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    La capacité nationale pour augmenter les exportations

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/1999 

    Lors de la 3e Conférence ministérielle de l'OMC (tenue du 30 novembre au 3 décembre 1999 à Seattle), le Président des États-Unis Bill Clinton a invité les dirigeants de plusieurs organisations multilatérales à partager leurs opinions sur la façon dont les agences devraient aider les pays les moins avancés à mettre sur pied une capacité nationale en vue de bénéficier de la libéralisation du commerce. Ce texte résume le point de vue de J. Denis Bélisle, Directeur exécutif du CCI.

    En dehors des problèmes d'approvisionnement - qui ne trouveront solution qu'avec le temps et grâce à de substantiels investissements -, le CCI soutient qu'une assistance technique ciblée et pratique destinée aux petites et moyennes entreprises exportatrices peut produire d'importants effets. Cette assistance technique devrait viser trois domaines:

    • assurer que la communauté des affaires des pays en développement comprenne les règles de l'OMC et les droits et obligations nationaux qui en découlent;

    • élaborer des stratégies nationales d'exportation;

    • renforcer les connaissances et compétences nationales à l'exportation.

    Comprendre les règles de l'OMC 

    Une connaissance approfondie des règles de l'OMC est très rare dans les pays en développement, surtout dans les PMA. Quelques experts se trouvent parfois parmi les dirigeants, dans des associations professionnelles ou dans les universités. Pourtant, il faut y recourir systématiquement, et développer et encourager cette connaissance; il faut pour cela aller au-delà du schéma courant des séminaires de deux jours menés par des experts internationaux. À l'heure actuelle, le CCI met en œuvre une approche destinée à créer et à former un réseau d'experts nationaux dans tous les secteurs clés. Ainsi, il s'occupe de:

    • former des experts nationaux et encourager le dialogue entre les conseillers du secteur public, les agents du secteur privé et les centres de formation académique;

    • aider ces acteurs à s'organiser en réseaux nationaux et régionaux, et à utiliser l'internet pour établir des liens entre eux et avec l'OMC et le CCI;

    • recourir à la technologie afin de les familiariser avec des références pratiques et du matériel de formation tel que le Business Guide to the World Trading System;

    • former ces experts pour qu'ils forment à leur tour d'autres personnes à la compréhension des règles de l'OMC au sein de la communauté des affaires et dans le gouvernement.

    Le CCI entreprend à ce jour ce type d'activités en collaboration avec l'OMC et la CNUCED dans huit pays d'Afrique (pour plus d'information sur le JITAP, voir Forum No 2/1999). Dès le début de l'an 2000, le CCI va lancer un programme d'envergure pour d'autres pays en développement, il s'agit de World Tr@de Net. Des discussions préliminaires sont en cours avec l'Institut de la Banque mondiale pour pouvoir bénéficier de leur programme de formation à distance dans ce cadre précis.

    Les stratégies nationales d'exportation 

    Pour que les pays en développement puissent profiter au mieux des règles de l'OMC, leurs effets doivent être liés à des produits et à des marchés spécifiques. Cela signifie que les secteurs public et privé doivent travailler ensemble dans le dessein d'élaborer des stratégies nationales d'exportation qui tirent parti du nouveau système des échanges et de mettre sur le marché de nouveaux produits.

    Pour ce faire, les pays en développement ont besoin d'appui. Il y a peu, le CCI a organisé un séminaire de trois jours sur ce sujet à Annecy, en France, où des représentants des organismes de promotion commerciale de 22 pays ont débattu sur ce qui fonctionne ou non pour les stratégies à l'exportation. Les participants des pays en développement ont clairement exprimé leurs besoins et leurs espoirs d'assistance technique dans ce domaine.

    L'aptitude à exporter 

    Enfin, les exportateurs doivent être préparés pour améliorer leur compétitivité, la gestion de la qualité, s'occuper des domaines de l'emballage, des aspects juridiques des échanges internationaux, du développement des ressources humaines, de la diversification et la commercialisation des produits et traiter efficacement l'information commerciale. C'est précisément de quoi s'est chargé le CCI depuis 35 ans. Nous sommes persuadés que cette manière pratique de construire la capacité nationale est plus que jamais nécessaire. La difficulté consiste à trouver des ressources financières pour œuvrer.

    Comprendre les règles de l'OMC, établir des stratégies nationales d'exportation et augmenter l'aptitude à exporter sont les trois points cruciaux sur lesquels il faut se concentrer lors de la construction des capacités nationales. Le CCI est convaincu que ces domaines ouvrent des possibilités prometteuses en vue d'augmenter les exportations et de créer des emplois dans les pays en développement.


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