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    Création de Uniquely Slovenia grâce au modèle canadien

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 1/2002

    Un pays en développement ou en transition peut-il connaître des réussites telles que celles de Uniquely B.C. Creative Arts Show et Uniquely Canada Show? L'expérience slovène laisse penser que ce modèle est exportable: Barbara Mowat et son équipe ont aidé les collaborateurs commerciaux de Uniquely Slovenia à promouvoir leur artisanat dans le monde. Peter Hulm a interviewé Zdenka Kovac, Directrice du Centre de développement des petites entreprises (PCMG), en Slovénie, sur la genèse du premier salon du cadeau de Uniquely Slovenia tenu à Los Angeles, Californie, en juillet 2001.

    Propos recueillis par Peter Hulm

    Q Vous avez repris un modèle canadien pour aider les petites entreprises à se positionner sur les marchés internationaux. Comment cela a-t-il fonctionné en Slovénie?

    R Nous en avions assez des programmes de formation fondés sur des principes généraux de marketing, et je crois que les petits entrepreneurs ressentaient cela aussi. Ainsi, quand par hasard nous avons appris que le projet Uniquely B.C. avait eu du succès au Canada, nous avons décidé, au sein du Gouvernement, de tenter l'expérience en Slovénie. C'était précisément la première leçon: il fallait le soutien d'un nombre critique de personnes à ce niveau pour prendre cette décision et les risques subséquents.

    Q Quelle était la difficulté suivante?

    R Lorsque nous avons examiné la conception et la mise en œuvre du projet, la difficulté principale fut de trouver une organisation locale responsable. C'est ainsi qu'il fut décidé que le Centre de développement des petites entreprises serait le coordonnateur. Nous avons également invité des institutions privées liées à la promotion du commerce, de manière à atteindre un nombre suffisant d'équipes locales.

    Q Faire appel à quelqu'un venant d'Amérique du Nord a-t-il constitué un problème?

    R Le fait que Barbara Mowat vienne d'une région très développée a rendu le projet d'autant plus attrayant pour les petites entreprises slovènes. Ce fut le bénéfice principal de ce programme. Nous avons été critiqués par des soi-disant promoteurs nationaux qui prétendaient que nous n'avions nullement besoin de conseils extérieurs. À mon avis, et mon équipe est d'accord, c'était tout le contraire: nous étions persuadés qu'il était indispensable de disposer de l'opinion de quelqu'un connaissant le marché que nous voulions conquérir. Puis, une fois auprès de la communauté des petits entrepreneurs, nous avons été certains d'obtenir le succès.

    Q Quels ont été les avantages de recourir à un consultant extérieur?

    R Parfois, considérée du point de vue interne, l'importance des produits pour des marchés potentiels reste ignorée. Mme Mowat nous a amené des spécialistes des marchés américains et canadiens pour qu'ils nous indiquent quels articles avaient des possibilités, ou s'il fallait les modifier, en baisser le prix, etc. Ils ont apporté d'innombrables conseils aux producteurs pour qu'ils deviennent compétitifs sur le marché américain. Il s'agissait d'une approche et d'une formation techniques, et non de la théorie sur les mix et autres concepts marketing.

    Q Quelles ont été les réactions?

    R Nous avons laissé tout le monde s'inscrire au programme, et nous avons été très surpris de recevoir dès le départ les inscriptions de plus de 130 producteurs. Il était plus surprenant encore de constater que les experts commerciaux ont identifié 70 produits susceptibles de conquérir le marché américain, dont 68 ont été présentés lors d'un salon à Los Angeles, en juillet 2001. Non seulement ont-ils dispensé une aide pratique, incluant conseil et formation, au cours de séminaires dirigés par Mme Mowat, mais nos équipes ont également pu suivre des séminaires et être formées en vue de dispenser à leur tour ces enseignements. Nous n'aurons ainsi recours aux compétences de l'extérieur que pour des activités spécifiques comme le processus d'évaluation.

    De plus, nous nous sommes rendu compte que ce modèle et l'expérience que nous avons acquise par cette coopération entre des institutions nationales et des fournisseurs privés de l'extérieur pouvaient être répétés. D'ailleurs, nous sommes à présent en pourparlers avec les pays du Pacte de stabilité, principalement les anciennes républiques yougoslaves, pour envisager d'adapter ce modèle à chaque situation, car toute la région possède une grande richesse artisanale, et je suis sûre que cette catégorie de produits se trouve en bonne place pour l'exportation.

    Zdenka Kovac est Directrice du Centre de développement des petites entreprises (PCMG), en Slovénie; e-mail: zdenka.kovac@pcmg.si

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