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    Exportations: les succès, comment faire de l'exception la règle

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001

    Comment les firmes des PMA peuvent-elles tirer un plus grand profit de la croissance accélérée du commerce mondial? Que peut-on faire pour que les réussites dans les exportations de certains PMA se banalisent?

    Comme le Directeur exécutif du CCI, M. J. Denis Bélisle, l'a remarqué lors de la Conférence mondiale des organismes de promotion du commerce tenue à Marrakech l'an dernier (voir Forum N° 4/2000, p. 4), la promotion commerciale, en l'absence d'un contexte national compétitif au niveau international, serait vaine. De la même manière, selon certains analystes, le manque d'accès au marché international est ce qui empêche les entreprises des PMA d'agir dans le jeu des exportations, mais ce n'est pas le seul problème. En ce qui concerne bien des questions de politiques, les PMA se trouvent derrière les nations en développement les mieux placées.

    Les gouvernements des PMA ainsi que les associations sectorielles et autres institutions de développement des affaires peuvent jouer un rôle de premier ordre s'ils mettent en place un environnement favorable aux exportations. La 3e Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés a émis un Plan d'action pour les autorités afin qu'elles surmontent la difficulté dans la décennie commencée. Des pays comme la Norvège, qui a aidé le CCI à financer la Table ronde des milieux d'affaires, ont pris les devants pour amener la question de l'environnement favorable au centre du débat.

    Qu'est-ce qu'un environnement favorable? Il comprend des mesures politiques intérieures et des stratégies à l'exportation solides, une infrastructure adéquate, la prestation de services d'appui au commerce effectifs et un soutien aux entreprises ciblé. En ce qui concerne les mesures politiques, les facteurs favorisant l'action incluent un environnement macroéconomique stable, des échanges et des règles sectorielles orientés vers l'extérieur, une stratégie relative à l'investissement étranger dynamique, un investissement durable dans le facteur humain, un soutien technique complet pour les PMA, l'accès au financement industriel à des taux d'intérêt compétitifs et une infrastructure efficace et raisonnable couvrant tout, des services de transport à l'accès à l'internet.

    En d'autres termes, les PMA doivent examiner tout ce qui touche la production s'ils veulent augmenter leur compétitivité. Ils doivent faire des démarches qui contribuent à améliorer la productivité, la qualité, la conformité aux normes internationales, la conception, l'emballage, etc.

    Les stratégies à l'exportation

    Les opinions divergent quant à l'importance des stratégies à l'exportation, mais un consensus se dessine sur ce qu'elles devraient viser.

    - Identifier les secteurs prioritaires.

    - Réduire les obstacles de ces secteurs.

    - Coordonner des actions au sein d'un réseau national des ministères gouvernementaux, des firmes, des associations, des universités et autres agents susceptibles d'améliorer le contexte et les services liés au commerce.

    Dans les PMA un effort doit être fait pour déterminer les secteurs prioritaires, élaborer les stratégies par secteur puis les stratégies nationales d'exportation. Celles-ci doivent être préparées par les intéressés issus des secteurs public et privé, en engageant un processus participatif et interactif.

    Les faiblesses de l'infrastructure

    Dans de nombreux pays en développement, les faiblesses au niveau de l'infrastructure nationale de base (transports, services publics, télécommunications) représentent des empêchements majeurs pour l'investissement et les opérations. Elles affectent vraiment les coûts et la continuité de la production ainsi que la qualité des produits. Les PMA et leurs partenaires de développement doivent identifier les besoins les plus criants en infrastructure utiles au commerce et les revendiquer en priorité.

    L'appui au commerce

    Les services d'appui au commerce constituent un apport indispensable pour créer un contexte favorable.

    À l'heure actuelle, les institutions d'appui au commerce sont supposées en faire beaucoup plus que les organismes de promotion commerciale les plus scrupuleux, et elles sont plus efficaces si elles fonctionnent en réseau pour apporter toute la gamme de services aux entreprises à disposition pour appuyer le développement des exportations. Elles proposent des services concernant l'information sur le marché, la formation, la gestion de la qualité et des normes, le financement à l'exportation, l'emballage, l'amélioration de la structure industrielle, la promotion de l'investissement direct étranger (IDE) et le développement de pôles de développement, l'évaluation comparative et d'autres services promotionnels. Dernièrement, on a constaté un rééquilibrage: les activités offshore reviennent sur place et des programmes plus adaptés sont proposés, ce qui maximise les synergies par le biais de réseaux. Ces mesures concernent l'appui aux PME.

    Dans les PMA, les institutions de services d'appui au commerce sont faibles et incapables de répondre aux nouvelles tâches et aux besoins changeants des exportateurs. L'assistance technique devrait s'occuper des exigences propres aux services d'appui au commerce les plus urgentes et contribuer au renforcement des capacités au niveau institutionnel.

    Appuyer la compétitivité des exportateurs

    La question se pose également de savoir si les programmes devraient être conçus pour résoudre les difficultés à l'intérieur de l'entreprise. En effet, certains facteurs au sein des sociétés locales ont nettement des répercussions sur la réussite des exportations. Des interventions au niveau de l'entreprise vont-elles néanmoins fausser le marché? Sont-elles durable, ou coûteuses?

    Dans les PMA, la raison majeure en faveur de l'intervention au niveau de la société est qu'elle servirait de catalyseur et permettrait d'accélérer le développement de la compétence et de la compétitivité. Les firmes ne devraient pas adopter seules des mesures en vue de développer la compétitivité à l'exportation.

    Laissées à elles-mêmes, certaines entreprises des PMA sont déjà en train d'acquérir ces qualités, mais pour la majorité d'entre elles le temps nécessaire à cela serait trop long, au vu de leur niveau de développement. Pour accélérer la croissance des exportations des PMA dans le contexte commercial actuel de grands changements, ces firmes ont non seulement besoin de mesures favorables aux exportations et d'un contexte stimulant, mais aussi d'un soutien systématique, afin de renforcer leur compétitivité.

    Les PMA très engagés

    Le CCI a élaboré récemment un index des institutions d'appui au commerce destiné à aider celles-ci dans l'analyse de leurs résultats sur la base de 12 facteurs identifiés comme critiques pour la réussite; il a révélé que le score des PMA était plus élevé que la moyenne des pays en développement (64,2 sur 100 pour les PMA, comparé à la moyenne de 62,8) en ce qui concerne l'engagement. Le problème majeur était de financer un tel engagement. Les institutions d'appui au commerce de huit PMA parmi les 28 participants montraient un financement plus bas: 19,2, comparé à 39,3 en général.

    Cet article a été élaboré par Peter Hulm et Natalie Domeisen à partir des résultats du Forum exécutif 1999, sur le thème Redéfinir la promotion des échanges commerciaux, et sur le développement des exportations dans l'économie numérique (2000), ainsi que ceux de la Table ronde des milieux d'affaires (BSRT) lors de la 3e Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (2001).

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