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    Combler des lacunes dans la recherche : Les femmes chefs d'entreprise en Ouganda

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2003

    En Ouganda, les femmes forment la majorité des entrepreneurs. Une politique nationale favorable et une assistance internationale ciblée pourraient aider les Ougandaises chefs d'entreprise à augmenter leurs exportations.

    En Ouganda, les emplois dans le secteur public ont chuté ces dernières années, forçant la majorité des femmes à recourir à des occupations indépendantes pour gagner leur vie.

    Comme il n'existait presque pas d'études sur les femmes ougandaises chefs d'entreprise, mes collègues, étudiants et moi-même avons interrogé 74 femmes d'affaires en vue d'établir qui elles étaient, comment elles étaient parvenues à leur position et quelles étaient leurs contraintes.

    Nous avons découvert que les Ougandaises agissent au niveau de l'économie urbaine informelle, ainsi que dans des microentreprises et dans de petites et grandes firmes. En tant qu'agricultrices et artisanes ou productrices de biens et services, elles créent de la richesse, mais doivent faire face à des obstacles pour croître.

    Les agricultrices à court de moyens

    Les exportations de produits agricoles non traditionnels ouvrent des débouchés pour les agricultrices ougandaises, mais elles ne peuvent pas en exploiter le plein potentiel. En effet, alors que les exportations traditionnelles stagnent à des prix bas sur les marchés mondiaux actuels, les produits non traditionnels sont attractifs. Pourtant, une lourde charge de travail, les responsabilités familiales et une répartition de la propriété discriminatoire sont autant de facteurs qui diminuent l'accès au crédit pour les femmes, ce qui signifie qu'elles ne peuvent pas atteindre les volumes de production et la compétitivité nécessaires sur les marchés mondiaux.

    L'agriculture constitue le pilier de l'économie ougandaise, employant 80% de la population, en majorité des femmes. Elles produisent 80% des récoltes alimentaires, 60% des exportations traditionnelles et la quantité impressionnante de 80% des exportations agricoles non traditionnelles.

    Textiles: une niche



    En Afrique, les femmes travaillent pour la plupart dans l'économie à petite échelle, ce qui représente jusqu'à 40% du PIB. Beaucoup ont choisi les textiles et vêtements, bien que cette activité soit menacée par des produits importés bon marché ou de seconde main. En réaction, certaines productrices trouvent un marché de niche et se servent de réseaux d'affaires pour augmenter leurs ventes. Ainsi, Ida Wanendeya fabrique des kikoi, tissus multifonctionnels typiques de l'Afrique orientale. Elle exporte vers le Ghana et adhère à la Fédération africaine des femmes entrepreneurs, car elle «gagne des marchés» lors de ses réunions.

    Services: perspectives de croissance

    Les services représentent 8% des petites entreprises et microentreprises ougandaises. Les prestations de services exécutées par les femmes se situent plutôt dans les activités liées à la santé, à l'éducation, à la restauration et au logement, et vise le marché intérieur.

    La question de la propriété

    En Ouganda, 7% des femmes seulement possèdent leurs terres, ce qui les a incitées à se battre pour une nouvelle législation. Notre étude montre que la plupart des femmes qui dirigent leur propre entreprise possèdent des terres, ce qui leur permet d'améliorer leur activité et d'accéder au crédit.

    Niveler le terrain

    Des stratégies de croissance économique destinées aux femmes chefs d'entreprise commencent à se former, fondées sur l'expérience et les conseils des femmes interrogées.

    Outre la propriété des terres ou la garantie de pouvoir les exploiter, l'éducation constitue le facteur le plus évident qui contribue au succès des entreprises: 82% des chefs de PME possèdent une formation au-delà du cycle secondaire.

    L'accès à la main-d'œuvre et au capital sont également des variables influentes dans les entreprises de femmes, et l'appartenance à des organisations professionnelles est un atout majeur.

    L'activité économique des femmes libère les générations futures et contribue à l'amélioration du bien-être des plus démunies. Les femmes investissent leur fortune dans la santé et l'éducation de leur famille. C'est pourquoi Bradford Morse, ancien Administrateur du PNUD a dit: «Ne pas donner assez d'attention aux activités économiques des femmes est aussi bien indéfendable moralement qu'économiquement absurde.


    Margaret Snyder était Directrice fondatrice d'UNIFEM, où elle a travaillé durant plus de dix ans. Elle enseignait au Département d'études de la femme et de genre de l'Université Makerere, en Ouganda, au bénéfice d'une bourse Fulbright, lorsqu'elle a écrit Women in African Economies (2000), ouvrage qui a servi de base à cet article; il est disponible auprès de Fountain Publishers, Kampala (fountain@starcom.co.ug), ABC, Londres (krisia_cook.abc@dial.pipex.com), et WomenInk, New York (wink@womenink.org).


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