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    Et maintenant, où aller?

     

     
     
    L'avis de nos partenaires sur le Forum exécutif
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/1999

    Le point de vue du Népal

    Et maintenant où allons-nous? Sage question, surtout lorsque se termine la première étape d'un voyage. Avant de venir à Annecy, nombre d'entre nous pensions savoir exactement où nous allions. Cependant, le premier jour déjà, MM. Bélisle et Ricupero nous ont averti que désormais, pour ce voyage, les règles de la circulation avaient changé et la vitesse avait augmenté dangereusement.

    Si nous voulons bénéficier des tendances mondiales, nous devons les comprendre et commencer à bâtir nos propres capacités, c'est-à-dire, comme le professeur Blanc l'a expliqué, élever la capacité des organisations et mettre sur pied des institutions où se concentrent les connaissances, de manière qu'on puisse y avoir recours dans le futur et qu'elles créent de la valeur.

    La compétitivité n'est pas une option

    Ensuite vient la capacité de nos entreprises à entrer en lice. Les signes sont clairs. Si nos entreprises ne se préparent pas à se mesurer sur le marché mondial de l'exportation, elles seront rapidement balayées du marché interne également. Les petites entreprises doivent s'unir pour former des alliances stratégiques entre elles et avec des multinationales.

    La confiance dans les partenaires

    Il faut renforcer les capacités à tous les niveaux - public et privé, national et international - afin de travailler ensemble dans un cadre de partenariat et de confiance, comme l'a souligné M. Bélisle.

    La cohésion

    Autre enseignement à retenir: l'exportation n'est plus une activité isolée. Si nous voulons réussir dans ce nouvel environnement, nous devons progresser dans tous les domaines de notre économie, en harmonie et de manière intégrée. La politique de taxation, la fiscalité, l'investissement, la finance, le développement du savoir-faire ainsi que les autorités gouvernementales et les dirigeants des entreprises en font partie.

    Nous devons également toujours garder à l'esprit que la croissance des exportations et du volume du commerce n'est pas un but en soi, mais plutôt un moyen d'améliorer les conditions de vie du plus grand nombre de manière durable.

    De l'information au savoir

    L'avalanche d'informations disponibles et les progrès gigantesques de la technologie sont des phénomènes modernes. L'accès à l'information et à la technologie est toujours plus facile. Ce qui manque cependant, c'est notre aptitude à emmagasiner toutes ces connaissances, à adapter les techniques et à les employer de manière productive et profitable. C'est là qu'il faut concentrer nos efforts à l'avenir, surtout dans les pays en développement. La concurrence ne repose plus sur de bas prix et des coûts réduits. La concurrence se fonde à présent sur la qualité, les services, la valeur et l'existence de réseaux, autant de résultats de la mise en pratique des connaissances. De la même manière que la signification du commerce s'est étendue, le rôle des organismes de promotion commerciale et des associations sectorielles doit s'accentuer. Ils doivent stocker et fournir des informations actualisées aux entreprises; ils doivent se transformer en agents du changement pour élever les compétences par le biais de la formation tous azimuts.

    Les ressources

    Tous les participants avec lesquels j'ai discuté trouvaient que le point critique se situe au niveau des ressources. Une utilisation plus efficace des fonds est une option, mais nous devons aussi trouver de nouvelles façons d'attirer les ressources - associer par exemple des fonds de la Banque mondiale avec la vente de services aux membres, des occasions d'assistance technique et d'autres canaux, tout doit être explorer de manière approfondie.

    Les prochaines étapes

    Avec l'aide du CCI, les organisations de promotion des échanges et les chambres de commerce devraient réunir et diffuser les meilleures méthodes partout dans le monde. Pour soutenir les entreprises membres, elles peuvent aussi participer à des analyses de compétitivité et à des tests d'évaluation des performances. Les organes de promotion commerciale peuvent devenir un point de rencontre où les acteurs du secteur privé, les chambres de commerce, les organismes gouvernementaux et les agences internationales vont créer des liens entre eux. Les organisations de promotion du commerce doivent considérer toutes les entreprises nationales comme de potentiels exportateurs ou fournisseurs de firmes exportatrices.

    Padma Jyoti est Vice-Président de la Chambre du commerce et de l'industrie, Association de l'Asie du Sud pour la coopération régionale; e-mail:pjyoti@himal.mos.com.np

    Le point de vue du Costa Rica

    Par Eduardo Alonso

    Les discussions ont montré que les défis à venir sont très différents de ceux que nous connaissons. Des questions telles que la mondialisation, les Accords de l'OMC et la tendance à uniformiser les règles commerciales influencent sans aucun doute les activités que les organismes de promotion des échanges mettent sur pied.

    Les chaînons manquants

    Plusieurs exemples de stratégies nationales d'exportation nous ont été présentés. À mon avis, beaucoup de pays en développement ne possèdent pas de stratégie d'exportation claire et globale. Ils n'ont que des programmes de stabilisation macroéconomique et de libéralisation commerciale. Ce n'est pas suffisant pour mettre en valeur les capacités d'un pays en vue de réussir sur la scène économique mondiale, où intervient la véritable concurrence. Si l'on considère l'essentiel des programmes d'ajustement structurel - les politiques des prix, du commerce, fiscale et des finances publiques -, je pense que de grands progrès ont été faits concernant les politiques du commerce et des prix. Les mesures fiscales et traitant des finances publiques sont des tâches complexes, et elles nécessitent des réformes au niveau gouvernemental. De telles réformes englobent aussi la création d'institutions dans les secteurs public et privé.

    Mais, dans les pays en développement, où sont les compétences institutionnelles pour mettre en valeur les liens? Où est l'approche «multi-agence» pour mener à bonne fin la compétitivité dans les exportations? Ces liens font souvent défaut, avec pour conséquence de rater des occasions d'améliorer sa compétitivité et de s'engager ainsi dans un développement durable.

    Les exportations à valeur ajoutée

    Promotion des exportations ne signifie pas subsides à l'exportation, mais plutôt promotion de la compétitivité.

    De plus, si nous parlons de pôles et de promotion des investissements dans un but commercial, il s'agit alors d'arriver à produire et à exporter de la valeur ajoutée. La valeur ajoutée, voilà la notion clé, car elle marque la différence et représente une façon d'être compétitif, de diversifier les exportations, d'augmenter le volume des échanges, bref elle constitue l'essentiel de toute stratégie de promotion à l'exportation. L'engagement du secteur privé est crucial; il doit apporter une énorme contribution. Cependant, ce secteur doit ne doit pas considérer uniquement les débouchés commerciaux pour lui-même; il doit participer à l'élaboration de mesures et de programmes destinés à améliorer les performances, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.

    Un processus lent

    Souvenons-nous que construire la compétitivité est un processus et que cela prend du temps, surtout parce qu'il s'agit de changer l'état d'esprit de nombreux acteurs. Mais nombreuses sont les raisons d'être optimiste.

    Le rôle du CCI Il y a trois domaines où le CCI peut développer ses activités à l'avenir.Le CCI devrait mener le débat sur le rôle des organismes de promotion du commerce à l'heure actuelle, avec pour toile de fond d'envisager systématiquement et stratégiquement la compétitivité.

    Le CCI, tout comme les autres organisations internationales, devrait réussir à déterminer des stratégies commerciales claires pour les pays en développement, y compris la mise sur pied du cadre institutionnel nécessaire à l'application de la stratégie.

    Le CCI pourrait aider les pays en développement à créer des sociétés d'exportation, et ainsi encourager la spécialisation et générer de la valeur ajoutée, tout en tenant compte des expériences nationales.

    Eduardo Alonso, Consultant en commerce international, a été Directeur général de l'agence Promotora del Comercio Exterior de Costa Rica; e-mail:ealonso@mail.ticonet.co.cr

    Le point de vue du Ghana

    Par Tawia Akayea

    On aurait pu penser que, avec la fin de la guerre froide, nous serions entrés dans un monde plus simple. Paradoxalement, il est devenu de plus en plus compliqué. Nous devons nous battre pour combler le fossé qui sépare les pays industrialisés des pays en développement.

    Un développement tourné vers l'exportation

    Le développement est un défi, et il doit être relevé grâce à une croissance accélérée des exportations.

    Au cours de ce Forum exécutif nous ont été donnés des exemples de réponses nationales réussies. Elles suggèrent que la croissance des exportations est une proposition viable. Nous avons estimé aussi que les liens institutionnels dans un pays sont essentiels, ainsi que ceux relatifs au commerce et à l'investissement à l'intérieur du pays et à l'extérieur, de même que les rapports avec l'industrie.

    Il existe des considérations nationales, des préoccupations propres aux entreprises, ainsi que des questions globales. Pourtant, en fin de compte, ceux qui connaissent le succès sont ceux qui sont parvenu à une compétitivité absolue, fondée sur un partenariat engagé du secteur public avec le secteur privé.

    Nous apprenons ici que les stratégies nationales d'exportation, surtout pour les pays en développement, requièrent la plus grande attention. Les organisations de promotion du commerce, en partenariat secteur public-secteur privé et grâce au soutien des agences multilatérales et de donateurs, peuvent jouer un rôle catalyseur dans le processus de développement grâce aux exportations.

    Les exportations sont essentielles au processus de développement. C'est pourquoi le travail des organisations de promotion commerciale ne devrait pas seulement être considéré comme justifié, mais bien comme fondamental aux efforts de développement stratégique de nos pays.

    Le rôle du CCI

    Le CCI tient un rôle important comme centre de ressources et point de référence des meilleures méthodes. Puisque le temps est un facteur essentiel du développement, la courbe d'apprentissage vers la capacité de promotion commerciale doit être inclinée. Il y a peu de temps pour l'expérimentation qui, de toute manière, est chère aussi. C'est la raison pour laquelle le CCI devrait viser les activités de collecte et de diffusion d'information par le biais de l'assistance technique et de campagnes d'information. Le CCI serait d'une grande utilité à ses partenaires et clients s'il accentuait ce rôle de centre de connaissances et comme défenseur de la promotion commerciale dans les pays en développement.

    À l'avenir, il serait bon de réfléchir sur «les besoins en ressources humaines pour une promotion du commerce efficace». Après tout, ce sont les gens qui font la différence.

    Tawia Akayea est Secrétaire exécutif du Conseil de promotion des exportations du Ghana; e-mail: gepc@ighmail.com


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