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    Afrique du Sud: l'artisanat stimule les exportations

     

     
     
    © Centre du commerce international, Forum du commerce international - No. 4/2003

    Interview de Tembeka Nkamba-Van Wyk, Talking Beads Academy

    Une femme d'affaires sud-africaine s'est rendu compte que les traditions artisanales du pays étaient en train de disparaître alors que les touristes recherchaient précisément l'artisanat local. En se lançant dans ce créneau, elle a fondé une société d'exportation qui emploie des milliers de femmes des zones rurales et investi dans leurs communautés en leur apportant formation et soins de santé.

    Tembeka Nkamba-Van Wyk a mis sur pied Talking Beads Academy en 1997, dans le dessein de maintenir vivantes les traditions locales et de fournir une source de revenus pour les femmes sud-africaines. Les femmes de milieux ruraux, organisées en coopératives, forment la majorité des membres de la société. «Talking Beads Academy permet à ces femmes de travailler tout en restant avec leur famille, plutôt que de devoir partir à la ville», explique Mme Nkamba-Van Wyk.

    Se lancer dans l'exportation

    Dès 1999, Talking Beads Academy avait formé tant de femmes que le marché local se trouvait saturé. C'est ainsi que la société s'est lancée dans l'exportation.

    Au commencement, il fut décidé de se concentrer sur la France et les États-Unis. Ce dernier marché s'est révélé plus propice, car il y existait déjà une demande pour le type de produits proposés par Talking Beads Academy.

    Répondre aux difficultés du démarrage

    La société a connu des problèmes, parce que la communauté des affaires en place supposait que des femmes n'auraient pas la capacité de réussir et n'a pas pris le risque d'investir dans cette affaire.

    Les difficultés majeures qu'a connues cette entreprise furent une méconnaissance des marchés d'exportation, le manque d'expertise pour négocier des accords commerciaux, ne pas faire appel à des agents, et le manque de fonds consacrés à la publicité.

    Les responsables résolurent ces problèmes en consultant des ouvragessur les tendances et les dynamiques du commerce, en constituant des fonds grâce aux ventes locales et en réinvestissant leurs gains dans la formation, en créant des partenariats locaux, et en s'intégrant à des réseaux internationaux. «Surtout,nous n'avons jamais admis l'échec», souligne Mme Nkamba-Van Wyk.

    Les technologies de l'information et de la communication ont aidé Talking Beads Academy à augmenter ses profits en répondant rapidement aux requêtes de clients éventuels, car même un retard de quelques heures peut entraîner la perte de commandes. Ainsi, la société a investi dans l'acquisition d'une ligne de télécopie, d'une connexion à l'internet et de téléphones mobiles, de manière à être atteignable tous les jours 24 heures sur 24.

    La formation en zones isolées

    Bien que, grâce à ses ventes, Talking Beads Academy ait réussi à réunir des fonds destinés à la formation des femmes de la campagne pour qu'elles puissent acquérir des compétences de base et développer des produits, elles ont besoin d'aide pour la formation en gestion, commercialisation et exportation, en vue d'assurer la survie de la société à long terme. L'apport de concepteurs connaissant le marché européen serait bénéfique et leur permettrait d'adapter leur gamme de produits et, ainsi, d'augmenter leurs ventes à l'exportation.

    La société espère également mettre sur pied une unité de formation mobile afin de pouvoir approvisionner les travailleuses des zones retirées, ainsi que pour dispenser la formation, assurer des soins de santé primaires et effectuer des tests de dépistage du sida. «Lorsqu'on travaille avec des gens issus de milieux défavorisés, il faut fonctionner non seulement comme une femme d'affaires, mais aussi comme un entrepreneur social», affirme Mme Nkamba-Van Wyk.



    Compagnie: Talking Beads Academy


    Secteur: artisanat

    Lieu: Pretoria, Afrique du Sud

    Nombre d'employés: 30 à plein temps, 4500 à la commission

    Chiffre d'affaires annuel: environ US$ 145 000

    Pourcentage des ventes à l'exportation dans le chiffre d'affaires total: 40%

    Marchés d'exportation actuels: Allemagne, Autriche, Brésil, Chili, États-Unis

    Conseil à d'autres femmes entrepreneurs: «Il faut s'efforcer d'ignorer les préjugés sur les entreprises dirigées par des femmes, explorer soigneusement les marchés et les occasions de financement, former la main-d'œuvre, créer des réseaux, apprendre de l'expérience des autres, se concentrer sur son activité, travailler dur et garder à l'esprit qu'il suffit d'un coup de téléphone ou d'un message électronique pour obtenir l'aide.»


    Mary Treacy, Conseillère de rédaction pour Forum du commerce, a mené cette interview.

    Pour plus d'information sur Talking Beads Academy: talkingbeads@ananzi.co.za


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