•  home fr
  •  

    Le commerce de la musique numérique: La technologie a changé l'univers de la musique mondiale.

     

     
     
    Forum du commerce international - No. 3/2009

    © ITC/M. Labbé

    Les nouvelles technologies ont bouleversé le marché mondial de la musique. L'avènement des réseaux numériques en tant que nouveaux modes de promotion et de distribution a entraîné une baisse inégalée des investissements liés à la production, la commercialisation et la distribution de musique, offrant ainsi aux petites maisons de disque une occasion unique de proposer des produits abordables aux consommateurs.

    Mais le piratage prospère toujours du fait de méthodes de distribution archaïques et onéreuses, qui tranchent avec la situation des pays en développement où circulent des copies pirates en grand nombre et peu onéreuses. Les profits sont donc sporadiques et dépendent largement des concerts, même si l'industrie musicale contribue fortement aux chiffres de l'emploi et du PIB.

    Comme le précise Daba Sarr, coordinateur du Bureau export de la musique africaine (BEMA) à Dakar, Sénégal, "Soit les artistes africains signent un contrat avec les grands labels européens ou américains, soit ils se battent pour se faire remarquer et vivre de leur musique." Les "musiques du monde" représentent jusqu'à 10 pour cent du marché mondial de la musique enregistrée pour une valeur estimée entre $E.-U. 875 millions et $E.-U. 1,75 milliard. La musique enregistrée compte pour près d'un quart de l'industrie musicale à l'échelle mondiale (musique enregistrée et concerts inclus), soit environ $e.-u. 130 milliards.

    Même s'ils donnent vie aux musiques du monde, les pays en développement disposent rarement des capacités de production et de promotion qu'attendent les stars montantes. En conséquence, les recettes passent souvent par les maisons de disques européennes et américaines, sans réelles retombées financières pour les pays d'origine. Et la situation vaut également pour le monde numérique, où les ventes de musique en ligne assurent une source de revenus croissante à l'industrie musicale - mais surtout dans les pays développés.

    Selon la Fédération internationale de l'industrie phonographique (IFPI), en 2008, plus de 500 services de musique en ligne ont été répertoriés dans 50 pays; ils ont généré plus de $E.-U. 3,7 milliards de ventes globales. Mais seulement 8 pour cent des services en ligne identifiés par l'IFPI sont hébergés dans les pays en développement. Plus positivement, les artistes et les sociétés de musique commencent à explorer l'Internet pour combler la perte de revenus générés par les sources traditionnelles.

    Ainsi, Mali K7, maison de production musicale malienne (www.mali-music.com), a fait face ces dernières années à une baisse de revenus due au piratage musical. Avec l'effondrement des revenus sur le marché intérieur, Mali K7 ne pouvait espérer survivre grâce aux maigres exportations de CD vers des boutiques spécialisées, surtout françaises. Elle a pris conscience que l'avenir de la profession passait par les services de musique en ligne et a commencé à vendre des pistes numériques via des plates-formes européennes, telles que www.mondomix.com. "Nous travaillons avec des entreprises européennes de musique en ligne; c'est un marché de niche et nous aimerions proposer ces pistes sur notre site Internet mais nous n'avons pas la technologie, l'investissement et la formation pour nous aventurer dans ce secteur," selon P. Berthier, Directeur général de Mali K7.

    Les producteurs d'autres pays en développement sont tous confrontés aux mêmes problèmes et lorgnent vers l'Internet dans le même espoir. "Nous possédons des archives d'enregistrements ethnographiques de musique tadjike qui intéresseraient des amateurs de musique, notamment aux États-Unis, mais nous n'avons pas la technologie pour les mettre sur Internet," dit Sayfiddin Nazarzoda, Directeur de l'Institut Rudaki au Tadjikistan.

    En Jamaïque, le problème est un peu différent. Alors que la musique jamaïcaine est celle qui a la plus forte identité de marque parmi les musiques du monde, elle n'essaie pas d'exploiter Internet. "Il n'y a pas d'ajout de valeurs dans l'industrie musicale jamaïcaine. Nous estimons qu'Internet peut faire bouger les choses, C'est comme un fruit à portée de main que nous n'avons pas encore cueilli" déclare Lisa Bell, Vice-Présidente de l'Organisation jamaïcaine de promotion du commerce.

    L'ITC resserre l'écart entre les gains réels et potentiels de la musique en ligne dans les pays en développement en identifiant des façons simples et peu onéreuses d'exploiter le potentiel de distribution du contenu numérique via le marketing en ligne et les solutions de e-commerce efficaces. L'opportunité commerciale est trop prometteuse pour qu'on l'ignore. 

    Pour plus d'information, veuillez contacter Martin Labbé àlabbe@intracen.org


recherche