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    Associations d'entreprises et partenariats commerciaux au niveau international

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 3/2001

    Ces dernières décennies, les pays industrialisés ont développé plusieurs instruments pour aider directement leurs compagnies nationales à agir dans les régions en développement.

    Dans le cadre de programmes en vue d'associations et de partenariats commerciaux, l'organisation de parrainage fournit généralement une assistance technique et financière aux partenaires du secteur privé dans le dessein d'encourager la coopération et d'aider les compagnies à développer des rapports bénéfiques.

    Quel type d'association?

    De nombreux programmes de liaison encouragent ouvertement les compagnies européennes à investir dans les pays en développement, y compris des PMA comme le Bangladesh, le Mozambique, la République-Unie de Tanzanie et l'Ouganda.

    La majeure partie des programmes qui appuient les associations et les partenariats visent les PME dans les pays industrialisés et en développement. L'expérience montre que, tant dans les pays riches que dans les pays pauvres, la possibilité que les PME aient un impact sur le processus de développement est bien plus forte que dans le cas des microentreprises.

    Quelques exemples

    Voici quelques-uns parmi les programmes les plus développés parrainés par des pays européens:

    • le Programme pour la coopération avec les marchés émergents (Programma Samenwerking Opkomende Markten, PSOM), dirigé par Sender International, une agence indépendante du Ministère des affaires économiques des Pays-Bas et financé par le Ministère de la coopération;
    • le projet Partenariat public-privé (PPP), mis en ¶uvre par l'agence de coopération technique allemande (Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit, GTZ);
    • le Programme de liaison de l'Agence norvégienne de coopération, NORAD, et
    • le programme DANIDA de développement du secteur privé (PSD) de l'Agence danoise de coopération.


    Tous ces programmes sont relativement récents. Le PSOM a commencé en 1997 en Chine, en Égypte, en Inde et en Afrique du Sud, mais les activités dans les PMA n'ont débuté qu'en 1999. Le PPP a été lancé en 1999; il s'est rapidement étendu, réunissant plus d'une centaine de projets à ce jour. Le Programme de liaison de NORAD a commencé en 1995; il s'est concentré sur deux pays uniquement jusqu'à présent, l'Afrique du Sud et le Sri Lanka, mais NORAD songe à l'étendre à d'autres pays d'ici peu. Le programme de DANIDA existe depuis 1995 et appuie actuellement la coopération entre les firmes danoises et des compagnies de 11 pays, dont le Bangladesh, le Mozambique, le Népal et l'Ouganda.

    NORAD, une approche ciblée

    Les sociétés norvégiennes à la recherche de partenaires dans un pays en développement soumettent un profil au centre de coordination en Norvège, qui l'examine et l'envoie à un centre correspondant dans le pays hôte. Lorsqu'une correspondance est trouvée, NORAD peut aider la compagnie norvégienne avec une somme allant jusqu'à US$ 2290, comme subside pour financer le premier voyage. Si les parties tombent d'accord pour développer des relations, elles peuvent s'adresser à NORAD pour différents types d'appui technique ou commercial. Les entreprises du pays en développement peuvent aussi commencer le processus.

    Au Sri Lanka, par exemple, le programme a reçu 120 profils de la part de sociétés norvégiennes depuis 1995. Parmi ceux-ci, 104 correspondances ont été trouvées, puis 78 compagnies firent le voyage au Sri Lanka, enfin 22 ont mené une étude préliminaire. En tout, 16 sociétés ont finalement signé un accord de coopération et 12 coentreprises ont vu le jour. NORAD a également été contacté directement par 96 entreprises sri lankaises. La collaboration s'étend à différentes branches d'activité telles que la construction navale, la production de meubles et de matelas, la pêche, le traitement de données et le contrôle de l'environnement.

    GTZ, une rapide expansion

    Le projet allemand Partenariat public-privé est destiné aux entreprises qui, seules, ne possèdent pas les ressources suffisantes pour rencontrer des partenaires adéquats à l'étranger. Le PPP entre en jeu quand leur projet est jugé valable du point de vue du développement, et l'assistance financière assure la durabilité des opérations.

    Les projets PPP sont planifiés, financés et mis en ¶uvre conjointement. Il n'y a pas de préselection suivant le pays ou le secteur. Les compagnies soumettent leur proposition directement auprès de GTZ, qui passe alors par les six étapes du processus d'approbation.

    Depuis que le PPP a commencé, en 1999, plus de 100 projets ont été mis en ¶uvre dans plusieurs pays, parmi lesquels le Bangladesh, l'Éthiopie, le Mali, le Sénégal, la République-Unie de Tanzanie et l'Ouganda. Le cas de l'Association allemande des négociants en fleurs est exemplaire. De plus en plus, les consommateurs allemands exigent que la production d'articles réponde aux normes internationales concernant le respect de l'environnement et des personnes. Des cultivateurs de fleurs sont ainsi certifiés et reçoivent le «Flower Label».

    Les producteurs des PMA qui adhèrent au partenariat Flower Label s'engagent à respecter des normes écologiques, à éliminer le travail des enfants, à protéger les mères et à assurer des salaires minimaux. Les producteurs de cinq pays africains et 36 importateurs allemands se sont intégrés au programme.

    Le concept de DANIDA sur les liens commerciaux

    L'approche de DANIDA est similaire à celle de GTZ. Les sociétés danoises sont invitées à soumettre leurs propositions de coopération avec un partenaire de l'un des 11 pays-cibles, notamment le Bangladesh, le Mozambique, le Népal, le Nicaragua, la République-Unie de Tanzanie et l'Ouganda. Une entreprise d'un PMA peut également apporter un projet et demander de l'aide pour sa recherche d'un partenaire au Danemark. Le programme offre une combinaison de services de conseil, de subsides et de prêts aux partenaires.

    Les efforts américains

    Aux États-Unis, la Chambre de commerce américaine a initié une opération pour stimuler les associations avec l'appui d'USAID. À l'origine, une telle opération s'était orientée vers le Sud-Est asiatique, mais l'organisation envisage à présent d'étendre ses activités à d'autres régions, dont les PMA. Ainsi, son son programme Assistance et association internationales stratégiques s'occupe uniquement de partenariats Thaïlande-États-Unis, dans le dessein d'offrir de l'assistance tout en trouvant des partenaires potentiels pour le commerce et l'investissement dans le cadre de relations à long terme et en établissant des bases institutionnelles et financières de façon que le programme se maintienne indépendant.

    La question du capital

    Comme beaucoup de ces programmes de liaison sont novateurs, les instruments qu'ils mettent en place sont eux-mêmes en quelque sorte des programmes-pilotes. Une des questions sur laquelle certains programmes divergent est la nécessité d'intégrer un apport en capital. La plupart des programmes bilatéraux, comme c'est le cas de DANIDA ou de PPP, se concentrent sur l'assistance technique et la formation, les études de marché et de faisabilité ou la gestion du projet. Ces éléments sont entièrement ou partiellement financés sur la base de subsides.

    Le programme néerlandais PSOM apporte du capital pour les machines, les bâtiments et les matériaux grâce à des subsides (jusqu'aux deux tiers du coût). Cette approche diffère de celle d'autres programmes, qui laissent cet aspect aux institutions financières. DANIDA tient également compte du fait qu'un projet d'investissement peut nécessiter un apport de capital et propose des prêts dans le cadre de son programme, mais les intérêts sont proches de ceux du marché.

    L'expérience du PSOM montre que la combinaison de capital et d'apports techniques au sein du même programme grâce à des subsides partiels est attrayante pour de nombreuses sociétés. Même dans des PMA tels que le Mozambique, le seuil s'est révélé suffisamment bas pour que les entreprises optent pour un investissement avec des partenaires locaux sous forme d'essai.

    Il semble évident que les sociétés privées désireuses d'investir dans les pays en développement, où le marché est beaucoup plus volatil, cherchent un appui pour l'investissement total. Pour les PME qui n'ont besoin que d'un capital d'investissement modeste (entre US$ 0,5 million et US$ 2 millions), il existe des solutions de rechange. Les institutions financières telles que la Société financière internationale (SFI) ou la Banque européenne d'investissement (BEI) ne s'intéressent qu'aux prêts d'envergure, d'au minimum US$ 5 millions. Elles demandent en général les mêmes taux que ceux du marché et exigent parfois en outre le paiement de frais administratifs. Les schémas de développement du secteur privé comme les associations remplissent cette lacune.

    Pour tout renseignement, veuillez contacter Roberto Cordón, Administrateur du CCI, Promotion du commerce (cordon@intracen.org).




    Les programmes de liaison - les points commun

    • Identification des pays-cibles.
    • Établissement de paramètres spécifiques au pays.
    • Appel de propositions de projet. Les PME du pays donateur sont invitées à faire des propositions d'investissement sur la base de paramètres établis. Une annonce est faite également dans les pays bénéficiaires, en général par l'intermédiaire de l'ambassade sur place. L'appel de propositions spécifie le budget maximal d'aide, les exigences de contribution du partenaire, l'étendue minimale des activités, etc.
    • Stade de la «rencontre». Cela peut se dérouler de plusieurs façons. Par exemple, une entreprise du pays donateur peut identifier elle-même un partenaire potentiel dans un pays en développement, ou une entreprise du pays bénéficiaire ayant une idée solide peut rechercher activement un partenaire dans le pays donateur. L'institution de parrainage prépare généralement la rencontre avec l'aide de l'ambassade locale ou d'un agent dans le PMA, et avec ses propres contacts dans les milieux d'affaires du pays donateur.
    • Soumission, évaluation et sélection du projet. Les projets sont soumis à l'agence d'aide, puis ils sont évalués par des experts du secteur et du pays. Les partenaires signent un contrat qui spécifie les responsabilités et les délais d'application.
    • Mise en ¶uvre du projet et suivi des résultats. L'agence participante supervise la mise en ¶uvre du projet et examine périodiquement les résultats.


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