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    Le point de vue de la base : Aider les petites entreprises à intégrer l'électronique à leurs affaires

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2003

    Les stratégies nationales doivent être concentrées sur les véritables problèmes auxquels les petites entreprises sont confrontées concernant l'électronique, de sorte qu'elles puissent bénéficier des technologies de l'information et de la communication.

    Il faut faire connaître les bénéfices et l'efficience que les technologies de l'information et de la communication (TIC) peuvent apporter aux pays en développement. Cela est particulièrement vrai pour le développement économique et pour la croissance des PME, moteurs de la croissance de ces pays. Stimuler le secteur des PME est une stratégie judicieuse parmi les efforts des gouvernements en vue de donner des possibilités aux plus nécessiteux, surtout dans l'optique toujours plus évidente de faire participer les entreprises à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté.

    Dans le monde en développement, les PME forment souvent la colonne vertébrale du secteur privé, créant des emplois et constituant une base fiscale pour les gouvernements locaux qui, à leur tour, contribuent aux revenus lorsqu'ils améliorent infrastructures, écoles et hôpitaux. Ce sont le plus souvent les PME qui offrent des emplois aux millions de pauvres dans le monde.

    Les promesses du commerce électronique

    Il semblerait que les petites entreprises aient besoin d'un bon plan financier ou d'un capital de lancement plutôt que d'acquérir des ordinateurs, et que leurs préoccupations ne soient pas les TIC; pourtant, à l'heure actuelle, la société de l'information exige que la plupart d'entre elles aient intégré un certain niveau de connaissances dans ce domaine. Les entrepreneurs qui font appel aux TIC peuvent être plus efficaces en affaires et toucher des marchés auparavant inaccessibles.

    De nombreux pays en développement n'arrivent pas à mettre en place et à maintenir un environnement propice à l'épanouissement des PME et à l'usage des TIC. Le manque d'infrastructures de base, que ce soient les routes et l'électricité ou la téléphonie et l'accès à l'internet, est un obstacle évident et souvent insurmontable. De la même manière, le cadre légal et réglementaire d'un pays stimule ou entrave l'activité des petites entreprises et l'expansion des TIC.

    D'un côté, nous avons le cas où les entreprises dépendent des technologies ou des infra-structures limitées par les lois et règlements, comme ceux qui contrôlent ou interdisent l'utilisation de technologies impliquant les satellites, les communications sans fil ou la voix sur IP. De l'autre, il y a les compagnies fondées sur les TIC qui sont gênées par des politiques fiscales ou douanières qui limitent le commerce international par le biais des technologies informatiques ou des services liés aux TIC.

    Dans des secteurs où les lois et règlements ne recouvrent pas l'usage des TIC, les entrepreneurs se trouvent en zone d'incertitude, au lieu de bénéficier de règles transparentes et fiables. Dans le secteur de la santé par exemple, les firmes qui utilisent les TIC ont besoin de lois adaptées pour la protection des données et de la confidentialité pour gérer le traitement électronique de leurs données.

    Rendre l'accès possible

    Pour que les PME puissent concrétiser l'accès au commerce électronique, les TIC nationales et les stratégies de développement par l'électronique doivent couvrir un large éventail de domaines et être effectivement appliquées à long terme. C'est ce que Bridges.org considère comme l'accès réel aux TIC.
    • Infrastructures. Le commerce électronique devient une réalité uniquement s'il existe un accès physique aux TIC adapté aux nécessités des entreprises et aux conditions locales dans lesquelles elles fonctionnement.
    • Accessibilité. Les TIC doivent être financièrement accessibles, de sorte que les PME puissent s'en servir ou les acquérir dans la situation économique locale.
    • Formation. Le personnel des PME doit être capable d'exploiter les possibilités des TIC pour améliorer ses activités, et doit être formé en vue de leur utilisation réelle.
    • Adaptabilité. Les applications, le contenu et les services proposés aux PME doivent être adaptés à leurs activités, surtout en ce qui concerne la langue.
    • Intégration. L'usage des technologies doit s'intégrer aux activités des entreprises, de manière qu'elles y recourent plus rapidement, plus facilement et à meilleur prix, et non représenter une charge supplémentaire.
    • Sécurité. Les PME doivent comprendre les dangers qu'elles courent lorsqu'elles se servent de l'électronique, ainsi que leurs responsabilités liées à la protection des données et à la confidentialité; elles doivent faire appel aux outils de sécurité.
    • Cadre légal. Les gouvernements doivent adopter des mesures macroéconomiques et mettre en place un cadre légal et réglementaire de manière à faciliter l'emploi des TIC pour les PME.
    • Culture. Il faut éliminer les facteurs socioculturels qui peuvent décourager l'usage des TIC pour les PME, soit en raison du sexe, de l'âge ou d'autres facteurs.
    Le commerce international n'est qu'un des problèmes abordés plus haut. La plupart des PME des pays en développement sont confrontées à beaucoup d'obstacles et ne sont pas préparées pour le commerce international. Nombreuses sont celles qui en sont encore à se battre pour acquérir les bases des TIC, sans songer aux possibilités du commerce électronique. Mettre l'accent sur l'emploi des TIC dans le cadre du commerce national serait une bonne façon pour développer les marchés internes et créer une masse critique pour l'utilisation des TIC dans les affaires.

    La confiance est primordiale

    Gagner la confiance des marchés internationaux est l'une des difficultés majeures, car les clients et partenaires à l'étranger doivent pouvoir compter sur les PME avec lesquelles ils sont en relation d'affaires, ainsi que sur leurs systèmes de transaction. Pour ce faire, un fort engagement de la part des autorités est nécessaire. La solution peut être la mise en place d'intermédiaires qui agissent comme facilitateurs, messagers et garants, et pourraient aussi conseiller et soutenir les PME locales. Ces intermédiaires peuvent être issus d'entreprises de la place reconnues avec de bons résultats financiers, de chambres de commerce locales ou nationales ou d'organismes de développement de l'État.

    Les indicateurs de réussite

    Dans le commerce électronique, mesurer la réussite est important non seulement pour démontrer le concept de viabilité, mais aussi pour encourager l'engagement tant des autorités et que des PME. Les indicateurs incluent l'augmentation du nombre de PME qui pratiquent le commerce électronique, le nombre d'intermédiaires de confiance et l'établissement d'accords de commerce électronique bilatéraux et multilatéraux entre pays industrialisés et en développement.

    Sensibiliser

    La participation des pays en développement sur les places de marché interentreprises ne se produira pas tant que les entrepreneurs de ces pays ne comprennent pas tout ce que les TIC et le commerce électronique peuvent leur apporter.

    Les responsables politiques et stratégiques doivent connaître les difficultés propres aux PME des pays en développement. Ils doivent obtenir de la documentation dans les langues locales. La question de genre doit être résolue; dans maints pays en développement, les femmes apparaissent comme des leaders en matière de TIC, et des débats et campagnes de sensibilisation doivent être pris en compte. Une approche globale va également tenir compte des us et coutumes locaux.

    Au final, alors que les TIC dotent les PME du potentiel pour être compétitives sur les marchés internationaux, le manque d'infra-structures et des régimes prohibitifs empêchent le progrès. La sensibilisation favorisera des stratégies efficaces d'encouragement visant le commerce électronique de façon à résoudre les problèmes des PME.


    Teresa Peters est Directrice exécutive de Bridges.org, organisation internationale sans but lucratif sise au Cap, en Afrique du Sud. Bridges.org a pour mission de promouvoir le bon usage des TIC dans les pays en développement en vue d'améliorer le bien-être des populations; elle œuvre, au niveau politique, par la promotion de mesures et de lois favorisant la diffusion des TIC et, au niveau de la base, afin d'aider la population à comprendre les TIC et leur utilité pratique. Pour plus d'information, veuillez contacter Mme Peters (tmpeters@bridges.org) ou consulter le site de l'organisation (http://www.bridges.org).


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