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    Le nouveau Directeur général de l'OMC s'exprime

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2002

    Le Dr Supachai Panitchpakdi, nouveau Directeur général de l'OMC.

    Le nouveau Directeur général de l'OMC s'est exprimé lors du Forum exécutif du CCI sur les stratégies nationales d'exportation.

    Des négociations inédites sur le commerce mondial sont en cours, c'est le Programme de Doha pour le développement. Cependant, s'il est bon de conclure des accords commerciaux, il faut qu'ils soient utiles et pragmatiques. Les pays doivent inviter à participer les secteurs public et privé, pour les préparer à se servir de ces accords. Vu leur complexité, une telle coopération sera de plus en plus nécessaire à l'avenir.

    Les pays ont besoin d'assistance technique pour rendre ces accords viables. Le CCI a œuvré pour intégrer pleinement le secteur privé aux activités commerciales, pour aider les gouvernements à créer une symbiose entre les secteurs public et privé. En effet, la bonne coopération entre ces secteurs est essentielle pour qu'une stratégie d'exportation réussisse. J'appuie pleinement le CCI et le tiens en haute estime pour la qualité et l'efficacité de ses programmes. Le Forum exécutif, dont l'un des objectifs est de vous doter de la capacité de mettre en œuvre vos propres stratégies est éminemment utile, en voici quatre raisons.

    Incertitude

    En premier lieu vient la condition économique mondiale. Selon le rapport World Economic Outlook, publié par le Fonds monétaire international, nous allons au-devant d'une situation pleine d'incertitude. Les Bourses ne vont plus connaître les résultats des années 1990, nous constatons une croissance anémique dans des économies importantes et il faudra du temps pour que les changements structurels produisent une croissance durable. En outre, il faut nous préparer à des surprises, à des risques géopolitiques.

    Nous devons repousser toute tentative de retour au protectionnisme. Il faut aussi réconcilier nos différences et résoudre nos désaccords de manière pacifique pour permettre l'épanouissement du commerce.

    Le Programme de Doha pour le développement

    En second lieu, le Programme de Doha pour le développement va traiter de questions récentes ou déjà connues, plus ou moins controversées. L'une d'elles se rapporte aux services; elle n'est pas nouvelle, mais c'est la première fois que nous examinons de fond en comble l'engagement des pays dans ce secteur d'activité.

    Pourquoi est-il si important de déterminer votre stratégie fondamentale concernant les services? Parce que, dans ce secteur, le taux de croissance est plus élevé que pour les marchandises, qu'il s'agisse du commerce ou de la production. La Banque mondiale estime que, si l'on diminuait de moitié les obstacles dans le secteur des services, cela multiplierait par cinq les gains obtenus par l'abaissement des barrières douanières dans le secteur des marchandises. Dans les pays industrialisés, les services se montent à 70% du PIB, alors que dans les pays en développement ils s'élèvent entre 40% et 50% et sont en augmentation. Le secteur des services pourrait représenter un élément essentiel de la croissance.

    Partenariats public-privé

    En troisième lieu, les négociateurs ont besoin d'être informés par le secteur privé, avant d'entamer les pourparlers commerciaux, de sorte qu'ils puissent analyser les conséquences que leurs gouvernements devront gérer. Cela vaut la peine d'impliquer le secteur privé dès le départ. Comprendre les règles et connaître le sujet sont des données essentielles à la réussite des négociations, afin que chaque pays puisse en transposer les résultats dans sa propre stratégie nationale.

    Structurer le commerce

    Enfin, le quatrième point en considération est la coordination. Si nous voulons structurer les échanges en vue de planifier l'économie et de faire du commerce un instrument de développement, nous devons coordonner les actions, entre les agences et à l'intérieur de chaque pays. À cet effet, l'OMC, le CCI et la CNUCED devraient toujours travailler ensemble.

    Le Dr Supachai Panitchpakdi est Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cet article se fonde sur les remarques qu'il a émises lors du Forum exécutif du CCI sur les stratégies nationales d'exportation (25-28 septembre 2002).

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