre du Programme de Doha pour le développement, les entrepreneurs hongrois accordent une importance particulière à l'agriculture, au commerce des services et à la propriété intellectuelle. Ils sont aussi préoccupés par les accusations de dumping que les exportateurs subissent sur les marchés étrangers. Un séminaire du programme World Tr@de Net, tenu en juin 2002, a mis en présence d'importants acteurs des réseaux d'Europe centrale et orientale, ce qui a éveillé l'intérêt des milieux d'affaires hongrois.

    Szilvia Bognár, Chef de projet,
    Agence hongroise pour le développement de
    l'investissement et du commerce,
    Budapest, Hongrie
    Facilitatrice nationale de World Tr@de Net



    Kazakhstan: les inquiétudes du secteur privé

    Le Gouvernement a désigné la Confédération des employeurs comme partenaire du secteur privé pour discuter de l'adhésion du pays à l'OMC. Douze groupes de différents secteurs d'activité travaillent actuellement à l'élaboration de propositions sur les questions douanières à présenter au Gouvernement.

    À la suite de tables rondes sur l'OMC, une conférence nationale s'est tenue en juillet 2002 grâce au soutien d'USAID et d'entreprises locales. Une résolution adoptée lors de la conférence stipule: «Pour les exportateurs, le plus important est de déterminer les procédures d'enquête antidumping pour les marchandises kazakhes sur les marchés internationaux. De plus, les entreprises orientées principalement vers les marchés locaux doivent recevoir une attention particulière… pour qu'elles puissent entrer en douceur dans les marchés mondiaux. À ce jour, les efforts pour parvenir à une position concertée du Gouvernement et des entreprises n'ont pas abouti. Il faut s'accorder sur des mesures de protection grâce à une approche sélective de chaque segment de l'économie nationale, en tenant compte de leur développement potentiel ces 10 ou 15 prochaines années.»

    La résolution indiquait aussi que le rythme et l'intensité des négociations d'accession à l'OMC rendaient urgente la mise en place d'un mécanisme de dialogue entre les organes gouvernementaux et les milieux d'affaires «sur une base constante et constructive ». Elle suggérait l'établissement de centres d'information pour renseigner les entreprises sur les négociations et former les exportateurs et les conseillers sur les questions liées à l'OMC.

    Tatyana Zhdanova, Chef, Département des
    relations économiques extérieures, Union des
    Chambres de commerce et d'industrie,
    Bishkek, Kazakhstan
    Facilitatrice nationale de World Tr@de Net



    Kenya: comment appliquer les engagements de Doha?

    Voici les principales interrogations et préoccupations exprimées par les participants lors de la réunion du JITAP au Kenya.

    • Comment sera appliquée la recommandation de la Déclaration ministérielle de Doha concernant l'assistance et le renforcement des capacités?
    • Lors des négociations de l'OMC, comment favoriser l'accès aux médicaments existants et aux soins, et faire connaître la nécessité de recourir plus à la médecine traditionnelle, voire de faire de la recherche dans ce domaine?
    • La soudaine imposition de restrictions sur des marchandises en provenance des pays en développement a sérieusement diminué le revenu d'un grand nombre de Kényens.


    Plusieurs mesures ont été suggérées pour apporter une solution.

    • Dénoncer les représailles commerciales, faire pression pour éliminer les subsides à l'agriculture, et publier des articles sur la position que le pays doit adopter.
    • Lancer des initiatives ambitieuses, par les institutions représentant le secteur privé, pour informer sur les questions d'intérêt majeur et pour faire des recommandations directrices à la Commission nationale sur l'OMC, rénovée dans le cadre du JITAP.
    • Intégrer le secteur privé, aux niveaux national et international, aux débats sur le commerce multilatéral.


    Propos recueillis parmi les participants au JITAP
    et résumés par Anant Vijay, Chef,
    Bureau pour l'Afrique et les PMA, CCI



    Népal: une voie rapide pour les PMA?

    Le Népal a fait une demande d'adhésion au prédécesseur de l'OMC, le GATT, en 1989 déjà. En 1997, cette demande a été dirigée à l'OMC. Cette accession va probablement prendre effet après la seconde phase de négociations avec le Groupe de travail, prévue fin 2002.

    Les milieux d'affaires népalais sont vivement intéressés par ce processus, notamment par les conditions d'accès des PMA. Ils sont préoccupés par le fait qu'aucun des PMA n'a pu accéder à l'organisation depuis sa création en 1995. C'est pourquoi ils ont expressément invoqué la voie rapide d'accession des PMA mentionnée dans la Déclaration ministérielle de Doha.

    Les autres préoccupations sont notamment les engagements pris par les membres de l'OMC pour un traitement spécial, les concessions durant la période de transition, l'assistance technique liée au commerce et le renforcement des capacités, et l'amélioration de l'accès au marché promis par le Programme de Doha pour le développement en vue d'accéléré la participation des PMA au système commercial multilatéral.

    Bijendra M. Shakya, Maître assistant
    en commerce international,
    Shanker Dev Campus Tribhuvan University,
    Kathmandou, Népal
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Nicaragua: la voix du secteur privé

    Le Centre pour les exportations et l'investissement du Nicaragua, qui s'occupe de la promotion, de l'augmentation et de la diversification des exportations, recherche l'information indispensable pour les milieux économiques s'ils veulent se positionner sur les marchés internationaux. Être membre de World Tr@de Net signifie l'accès à cette information pour les entreprises nicaraguayennes.

    Ainsi, une fabrique de caramels a pu porter plainte auprès du Ministère de la promotion de l'industrie et du commerce contre une compagnie étrangère soupçonnée de faire du dumping. Après une enquête dans le pays d'origine confirmant les soupçons de dumping, le ministère a appliqué un droit antidumping. La connaissance des mesures en vigueur dans le commerce international a aidé cette entreprise à survivre sur le marché.

    Ana Cecilia de Peñalba, Administratrice,
    Services d'information commerciale,
    Centre pour les exportations et l'investissement,
    Managua, Nicaragua
    Facilitatrice nationale de World Tr@de Net



    Pakistan: activités autour des ADPIC

    Un des secteurs préoccupés par le régime de l'OMC est l'industrie pharmaceutique, qui conçoit l'Accord sur les ADPIC (et le régime de brevets) comme une grave menace.

    Récemment, à la suite d'un séminaire, un participant, soucieux de ce qui va se passer après 2005, nous a interrogés à propos de World Tr@de Net et de ses activités au Pakistan. Il a tout de suite décidé de se joindre à ce réseau, aussi bien pour en profiter que pour y contribuer. Des discussions ultérieures avec lui puis avec les dirigeants du secteur nous ont conduits à organiser une réunion spéciale concernant l'Accord sur les ADPIC et ses incidences sur l'industrie pharmaceutique au Pakistan. Elle servira de point de départ pour les activités du réseau dans le pays, les entreprises ne se limitant pas à soutenir cette initiative mais cherchant en outre à y participer.

    Mohammad Saeed Akhtar, Président,
    Initiative pour le commerce international,
    Lahore, Pakistan
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Philippines: sondage au sein des milieux d'affaires

    Aux Philippines, les membres de World Tr@de Net se sont réunis en février 2002, lors du forum «Formuler une réponse au nouveau cycle de négociations commerciales». À cette occasion, la Déclaration ministérielle de Doha a été examinée.

    Nous avons ensuite effectué un sondage parmi les entrepreneurs de différentes provenances. Les membres du réseau sont en train d'élaborer un CD-ROM d'appui à la formation, qui contient une présentation en vue de séminaires et des références sur le Programme de Doha pour le développement destinées aux milieux économiques, gouvernementaux, académiques ou même à la société civile.

    Un séminaire intitulé «Comprendre les mesures sur l'accès au marché pour les PME» est prévu en complément des Interactive TradeMaps et Market Access Maps du CCI, pour assurer une bonne compréhension de la communauté des affaires.

    Cette année, un de nos membres va faire une offre auprès du Programme de coopération et d'intégration économique Asie-Pacifique, financé par l'Agence canadienne de développement international et la Fondation Asie-Pacifique du Canada. Cela nous permettra de mettre sur pied d'autres séminaires sur le Programme de Doha.

    Allan Reyes, Chef,
    Division de la planification, Centre philippin de
    formation commerciale, Pasay City, Philippines
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Swaziland: identifier les lacunes

    À l'issue d'un débat entre les membres du réseau sur les objectifs de World Tr@de Net, nous avons déterminé quelles sont les faiblesses du système, par exemple l'absence d'une politique commerciale durable au Swaziland. Le dialogue a informé les membres sur l'importance de coordonner nos efforts avec des pays partenaires de la région. Il y a peu, des discussions et échanges ont eu lieu avec les pays du MERCOSUR sur la création d'une zone de libre échange.

    Rechi Dlamini, Économiste,
    Mhlume Sugar Company, Mhlume, Swaziland
    Facilitateur national de World Tr@de Net



    Ouganda: éduquer les partenaires

    Voici les inquiétudes à propos du Programme de Doha pour le développement relevées parmi les participants au JITAP en Ouganda.

    • Le maintien de clauses garantissant un traitement spécial et différencié pour les pays en développement.
    • La mise en œuvre des articles de l'Accord sur l'ADPIC concernant le transfert de technologie.
    • La protection des médicaments traditionnels à base de plantes par des brevets.
    • La protection du secteur des services en accordant aux PMA une plus grande flexibilité pour prendre des mesures de sauvegarde d'urgence.
    • Sensibiliser la communauté des affaires et apporter une formation en profondeur aux fonctionnaires pour améliorer leurs conseils.


    Quelles mesures sont-elles prises à cet effet? Des séminaires de formation sur l'OMC ont lieu dans tout le pays. La Commission nationale sur l'OMC, mise sur pied par le JITAP et dans laquelle le secteur privé est bien représenté, se réunit régulièrement. Un dialogue concernant l'OMC a aussi lieu entre la Chambre nationale de commerce, des associations économiques et les fonctionnaires.

    Propos recueillis parmi les participants au JITAP
    et résumés par Anant Vijay, CCI



    Ces extraits ont été recueillis et compilés par Peter Hulm, Peter Gallagher et Natalie Domeisen.

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