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    De nouvelles tâches pour les OPC: s'approprier le défi de la compétitivité

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 2/2002

    Lors de la conférence, M. J. Denis Bélisle s'est exprimé sur les nouveaux rôles des OPC.

    Au sein d'un environnement commercial turbulent, les innombrables occasions d'affaires vont trouver preneur grâce à l'intensité de la compétition. La position des acheteurs se renforce et la compétitivité des exportateurs devient toujours plus déterminante pour leur réussite. Dans ce contexte, les organisations de promotion du commerce des pays en développement et en transition doivent se recentrer sur la compétitivité pour mener les exportateurs de leurs pays vers le succès.

    Le monde des affaires a beaucoup changé ces dernières années, et tout indique que cela va continuer. Des contraintes pèsent sur les marchés.

    • Le cycle de négociations commerciales de Doha se met en place. Cela aura pour résultat une plus grande libéralisation du commerce tandis qu'apparaît une nouvelle dynamique commerciale et que se produit un changement inévitable dans les modèles établis.
    • Les marchés internationaux vont être de plus en plus influencés par les technologies de l'information et de la communication et deviendront plus spécialisés, plus sophistiqués, plus efficaces, enfin plus exigeants.


    La concurrence totale comme réponse

    Dans ce contexte, les gagnants sont ceux qui offrent la meilleure qualité, les prix les plus bas, la livraison la plus rapide et la plus grande flexibilité. Quelles sont alors les implications pour les organisations de promotion du commerce (OPC) des pays en développement et en transition? Elles vont devoir adopter une approche globale qui tient compte:

    • des questions nationales de développement des compétences et de la capacité d'exportation au sein de la communauté des affaires locale;
    • des questions de frontières telles que les points d'accrochage systémiques dans la facilitation commerciale qui augmentent les coûts, et
    • des questions extérieures de promotion et de développement des marchés, qui ont toujours été du ressort des OPC.


    Cette vision élargie du développement du commerce, fondée sur la compétitivité, doit remplacer celle qui tient compte uniquement du marché. Les OPC qui n'adoptent pas cette nouvelle approche auront dorénavant très peu d'influence sur les résultats à l'exportation et vont probablement connaître des échecs. Les temps changent et apportent de nouvelles tâches aux OPC du monde en développement: assurer que les résultats à l'exportation contribuent au développement économique global, en particulier à la réduction de la pauvreté.

    Des objectifs complémentaires

    La compétitivité et le développement sont des objectifs compatibles. Ensemble, ils assurent une amélioration durable des résultats à l'exportation, mais une telle compatibilité n'est pas automatique. C'est précisément la difficulté que les OPC nationales doivent surmonter. Qu'est-ce que cela signifie pour les responsables des OPC?

    • D'abord, elles doivent avoir une approche d'ensemble. Une approche du développement à l'exportation fondée sur la compétitivité nécessite que l'appui au commerce soit accessible à la communauté des affaires aux points critiques de la chaîne de valeur. Ce soutien doit permettre à l'exportateur de produire, de commercialiser et de livrer d'une manière plus concurrentielle. Il doit aussi être disponible aux nouveaux entrepreneurs, à ceux qui aspirent à exporter, ainsi qu'aux organisations non gouvernementales orientées vers l'exportation.
    • Puis elles doivent se spécialiser. Les services généraux contribuent dans une moindre mesure au renforcement de la compétitivité. Les services spécialisés y contribuent beaucoup.
    • Ensuite, l'éventail des services demandés et l'investissement que la spécialisation exige sont trop élevés pour une seule OPC. Pour soutenir la compétitivité à l'exportation au niveau national, il est nécessaire d'envisager plusieurs agences pour le développement des exportations, de sorte qu'elles forment un réseau national d'appui au commerce.
    • Elles doivent renforcer le réseau par des partenariats, tant à l'intérieur du pays qu'à l'étranger. Les cadres des OPC doivent renforcer le réseau par la mise en place de programmes conjoints en collaboration avec d'autres organismes d'appui au commerce spécialisés, si possible concentrés sur les besoins spécifiques des exportateurs.
    • Enfin, elles doivent se maintenir au-dessus des turbulences de l'environnement du commerce et être prêtes à s'adapter. Les OPC doivent évaluer leurs résultats et procéder aux ajustements nécessaires s'ils sont inférieurs aux prévisions.


    Ce sont de lourdes tâches. Depuis quelques années, le CCI s'est déjà engagé à ajuster ses propres activités aux difficultés que représente le nouveau contexte des affaires et il a appris quelques leçons en chemin. Les dirigeants d'OPC peuvent s'inspirer de cette expérience.

    Quatre suggestions aux OPC

    • Tout réseau a besoin d'un catalyseur et d'un coordonnateur. L'OPC nationale est la mieux qualifiée à assumer ces rôles et elle devrait être à l'avant-garde pour:

      • identifier les éléments d'une approche fondée sur la compétitivité pour développer les exportations;
      • déterminer les domaines où le commerce peut le mieux contribuer au développement économique global, et
      • créer un réseau d'appui au commerce national qui associe les secteurs public et privé au sein de partenariats; ce réseau devrait couvrir toutes les spécialités et tous les aspects de la chaîne de valeur des exportations.
    • Susciter une vision commune à tous les membres du réseau. Il s'agit de préparer une stratégie nationale pour le développement des exportations fondée sur une évaluation réaliste des possibilités d'exportation à moyen terme, des obstacles à l'obtention d'avantages compétitifs, et des points forts et des limitations des ressources des membres influents du réseau national d'appui au commerce. Il faut aussi développer la stratégie en coopération avec les autres membres du réseau, s'assurer qu'elle favorise le développement et qu'elle jouit de l'approbation politique.
    • Se positionner au centre du réseau. Cherchez à être le premier point de contact pour chaque exportateur, et concentrez-vous dans l'offre de trois services spécialisés: l'information commerciale, le conseil en exportation et les services de référence pratiques aux autres membres spécialisés du réseau.
    • Considérer le CCI comme un partenaire à part entière. Il peut en effet apporter une assistance importante grâce à ses outils stratégiques et d'appui à la compétitivité. Les TradeMaps, les programmes World Tr@de Net et E-Trade Bridge sont prévus pour renforcer les activités des OPC.


    Étendre les réseaux

    D'autres organisations de développement multilatéral telles que la Banque mondiale et les banques de développement régionales peuvent être d'une grande aide dans le processus de repositionnement des OPC. Le CCI les presse pour qu'elles incluent les OPC dans leurs efforts en vue d'intégrer le commerce au développement de l'économie nationale. Vers la fin des années 80, certaines agences de développement ont émis de vives critiques concernant les résultats des OPC de nombreux pays en développement. Dès lors, beaucoup de ces organismes sont devenus tout à fait performants. À l'heure actuelle, les OPC sont les garants du rôle du commerce en tant que moteur du développement.

    Le CCI considère toujours les OPC comme des partenaires et amis. Il se réjouit si les agences internationales rejoignent ces partenariats en vue d'assurer que les OPC puissent mettre en œuvre toutes leurs capacités en ces temps perturbés. Ce serait une erreur de les empêcher d'être parties prenantes de l'effort de développement.

    M. J. Denis Bélisle est Directeur exécutif du CCI. Cet article est extrait d'un discours prononcé lors de la 4e Conférence mondiale des OPC tenue à Beijing en mai 2002.

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